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POZ n°64 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Lundi, 13 Décembre 2010 13:13

SOMMAIRE


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ÉDITO


 

« L'inscription de l'élément contribuera à assurer la visibilité, la prise de conscience de l'importance du patrimoine culturel immatériel et à favoriser le dialogue, reflétant ainsi la diversité culturelle du monde entier et témoignant de la créativité humaine. »

Critère R2 d'inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité

 

Le 17 novembre dernier, l'UNESCO a ajouté sur ses listes du Patrimoine immatériel de l'Humanité cinquante et une nouvelles entrées. Ça ne t'a probablement pas échappé sur le moment ; c'est qu'on en a beaucoup parlé vu que le « repas gastronomique des Français » y figurait, cocorico youpla boum. Et puis bon, comme on ne sait pas trop à quoi sert cette liste on a mis ça dans un coin de sa mémoire et puis c'est tout.

À l'annonce de cette liste, mon sang ne fit qu'un tour. Pas mon sang de gastronome, celui-ci est trop chargé pour espérer faire seulement un tour ; non, mon sang de zététicien, qui lui reste fluide, alerte, visqueux mais newtonien, chargé en lymphocytes et prompt à ne faire qu'un tour en bombant le torse. C'est que dans cette liste figure « L'acupuncture et la moxibustion de la médecine traditionnelle chinoise ».

Quoi, m'étranglai-je, l'UNESCO reconnaît une médecine archaïque, et pourquoi pas l'homéopathie tant qu'ils y sont, c'est vraiment n'importe quoi, on encourage les gens à se soigner n'importe comment du plus haut sommet des institutions internationales, mince à la fin je vais m'exiler sur Encelade.

La première stupeur passée, je revins à la raison et notai, avec un certain bon sens, que l'acupuncture se trouvait ainsi au même rang que le repas traditionnel des français, ainsi que des tas d'autres choses, comme les rituels du Pahlevani et du Zoorkhanei en Iran, les Parachicos dans la fête traditionnelle de janvier à Chiapa de Corzo au Mexique, le festival de lutte à l'huile de Kirkpinar en Turquie, l'art du pain d'épices en Croatie du Nord ou la foire annuelle d'hiver et le marché aux bestiaux à Hautem-Saint-Liévin, en Belgique. Bref, parmi une ribambelle d'artisanats locaux, de chants populaires, de musiques traditionnelles, de rituels mystiques et de fêtes patronales.

Ça remet à sa place l'acupuncture (ainsi que tout le reste, d'ailleurs).  Nul doute que lors de mon prochain passage en Croatie du nord, je ferai en sorte de grignoter un morceau de pain d'épices. Je ne ferai peut-être pas le voyage à Hautem-Saint-Liévin exprès pour le marché aux bestiaux, en revanche, mais c'est parce que je suis d'esprit étroit et que je préfère les bestiaux dans mon assiette lors d'un repas gastronomique bien français et inscrit au Patrimoine mondial de l'Humanité. Bref, l'acupuncture comme pièce d'un éco-musée, c'est déjà moins reluisant.

Mais enfin il n'en reste pas moins que cette inscription constitue une promotion, de par les statuts mêmes desdites listes, d'une technique pseudo-médicale d'un autre âge. Ruminant ma rancœur, j'ai décidé de contre-attaquer en utilisant les armes de l'ennemi. Tenté un instant de demander l'inscription de « L'enseignement traditionnel des sciences physiques au tableau vert et à la craie en banlieue lyonnaise », qui d'ailleurs mériterait une place sur la liste de sauvegarde d'urgence, ou encore de « L'éditorial fourre-tout et désinvolte des bulletins des associations iséroises », je me suis dit qu'il serait plus porteur d'inscrire carrément la zététique.

Le formulaire d'inscription de l'acupuncture étant disponible en ligne, il n'y a qu'à copier dessus pour savoir comment faire. L'inscription de l'acupuncture ayant été demandée par l'Association de Chine d'Acupuncture et de Moxibustion, rien ne s'oppose à ce que l'Observatoire zététique se pose en demandeur. Si l'on remonte à Pyrrhon, la zététique a un passé lointain ; elle est diffusée dans le monde entier et, comme l'acupuncture, « Conformément à l'Article 2.2 de la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel, ce patrimoine se situe dans le domaine de la connaissance et de la pratique concernant le monde naturel et l'univers », et toc. Pour le reste, pipeauter un dossier en vantant la zététique comme vachement bien, vachement héritière des traditions, vachement en prise avec la société, vachement organisée et codifiée, en lien avec l'université et tout ce genre de boniment, on devrait savoir faire. Y'a pas de raison. Et puisque le nombre de personnes concernées ne semble pas un critère (sinon je ne sais pas si le système normatif Wayuu, appliqué par le Pütchipü'üi en Colombie, ou le savoir-faire de la dentelle au point d'Alençon, auraient droit de cité sur la liste), la zététique a toutes ses chances.

Rendez-vous donc dans trois ans pour la consécration mondiale. En attendant, n'abuse pas du repas traditionnel des Français lors des fêtes rituelles de fin d'année.

