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SUJET: Plaidoyer pour le journalisme scientifique (Le Monde)
   30/05/14 à 09:18 #43585
Jerem
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 Plaidoyer pour le journalisme scientifique (Le Monde)
4 mai 2014, par Pierre Barthélémy
Plaidoyer pour le journalisme scientifique

Du 12 au 16 mai se tiendra à Montréal le 82e congrès de l'Acfas (l'Association francophone pour le savoir) qui n'est rien d'autre que le plus grand congrès scientifique francophone du monde. Quelques chiffres : plus de 5 000 chercheurs assisteront et participeront à 170 colloques, auxquels il faut ajouter environ 2 000 communications orales ou par posters. Grâce au soutien du service scientifique du Consulat général de France à Québec, j'aurai la chance d'être le rédacteur en chef invité de la revue Découvrir dont un numéro spécial paraîtra tout au long de la semaine. A ce titre, j'encadrerai six étudiants-journalistes et je tâcherai de leur transmettre l'amour et les ficelles du métier de vulgarisateur. Dans l'éditorial de Découvrir que vous pouvez lire ci-dessous, j'explique pourquoi, malgré le peu de considération dont bénéficie le journaliste scientifique dans la presse, j'estime que c'est un maillon essentiel pour la compréhension du monde.

Le journalisme scientifique, un autre regard sur le monde

marionmontaigne_illustration_editopierre

Laissez-moi vous raconter une anecdote. Cela se passait en 2006 et si je peux vous citer la date exacte de cette histoire, c'est parce qu'il s'agissait du dernier 14-Juillet du président français Jacques Chirac, de son dernier défilé sur les Champs-Élysées à Paris, de sa dernière fête nationale comme chef de l'État et de sa dernière garden party dans les jardins du palais de l'Élysée. Pour la rédaction en chef du journal Le Monde où je travaillais alors, il n'y avait pas de doute : ce serait une date symbolique et Jacques Chirac transmettrait un message, une sorte de testament politique. Bref, il fallait consacrer une page entière à l'événement.

Le même jour paraissait dans Nature une expérience – une des toutes premières du genre – dans laquelle un tétraplégique, via des électrodes implantées dans son cerveau, parvenait par la seule force de sa pensée à déplacer un curseur sur un écran d'ordinateur. Alors responsable du service Sciences et Environnement du Monde, j'avais décidé que nous ouvririons notre page avec cette information certes spectaculaire, mais aussi profonde en raison de ce qu'elle impliquait sur le décodage des messages cérébraux. Et, un tantinet agacé par tout le ramdam autour de la garden party de l'Élysée, j'avais aussi préparé une expérience à ma façon.

Avec mon collègue Stéphane Foucart, qui est aujourd'hui un des meilleurs journalistes scientifiques francophones de la planète, nous avons laissé passer quelques jours puis nous avons comptabilisé les reprises des deux articles sur Internet. Le dernier 14-Juillet, si important, si symbolique, de Jacques Chirac, a totalisé une centaine de reprises et notre histoire de tétraplégique 20 000... Qu'est-ce qui était important et symbolique? Malgré la force de ces chiffres, vite suivis par d'autres tout aussi éloquents, je n'ai pas réussi à obtenir que les sciences obtiennent un meilleur traitement, autre chose qu'un strapontin dans l'actualité.

Pourtant, au même titre que la politique, que l'économie, que la diplomatie ou que la culture, la science constitue une indispensable grille de lecture du monde dans lequel nous vivons. Sans elle, comment les honnêtes hommes et femmes d'aujourd'hui peuvent-ils exercer leur jugement et leurs choix citoyens sur des sujets aussi complexes et décisifs que les actions à entreprendre pour lutter contre le réchauffement climatique, l'acceptation ou non des nanotechnologies ou des organismes génétiquement modifiés, l'exploitation des gaz de schiste, l'arrêt, la poursuite ou le développement des programmes nucléaires, les grands axes des politiques sanitaires, etc. ? Comment, dans un monde où les budgets des États se resserrent, justifier les investissements dans la recherche si on n'en analyse ni les objectifs ni les retombées, si on ne peut expliquer au contribuable qu'il y a, par exemple, plus de science fondamentale dans un téléphone portable ou un ordinateur que dans n'importe quel autre objet du quotidien ? Et comment, pour aborder une autre dimension de la vulgarisation scientifique, répondre à la simple curiosité d'Homo sapiens sur ses origines, les propriétés de la nature et de l'Univers, si ses principaux canaux d'accès à la connaissance n'en parlent pas du tout ou pas de manière rigoureuse ? Car on ne peut se contenter, pour apprendre, de taper une requête sur Google. Encore faut-il que les résultats de la recherche soient fiables et vérifiés.