 

Stanislas Antczak
Éditorialiste traditionnel

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


 

Petit lifting du site de l'OZ

Avant l'hiver, le site web de l'Observatoire zététique s'offre un petit lifting. Notre page d'accueil a été restructurée de façon à rendre plus visibles les dernières publications et les événements à venir. Pour rester en contact avec l'OZ, des modules d'inscription à notre newsletter mensuelle, la POZ, et à notre liste de discussion par mail « Zététiciens » sont également proposés, ainsi qu'un accès direct à notre page facebook, notre blog et nos flux RSS. De plus en plus sollicités par les médias, nous avons créé un « Espace Presse » destiné aux journalistes. Il donne accès à une présentation succincte de la zététique et de nos activités associatives, à nos communiqués et notre revue de presse. La page « Multimédia » répertoriant nos interventions médiatiques, nos conférences, vidéos et enregistrements audio a été mise à jour. Des résumés de chaque ressource clarifient la présentation.


Réunion mensuelle de l'OZ

Le lundi 6 décembre, nous étions une quinzaine à nous retrouver vers 20h dans la salle Eugénie Cotton de Fontaine pour notre réunion mensuelle. En dînant tous ensemble, nous avons commencé par discuter des visites de certains au salon Naturissima qui se tenait le week-end précédent à Grenoble, de la conférence de Jean Bricmont sur le relativisme (voir l'article de Brigitte et Constant Axelrad plus loin), mais aussi du dernier repas ufologique auquel était invité le parapsychologue Bertrand Méheust, de la conférence sur les sectes organisée par l'ADFI-2Savoie Isère (Association de défense de la famille et de l'individu victimes de sectes) et du « scoop » de la NASA sur une nouvelle forme de vie basée sur l'arsenic.

Simon, membre de l'association Antigone, était présent pour convenir avec nous de l'organisation d'un nouveau cycle de conférences dans leur bibliothèque. Trois thèmes ont été choisis et trois dates plus ou moins fixées. Le 20 janvier 2011, Florent Martin utilisera le cas de l'homéopathie pour parler des méthodes d'évaluation des thérapies. Le 24 mars, Franck Villard abordera le problème des dérives sectaires et en juin, Jean-Louis Racca parlera du 11 septembre et des théories du complot.

Après cette longue introduction, Virginie Bagneux a pu débuter son exposé intitulé : « La psychologie, c'est quoi ? C'est qui ? ». En retraçant brièvement l'histoire de la psychologie, elle nous a présenté les sujets d'études des différentes branches de cette science relativement récente : psychologie sociale, psychologie différentielle, psychologie cognitive, psychologie clinique, etc. Ces définitions ont été l'occasion de pointer les difficultés de vocabulaire nées parfois de concepts psychologiques reprenant des termes usuels comme le concept d'intelligence (ce qui n'a pas manqué de relancer le débat sur les tests de QI). Enfin, Virginie est revenue sur l'historique de l'amendement Accoyer censé réglementer le titre de psychothérapeute. Le décret d'application paru en mai 2010 stipule que le titre sera réservé aux personnes titulaires d'un doctorat de médecine, d'un master ayant pour mention ou spécialité la psychologie ou la psychanalyse, et ayant validé une formation en psychopathologie clinique. Cette « réglementation », assouplie pour les psychanalystes, reste donc facile à détourner en exerçant sous l'étiquette de psychoconseiller, de psychotechnicien ou même de coach. Si l'appellation en elle-même est maintenant protégée, il n'existe toujours pas de délit d'exercice illégal de la psychologie...

 

L'OZ sur Radio Campus

Le 29 novembre, Florent Martin, vice-président de l'Observatoire zététique, a participé à l'émission Aiguillages diffusée sur Radio Campus (90.8). Réalisée par les étudiants du Master de journalisme de Sciences Po Grenoble, cette émission avait pour thème : Faut-il croire à la voyance ? Cette question (mal posée) a permis à Florent de rappeler que notre positionnement sur ces sujets n'étaient pas de la forme j'y crois / je n'y crois pas, mais que nous essayons de savoir ce qu'il en est vraiment, en nous prononçant sur la validité des preuves avancées ou en réalisant des expériences scientifiques. Monsieur Olivier, le voyant qui lui était opposé, n'a parlé que de « preuves » évidentes de la voyance sans pour autant accepter de participer à un test avec nous, affirmant aussi (paradoxalement) qu'il n'avait plus rien à prouver...

L'émission est en ligne sur le site pigemag.com.