Voilà pourquoi le journalisme scientifique est plus que jamais indispensable : pour offrir un prisme sur le monde et ses enjeux autre que celui de l'économie et de la politique, qui ont leurs exigences et leur temporalité propres, souvent à court terme ; pour faire un pas de côté par rapport au rouleau compresseur de l'actualité qui écrase les infos aussi vite qu'il les a présentées ; pour, aussi, rectifier les désinformations savamment distillées par les grands communicants, les groupes de pression et les marchands de doute, lesquels ont, mieux que les chercheurs, compris le pouvoir et l'influence qu'ils pouvaient tirer de la Toile en s'adressant directement aux internautes, en s'affranchissant de la relecture critique et parfois dérangeante des journalistes.

Voilà pourquoi il est plus que jamais nécessaire de former la relève, les vulgarisateurs de demain, ceux qui secoueront les rédactions pour pouvoir, quels que soient les supports, transmettre les résultats de la recherche, pour offrir un autre regard sur le monde. Cette année, la relève a pour nom Maxime Bilodeau, Amélie Cléroux, Katy Larouche, Rémi Léonard, Alexandra Nadeau et Daphnée Paluszko. Ils finissent d'apprendre leur métier de journaliste. Vous les verrez – ou vous ne les verrez pas parce qu'ils ne sont que 6 parmi quelque 5 000 chercheurs – arpenter les couloirs de ce 82e Congrès de l'Acfas à Montréal. Ce sera pour eux un magnifique terrain de jeux et d'expériences. Et merci à l'avance aux scientifiques de leur réserver le meilleur accueil pour que, plus tard, ils aient davantage envie de rendre compte d'une étude profonde et compliquée que d'une garden party à l'Élysée.
 
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   01/06/14 à 22:27 #43611
PhD Smith
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 Re:Plaidoyer pour le journalisme scientifique (Le Monde)
Mouais, tout cela relève du voeu pieu quand même. Quand on sait comment on forme les journalistes actuellement: on ne leur demande plus de faire de l'analyse profonde, mais du superficiel en se contentant d'un dossier de presse sans faire d'approfondissement. Il y a quelques années j'ai assisté à une conférence de l'ancien directeur de l'école de journalisme de Lille sur citoyenneté et journalisme: rien de nouveau sur l'état de la presse, sur la concurrence d'internet. Il avait signalé une nouvelle formation: les nouveaux "journalistes scientifiques" id est une formation au journalisme scientifique pour les universitaires. On partait du principe qu'on pouvait former un universitaire pour faire des articles scientifiques à placer dans les magazines. Mais la formation a été fermée faute de débouchées. Quand on sait que la majorité des revues fonctionnent seulement avec des pigistes et non pas des journalistes permanents.
 
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   02/06/14 à 12:41 #43614
npatrois
Faut pas croire, faut savoir.
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 Re:Plaidoyer pour le journalisme scientifique (Le Monde)
Il me semble que l'ex DÉA (master maintenant) d'épistémologie et d'histoire des sciences de Paris 7 forme aussi des journalistes scientifiques.
 
L’homme descend du singe, or l’homme est fait à l’image de Dieu. Donc Dieu est King Kong.
-+- Cavanna, François -+-
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   20/03/15 à 17:24 #47408
pascal2007a
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 Re: Plaidoyer pour le journalisme scientifique (Le Monde)
Pour faire du bon journalisme scientifique, il ne suffit pas de sinteresser aux sciences,
il faut aussi interesser les autres, je vous conseille daller voir ce fil il presente des méthodes pour interreser le public a la creation, a lenseignement creatif, car sans creation, pas de science,
si vous voulez passionner les gens par la science,
il faudra sans doute passer par la creation..

forums.france2.fr/forumtouteunehistoire/...re-sujet_20032_1.htm
 
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