 


ACTUALITÉS


 

On sait enfin quel était le Dessein Cosmique depuis 4,4 milliards d'années : la création du Cortecs

Vous prenez une géomécanicienne, un éducateur spécialisé, un prof de physique, un didacticien et une mathématicienne, vous saupoudrez d’une envie de créer des outils critiques simples à des fins pédagogiques dans toutes les disciplines, vous jetez un mentos dedans, vous secouez, et vous obtenez... Le Cortecs, Collectif de Recherche Transdisciplinaire Esprit Critique et Sciences : http://cortecs.org

Les objectifs du Cortecs ? Mettre en ligne les ressources qui sont utilisées à des fins d’enseignement de l’esprit critique, aider des enseignants, journalistes ou autres à s’outiller et à prélever des exercices, des TP et des cours, s’autoformer et se former mutuellement, en empruntant à tous les champs de connaissance scientifique les techniques les plus pédagogiques. Bref, le Cortecs rassemble ce que ces cinq personnes auraient aimé trouver quand elles ont commencé à enseigner.

Le Cortecs est un réseau et un site web. Un site pour mettre en ligne les ressources pédagogiques sur des thématiques débordant très largement les sujets d’étude de l’OZ. Un réseau pour faire des liens entre des initiatives souvent géniales mais éparpillées et pour faire de la recherche méthodologique de manière professionnelle, dans la ligne universitaire  du Laboratoire de Zététique de Nice.

Vous transmettez de l’esprit critique d’une manière ou d’une autre ? Contactez-nous : contact@cortecs.org.

Richard Monvoisin

 

Crashe-toi et marche !

Je vous présente, Monique Vandervorst, championne handisport en vélo à main au riche palmarès : deux médailles d'argent aux JO paralympiques de Pékin, trois fois championne du monde. Suite à une opération chirurgicale qui s'est mal passée, la paralysie de sa jambe gauche et le malfonctionnement de son genou droit lui imposent en 1998 d'être en fauteuil roulant à l'âge de 13 ans. Lors de sa rééducation, elle fait du vélo à main… Vous connaissez la suite.

Le 2 Mai 2007,  Monique a un accident de la route et s'en sort avec un sévère coup du lapin. Puis le 20 avril  2008, un deuxième accident de la route est responsable d'un nouveau coup du lapin et d'un traumatisme partiel de la moelle épinière au niveau de la T4. Après une longue rééducation, elle revient à la compétition et établit un record du monde à l'Ironman. Paf Monique !

Et puis, ce printemps, Monique a de nouveau un accident de la route… Mais là, elle commence à ressentir des sensations dans ses genoux paralysés. Quelques mois d'intense rééducation plus tard, elle arrive à remarcher (voir à la 3e minute de cette vidéo sur youtube ou sa version courte). Menno Renes, de la Fondation Johan Cruijff qui suit Monique n'a pas d'explication. J'espère que l'on en trouvera une, car certains pourraient vite imaginer que Dieu conduisait la voiture qui l'a percutée.

Monique veut maintenant participer aux JO de Londres en tant qu'athlète valide. Je n'aurai qu'un conseil : Monique, attention aux platanes.

Éric Bévillard

 

L'esprit postmoderne et le relativisme : la science raconte-t-elle des histoires ?

Tel est le titre de la conférence donnée par Jean Bricmont, vendredi 3 décembre, au Laboratoire de physique subatomique et cosmologie de Grenoble. Elle faisait partie du cycle des conférences « Questions de Physique » de la Société Française de Physique. Malgré le temps peu clément et les difficultés de circulation, nous étions environ 150 personnes, dont une solide délégation de l’Observatoire zététique.

Jean Bricmont, Professeur de Physique Théorique à l'Université de Louvain et Président d’honneur de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS), est notamment co-auteur avec Alan Sokal du livre Impostures Intellectuelles, qui a fait suite à la fameuse « Affaire Sokal », et a suscité nombre de réactions, autant chez les scientifiques que chez les philosophes. Alan Sokal a  réussi à faire publier dans la revue Social Text une parodie du discours postmoderne et du relativisme.

Après une courte présentation de Mariane Brinet, Jean Bricmont a commencé son exposé en affirmant que la science a mauvaise presse, notamment dans les milieux écologistes, religieux et philosophiques.

Le résumé, qui a annoncé la conférence, traduisait bien cet état d’esprit général : « La science n'a plus, dans le public cultivé, l'image favorable qu'elle a pu avoir dans le passé. Cela est sans doute dû à toute une série de facteurs historiques, sociaux, politiques, etc., qui sont trop complexes pour être abordés ici. Néanmoins, en parallèle à cette évolution, on constate également une méfiance croissante envers l'idée que la science est objective ou que le discours qu'elle tient est plus solide que celui des religions et des pseudosciences. L'exposé se concentrera sur ce dernier type de critiques, en passant en revue les différentes étapes de la philosophie, de l'histoire et de la sociologie des sciences au XXe siècle. »

Après s’être interrogé sur « Qu’est-ce que l’objectivité du savoir scientifique ? », Bricmont dénonce le relativisme, qui affirme que toute connaissance est relative, qu’elle est  le résultat  d’une vision du monde issue des conditions sociales, de la « civilisation occidentale », etc., et donc « socialement construite ».  L’objectivité du savoir scientifique ne serait donc qu’un leurre. Esteve Freixa i Baqué résume cette conception dans une note de lecture à paraître dans la revue SPS 294 de l’AFIS : « Tout se vaudrait : une fable, un mythe ou une légende auraient la même valeur qu’une explication scientifique. Choisir l’une ou l’autre ne serait qu’une question de préférence. »

Ensuite, Jean Bricmont s’est attardé sur l’opposition entre l’idéalisme et le réalisme. Dans un questionnement sur la certitude, il nous explique que l’idéalisme peut se traduire par l’affirmation : « Tout ce que vous voyez, c’est quelque chose qui se passe dans votre esprit. » Cette conception est « sophistiquée » par rapport au réalisme naïf. Il se réfère aux écrits de Kant sur la perception, pour définir les catégories de l’entendement.

Il tente ensuite de différencier science et pseudosciences. Caractériser la science seulement par l’ensemble des règles qui régissent la pratique scientifique conduit pour lui à un échec. Il développe la conception du réalisme selon laquelle la science appartient à un monde qui fait partie de la vie quotidienne, et qui est indépendant de la conscience humaine. La vérité reflète les propriétés du monde. À l’inverse, il faut admettre le faillibilisme : nos sens peuvent nous tromper. Il montre ensuite que la science a ses révolutions qui sont le fait de changements de paradigmes et, d’une époque à l’autre, on ne peut pas comparer les choses entre deux paradigmes. On peut seulement affirmer qu’on résout mieux les énigmes dans un paradigme que dans l’autre. La méthode scientifique se justifie par une meilleure coïncidence entre prévision et réalité, et le succès des sciences peut être mesuré par la maîtrise des technologies. Ce sont les succès expérimentaux, les succès technologiques, mais aussi les succès des prévisions, telles que la découverte de Neptune, les dates des éclipses, etc., qui sont les meilleurs défenseurs des conceptions scientifiques. Jusqu’au XXe siècle, il y avait continuité entre la science et le sens commun, mais les choses ont changé avec le passage à des choses non palpables et invisibles. Cela avait commencé en 1684 avec la force de gravitation découverte par Newton et se continue aujourd’hui avec toutes les évolutions que nous connaissons, structure de la matière, mécanique quantique, relativité, etc. Cela constitue l’aspect non naturel de la science qui va au-delà de nos capacités cognitives. D’après Jean Bricmont, il faut accepter cette limitation cognitive qui constitue une rupture avec le sens commun.

En conclusion, il regrette que les courants antiscientifiques soient aussi développés dans l’enseignement universitaire des sciences humaines.

Ces courants de pensée antiscientifiques font tout naturellement le lit des sciences ésotériques et paranormales. L’analyse de Jean Bricmont aurait de notre point de vue supporté une structure du discours plus explicite.

Ce compte-rendu n’est pas exhaustif, le propos de Jean Bricmont ayant été très riche.

Brigitte et Constant Axelrad

 


 

En bref

 

La place de l'information scientifique et technique dans les journaux télévisés

Dans son numéro de décembre 2010, INA Stat, le bulletin d’information de l’Institut National de l’Audiovisuel, se penche sur la place de la science dans les journaux télévisés. Avec moins de deux sujets par jour (trois fois moins que le sport), l'information scientifique et technique tient peu de place dans nos journaux télévisés. En effet, les 570 sujets diffusés en 2009 représentent à peine à 2% de l'offre globale. La tendance est à la baisse depuis 2006 où elle comptait 880 sujets. Mais plus qu'à la quantité, c'est à la qualité qu'il faudrait s'intéresser. L'analyse complète est disponible en ligne (pdf). GF.

 

 


ENQUÊTE
Spectacle d'hypnose, mode d'emploi


 

Difficile de sonder les modes, mais j'ai l'impression très subjective que l'hypnose fait un come back. Alors même que j’écris ces lignes, je vois sur M6 un hypno-thérapeute faire son show dans l’émission Incroyable talent, exactement le numéro que nous démystifions chaque année à la Fête de la science.

On m'en parle souvent en mélangeant allégrement les prétentions thérapeutiques, les concepts psychanalytiques et l'hypnose de spectacle. On m’affirme que l’hypnose peut remplacer une anesthésie lors d’opérations chirurgicales, ignorant qu’en fait l’anesthésie générale est remplacée par une anesthésie locale. On me dit que l’hypnose permet de remonter dans ses souvenirs jusqu'à sa naissance, voire même avant ! Et enfin, on me parle de ces spectacles, souvent donnés dans les écoles, où l'on voit des étudiants faire la poule ou encore supporter, allongé entre deux tréteaux, le poids d’un ami.

J'ai assisté à deux spectacles de ce genre.

Le premier, c'était pendant mes études à Coventry en Angleterre en 1996. Je me souviens avoir été assez bluffé par le show de ce talentueux hypnotiseur canadien. J’étais alors bien incapable d'expliquer comment certains de mes amis avaient pu se retrouver presque nu sur scène à danser le tango avec une chaise. Incroyable ! J'étais persuadé, comme Gérard Miller me l’a dit il y a un mois après son spectacle « Manipulation mode d’emploi », qu'il y avait plein de complices.

Puis, de retour en France, j’ai découvert quelques intéressantes lectures sur l'influence et la manipulation. J’ai récupéré des vidéos pour les regarder en détails. En 2007, j'ai donc abordé mon deuxième spectacle live dans l'école de commerce de ma sœur avec un regard un peu plus critique... Géraldine Fabre avait alors fait un compte rendu de la soirée dans la newsletter n°21 sous le titre « Soirée hypnose à l’ESC ».

Voici le mode d'emploi que j'en retire.

  • Préparer le public :

Avant de commencer le spectacle, on vous explique que vous être libre de participer ou non (l'affirmation de liberté est la première étape de la manipulation), que c'est fun (et c'est vrai), que ça marche mieux sur les gens intelligents (donc sur vous), et que « c'était le délire quand j'ai fait ce spectacle à [citez le nom d'une école concurrente] ». Puis surtout on vous explique ce qu'il va se passer, afin que le moment venu, vous fassiez bien « spontanément » ce que l’'on attend de vous. Cette procédure perdure tout le long du spectacle. Au compte de trois, vous allez dormir, vous allez oublier un chiffre, vous allez... Et vous n'aurez plus qu'à jouer le jeu.

  • Sélectionner les bons clients :

Une petite expérience préliminaire. Toute la salle se lève, tend les bras en avant, paumes jointes et écoute, attentivement le décompte : « Un ! Vos bras se raidissent, vos muscles se tétanisent. Deux ! Vos mains se collent, vos doigts se serrent de plus en plus… ». À cinq, certains affirment ne plus pouvoir séparer leurs mains. Ils sont alors invités à monter sur scène. Ils ont accepté le contrat, ils sont prêts à jouer le jeu. Ils ont mis le doigt dans l'engrenage.

  • Leur mettre la main dans l'engrenage :

Après cette sélection, les gens restant sur scène ont désormais la main dans l'engrenage. On procède alors à une série de jeux qui demandent une coopération croissante. L’objectif étant de faire monter doucement l'engagement, chaque étape vous rendant implicitement un peu plus complice de l’hypnotiseur. Il devient donc de plus en plus difficile de renier ce que vous avez déjà fait jusqu'ici en quittant la scène sous les regards interrogateurs. Ce qui reviendrait à admettre que jusqu'ici, vous avez simulé.

Malgré tout, il arrive parfois que des participants se sentent coincés ou mal à l’aise dans cette situation. On les voit alors se faire tout petits, ne plus trop coopérer, et finir par quitter la scène discrètement. L'hypnotiseur laissera faire et refocalisera l'attention du public sur ce qui se passe de drôle plutôt que sur le pauvre malheureux qui ne veut plus jouer. D'ailleurs, si celui-ci venait à dénoncer l’imposture, il se verrait très probablement sifflé par le public.

  • Faire une démonstration extraordinaire de catalepsie :

Pour prouver que sous hypnose le corps est capable de réaliser des choses incroyables qui lui sont impossibles normalement, l’hypnotiseur placera un sujet en catalepsie, à l’horizontale entre deux tréteaux, puis une autre personne montera debout sur lui. C’est très spectaculaire. Je pense que bien des hypnotiseurs ne savent même pas (faute d’avoir essayé) qu’il est possible de faire la même chose sans être hypnotisé, comme nous en faisons régulièrement la preuve lors d’interventions publiques.

  • Valoriser les participants :

Les jeux que l'hypnotiseur propose sont toujours plus drôles qu’humiliants. Les participants s’y abandonnent d’autant plus facilement qu’ils sont encouragés par les rires de leurs amis.

  • Leur fournir une excuse de choix :

Ce prétendu état d'hypnose nous donne en fait une excuse idéale pour nous lâcher et faire des choses que nous n'oserions pas faire en temps normal. Par exemple, un hypnotiseur habile ne vous dira pas de vous déshabiller, mais il dira qu'il fait chaud, extrêmement chaud... Et les filles ou les garçons un peu exhibitionnistes qui veulent afficher leurs corps de rêve ne rateront pas l'occasion de le faire, comme lors des soirées étudiantes bien arrosées. Et quand quelqu'un connu pour sa réserve se lâche, alors là, c'est le bouquet. Ses amis lui demanderont après coup :
« - mais tu ne te souviens vraiment plus de rien ?
- ben non, j'ai fait quoi ?
»

 

Florent Martin

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

En librairie

Les ravages des faux souvenirs
Brigitte Axelrad
Éditions Book-e-book
84 pages - 9,90 euros


La métaphore des ténèbres de l'irrationalité et de la lumière de la raison est un peu vieillotte, un peu caricaturale : les tenants de théories étranges ne sont pas tapis dans l'ombre, poussant tels des mousses ou des champignons sur les parois d'une profonde caverne ; et les rationalistes ne sont pas des chevaliers blancs, armés d'un rasoir d'Occam brandi au clair partant bouter la croyance hors du Royaume de France.

Mais si on accepte le principe qu'un choix de citoyen ne peut se faire qu'en connaissance de cause, c'est-à-dire avec les meilleurs informations disponibles à un moment donné, alors effectivement, tout balayeur de mensonge, tout démantibuleur d'escroquerie, tout déconstructeur de théorie fallacieuse joue un rôle éclairant. Les défenseurs de théories fausses ne sont pas des champignons cavernicoles, non, mais ils jouissent de l'obscurité régnante autour de leurs concepts fumeux pour, volontairement ou non, abuser de la confiance du client/patient/passant.

D'où l'intérêt de mettre en lumière les alcôves, les coins empoussiérés, ouvrir les vieilles malles et les vieux tiroirs, et c'est ce que vient de faire Brigitte Axelrad dans son livre Les ravages des faux souvenirs, ou la mémoire manipulée, édité dans la collection « Une chandelle dans les ténèbres », de Book-e-book.com.

Sous une forme très pédagogique et par un jeu de questions- réponses, Brigitte nous emmène dans le monde sordide du « syndrome » des faux souvenirs, de la manipulation mentale, et de l'emploi mortifère qu'en font certains thérapeutes. Comment, par des méthodes de suggestion, un thérapeute peut-il amener une personne à revivre de faux souvenirs d'abus sexuels ? Quels sont les moyens de discriminer vrais et faux souvenirs ? Dans quelle mesure, sous influence thérapeutique, notre mémoire peut être amenée à nous jouer des tours ?

Autant de questions auxquelles l'auteur répond, en se basant sur les travaux les plus pointus sur la question (en particulier ceux d'Elizabeth Loftus) et surtout en détricotant le fil théorique qui sous-tend cette gamme de manipulation. Et l'on apprend que les points de départ sont la théorie des souvenirs refoulés, puis celle dite « de la séduction » de Sigmund Freud. Deux théories sans preuve, largement infirmées depuis mais dont les effets délétères se font encore sentir un siècle après.

Certes, l'édition de cette collection n'est pas très jolie, il faut l'avouer.  Mais Brigitte Axelrad nous offre ici un outil simple, efficace, limpide à comprendre et effilé comme une lame, qu'il est d'utilité publique de lire et faire lire, tant par les professionnels de la santé ou du soin que par le grand public.

En bon zététicien, et quitte à couper les cheveux en quatre avec mon opinel, j'ai été gêné par une seule chose. En introduction au texte, on peut lire un recueil de phrases dithyrambiques d'auteurs applaudissant l'ouvrage. Je comprends le caractère publicitaire de la chose, mais je ne suis pas friand de ce genre de pratique, qu'on pourrait apparenter à ces tris de témoignages où l'on ne garde que ceux qui vont dans le sens que l'on souhaite. Mais l'autre hypothèse est qu'il est possible que Brigitte Axelrad n'ait reçu que des éloges pour ce travail. Cette hypothèse me semble plus probable que la première. Bravo Brigitte. On a besoin de livres comme ça.

Note : c'était la 12e « chandelle ». Qui sera la 13e ? Il parait que Book-e-book.com envisage de sauter le 13 et de passer au 14 directement, les auteurs pressentis étant tous atteints de paraskévidékatriaphobie.

Richard Monvoisin

 

L'histoire rêvée de Rennes-le-Château
Éclairages sur un récit collectif contemporain
David Rossoni
Books on demand
288 pages - 29,90 euros

 

Depuis sa médiatisation en 1956 sous l'impulsion d'un homme d'affaires local, la « belle histoire » de Rennes-le-Château exerce une étrange fascination.

Au cours des années, elle est pourtant passée par toute une série de métamorphoses, le trésor monétaire des débuts se voyant submergé par les énigmes « sacrées » et la remise en cause de l'histoire politique et religieuse « officielle ». Sans cesse, de nouvelles spéculations surgissent, poussent, s'entrelacent, s'hybrident... jusqu'à former de nos jours une jungle presque impénétrable de noms, de dates et de lieux. Ce microscopique village languedocien a ainsi pris place aux côtés des Templiers ou des Cathares parmi les terrains d'élection des pseudo-historiens et des néo-occultistes. Telle une perle cristallisant autour d'un banal grain de sable, leur récit collectif a entièrement recouvert le tout petit noyau factuel d'origine, bien moins brillant... À défaut de pouvoir tout savoir du passé, il reste possible de dissoudre les récits qui ne s'ancrent ni dans la connaissance d'une période historique ni dans les sources qu'elle a produites.

Le livre de David Rossoni ne se cantonne cependant pas au seul registre de la critique historique et de la réfutation argumentée. Le processus de construction mythique est éclairé sous plusieurs angles complémentaires. L'affaire y sert aussi de support à une réflexion plus générale sur les questions de la scientificité de l'histoire, de la démarcation entre science et pseudo-science, entre rationalité et irrationalité, et finalement sur les racines des croyances non fondées objectivement.

 


AGENDA


 

Café science

Le mardi 14 décembre 2010, l'association des Cafés Sciences et Citoyens de l'Agglomération grenobloise organise une rencontre-débat sur le thème « La culture scientifique, à quoi ça sert ? ». Lors de cette soirée, le public pourra discuter avec Laurent Chicoineau, directeur du Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle (CCSTI) de Grenoble, Éric Triquet, enseignant-chercheur en didactique et Sophie Roux, historienne des sciences et de la philosophie.

Lorsque l’homme de la rue ou le politique parle de « culture », il s’agit en général des arts et des belles lettres. Or, depuis quelques décennies déjà, nous avons en France posé la notion de culture scientifique et technique, créé les CCSTI, la Fête de la Science, fourni un effort important sur les musées des sciences, et donc tenté d’intégrer la science à « la culture ».

Mais quels en sont les résultats aujourd’hui, au XXIe siècle ? Et alors que la connaissance accumulée par les sciences augmente de manière exponentielle, alors que cette évolution s’accompagne nécessairement d’une foule de nouveaux concepts et de nouveaux jargons, quelle culture scientifique peut-on réellement transmettre au « grand public », à l’homme de la rue, au politique, au journaliste, bref à des gens dont la science n’est pas le métier ? En d’autres termes, peut-on acquérir une culture scientifique comme on acquiert une culture artistique, littéraire ou musicale ? Enfin pour parvenir à cette situation idéale où tout un chacun serait cultivé, que faudrait-il faire en termes d’éducation pour les enfants et les adultes ?

La culture scientifique, à quoi ça sert ?
Mardi 14 décembre 2010 à 18h30

Café des Arts
36 rue St-Laurent 38000 Grenoble
Entrée libre
http://sciences.citoyens.free.fr

 

Conférences

Le jeudi 16 décembre 2010, le planétarium de Vaulx-en-Velin organise une conférence intitulée « Sommes-nous seuls dans l'Univers ? » avec Michel Viso, astro-exobiologiste au CNES et Yves Bosson, directeur de la photothèque Agence Martienne.

Rechercher une forme de vie extraterrestre suppose au préalable de savoir ce que l'on cherche… En d'autres termes, il faut être en mesure de pouvoir donner une définition universelle de la vie. Or, les scientifiques à ce jour ne disposent que d'un seul modèle d'analyse : la vie terrestre. Il s'agit donc de déterminer sa signature caractéristique (sa « biosignature ») et d'inventer des outils pour la détecter. Ensuite, il faut savoir où chercher : sur d'autres planètes ? Sur des satellites de notre système solaire ? Ailleurs dans notre galaxie ? Depuis la découverte de la première exoplanète en 1995, l'espoir de trouver un lieu abritant une forme de vie dite extraterrestre semble renaître… Aujourd'hui, plus de 450 exoplanètes sont répertoriées. En attendant cette découverte, nous tentons de nous représenter les formes que pourrait prendre cette vie, son stade d'évolution, son mode d'organisation… Les auteurs de science-fiction et d'anticipation n'ont pas manqué d'alimenter notre imaginaire sur le sujet !

Michel Viso, vétérinaire de formation, astro-exobiologiste à la Direction des Programmes du CNES, livrera son point de vue sur l'état de la recherche en exobiologie et ce que l'on peut attendre des instruments de détection actuels et à venir. Yves Bosson, directeur de la photothèque historique et artistique Agence Martienne, consacrée à l'imaginaire scientifique et populaire autour des anomalies parascientifiques, présentera notamment les pulps, ces magazines américains de science-fiction qui ont publié des auteurs tels de Lovecraft, Asimov, Clarke…

Sommes-nous seuls dans l'Univers ?
Jeudi 16 décembre 2010 à 20h

Planétarium de Vaulx-en-Velin
Place de la Nation 69120 Vaulx-en-Velin
Entrée gratuite
www.planetariumvv.com

 

 

Le cycle de conférences mensuelles « Les lundis de la pensée critique » organisé par le Cercle de Zététique de Toulouse se poursuit. Le lundi 10 janvier 2011, Éric Lowen donnera une conférence intitulée « Techniques divinatoires, techniques illusoires : Expression du profond besoin de rassurance de l'homme » .

Qui n'a jamais rêvé de connaître l'avenir ? Ce désir, aussi ancien que l'être humain, a donné naissance au développement de diverses techniques divinatoires : augures, tarots, voyance, runes, Yi-King, astrologie, etc. Comment fonctionnent-elles ? Quelle est la recevabilité de ces pratiques ? Qu'indiquent-elles sur la maturité psychologique des personnes qui y recourent ? Leur fonction principale n'est-elle pas de nous rassurer ?

Techniques divinatoires, techniques illusoires : Expression du profond besoin de rassurance de l'homme
Lundi 10 janvier 2011 à 20h30
Maison de la philosophie
29 rue de la digue 31300 Toulouse
Entrée : 4 euros ; gratuit pour les adhérents
www.alderan-philo.org

 

 

Le jeudi 20 janvier 2011, l'OZ démarre un nouveau cycle de conférences avec l'association Antigone. C'est Florent Martin qui l'inaugure avec sa présentation sur l'évaluation des thérapies et le cas de l'homéopathie.

Que ce soit à l'hôpital ou chez un « guérisseur », de nombreuses thérapies se proposent de traiter nos maux, des plus anodins au plus graves. Devant cette multitude d'alternatives, comment faire un choix éclairé ? Faut-il les essayer pour se faire une opinion ? Est-ce toujours sans danger ? Que veut dire « ça marche » ? Cet exposé fera le point sur les méthodes d'évaluation objective.

Comment évaluer une thérapie ? Le cas de l'homéopathie
Jeudi 20 janvier 2011 à 20h
Bibliothèque Antigone
22 rue des Violettes 38000 Grenoble
Entrée à prix libre
www.bibliothequeantigone.org

 

 

Le 7 février 2011, dans le cadre du cycle de conférences « Les lundis de la pensée critique » organisé par le Cercle de Zététique de Toulouse, Marie-Christine Hauet interviendra sur « Le mythe de l'énergie vitale ». De tous les termes scientifiques ayant pu être usurpés et galvaudés par les pseudo-scientifiques, le terme d'« énergie » est certainement le plus célèbre. C'est particulièrement le cas lorsque ce terme est appliqué à la matière organique telle que le corps humain, générant la croyance en une « énergie vitale ». Cette croyance erronée existe, en partie dans des croyances plurimillénaires religieuses, depuis le judéochristianisme jusqu’au « chi » chinois, aussi bien que dans des croyances plus « modernes » telles que le vitalisme ou dans l’univers New Age.

Le mythe de l'énergie vitale
Lundi 7 février 2011 à 20h30
Maison de la philosophie
29 rue de la digue 31300 Toulouse
Entrée : 4 euros ; gratuit pour les adhérents
www.alderan-philo.org

 

Retrouvez les événements sceptiques dans l’agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 


DIVERTISSEMENT


 

Le mystère du pissenlit

Il y a des petites choses anodines qui me laissent parfois bien perplexes. Le pissenlit en fait partie. J'ai toujours vu dans les champs, sur le bord des routes, dans les bois, des pissenlits soit sous la forme de fleurs jaunes, soit en boules cotonneuses. Mais je n'ai jamais vu de pissenlits dans une phase intermédiaire, entre ces deux étapes... Quand j'étais plus jeune, j'imaginais qu'il s'agissait là de deux formes différentes de pissenlits.

Aujourd'hui, le mystère du pissenlit est pour moi résolu grâce à une vidéo très poétique, réalisée en time lapse par Neil Bromhall. Elle suit la floraison d'un pissenlit pendant un mois et la résume en 1 minute 40.

Lucie Faivre

 

Cadeaux de Noël

Noël approche et en attendant l'ouverture d'une véritable boutique de l'OZ, voici une petite sélection de cadeaux pour faire plaisir aux sceptiques et ceux qui le sont un peu moins.

HoaxBuster.com, l'incontournable référence en matière de canulars du web, vend un T-shirt « punition » que vous pouvez offrir à tous ceux qui vous font suivre les annonces de gains d'argent faciles, les messages d'alerte terrifiants ou les avis de recherche désespérés sans avoir vérifié leur exactitude (19 euros sur hoaxbuster.com).

 

 

Pour les geek adeptes (ou non) du spiritisme, nous avons trouvé un tapis de souris table de oui-ja (12,25 euros sur www.zazzle.fr). Pour ceux qui préfèrent les illusions d'optique, le mirascope est toujours une valeur sûre (9 euros sur www.ledindon.com) mais il reste moins impressionnant que la base de lévitation (75 euros sur www.ledindon.com).

Pour lutter contre la pensée magique, la collection de peluches microbes ravira les petits et surprendra les grands : de la syphillis au rhume, de la peste noire au bouton d'acné, les microbes et virus sont agrandis un million de fois (8 euros par peluche sur www.giantmicrobes.com).

Si vous voulez contribuer au développement de l'esprit critique et de l'enseignement de la science dans les écoles américaines, la James Randi Educational Foundation récolte des fonds en vendant un jolie décoration de Noël sceptique qui fera le plus bel effet sur votre sapin (25 dollars sur www.randi.org).

 

 

Enfin, Surly-Ramics a créé une véritable collection de bijoux sceptiques. Vous pouvez ainsi offrir des colliers schématisant la méthodologie scientifique ou le buisson de l'évolution, d'autres reprenant certains principes zététiques ou proclamant un sage scepticisme. Ils existent en différentes couleurs et il y a même les boucles d'oreilles assorties (18 dollars pour les colliers, 22 dollars pour les boucles d'oreilles sur www.etsy.com).

Passez de bonnes fêtes de fin d'année.

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Constant Axelrad, Frédéric Bachelier, Éric Bévillard, Géraldine Fabre, Lucie Faivre, Florent Martin, Richard Monvoisin, Fabrice Neyret et Jean-Louis Racca.

Retrouvez toutes nos publications sur le site de l'observatoire zététique : www.zetetique.fr. Content ? Pas content ? Écrivez-nous.

Mise à jour le Samedi, 26 Février 2011 18:05