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POZ n°70 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Samedi, 13 Août 2011 00:00

 


SOMMAIRE




Édito

Les nouvelles de l’OZ :
- Le 11 septembre 2001 : 10 ans après, un regard 9
- Ultimate Z6, la sixième édition de l'Université d'été de l'OZ
- Petite rencontre sceptique improvisée sur Paris
Actualités :
- La news ufologique de l'été : la photo du Petit-Rechain était un faux
- Le bolide du 2 août n’est pas un OVNI !
- La première université d'été du CZLR
Dossier :
- L'astrologie vécue de l'intérieur : témoignage d'une ancienne adepte
Agenda


ÉDITO


 

« Si c'était la volonté de Dieu
Qu'ici fût la Terre-Neuve
Si c'était la volonté de la Vierge
Nous ferions ici notre pêche
»
Les Filles de Kérity, chant breton.

 

Tu comprends ça, toi, ami lecteur ? Je suis athée, laïcard et anticlérical et je passe mes vacances d'été à visiter des églises et des abbayes.  Oui, tu me diras, l'art, l'architecture, l'Histoire, tout ça. D'accord. C'est aussi ce que j'invoque, me prends pas pour un lapin de six semaines. Mais entre nous, hein, n'y aurait-il pas une louche fascination pour la chose divine derrière cet engouement pour les arcs en plein cintre, les jubés historiés et les triforiums, fussent-ils faux ? Cet appétit d'Histoire médiévale, censé relever d'un désir de comprendre les bases du monde moderne, ne cacherait-il pas un coupable besoin de haute spiritualité, celle-là même qui a permis (adjointe à la nécessité de gagner sa croûte, reconnaissons-le) à tous ces ouvriers du Moyen-Âge la construction de ces merveilles devant lesquelles aujourd'hui encore, quelque blasé que l'on soit, on se sent tout minuscule ?

Il y a de quoi se demander, tu avoueras. Ou n'avoue pas si tu veux, qu'on rigole un peu : tu donneras l'occasion de te passer par la Question et de dépoussiérer un peu des instruments de torture hélas tombés en désuétude dans nos contrées. On verra si tu fais encore le malin avec dix kilomètres de Vraie Croix du Christ enfoncés sous les ongles.  J'aurais fait un bon inquisiteur, tiens, j'ai plein d'idées raffinées. Un mauvais bourreau, en revanche, la violence me répugne.

En tout cas, quelque paradoxale que soit ma passion pour l'architecture religieuse médiévale, elle me permet au moins de me confronter à la vraie croyance, la noble, l'indiscutable, la croyance religieuse. Celle face à laquelle le zététicien de l'OZ botte en touche. Crois à l'astrologie, à la réflexologie plantaire, aux chakras, au continent de Mû ou à la télépathie par le nombril, le zététicien se pourlèche les babines et ne manquera pas, si tu avances des affirmations d'efficacité ou d'existence un tantipeu élaborées, de se jeter goulument dessus en cherchant des preuves. Mais crois en un dieu et il te dira oui, d'accord, je respecte ta liberté de croire, d'abord c'est dans les statuts de l'association, mais enfin bon si tu me dis que ton dieu a des actions tangibles sur notre monde ça redevient de mon ressort.

Il faut bien reconnaître que la plupart du temps, le zététicien, il n'a rien à dire face à ta croyance religieuse. Il est sec comme une baguette de pain oubliée sur la plage arrière d'un dromadaire à Tamanrasset en juillet. Mais faut pas croire que ça ne le démange pas, hein ! Qu'il ne rumine pas des tas de jugements aigres dans son for intérieur ; juste, ça ne se verra pas sur son faible extérieur.

Pour t'en revenir à mes vacances, je fus surpris qu'on me dise, dans l'abbatiale de la Trinité de Fécamp, que des gens se remettaient à prier sur la relique du Pas de l'ange, un bête caillou censé être marqué par le pas d'un ange venu intercéder pour une sombre histoire de consécration d'autel, enfin une histoire à la mords-moi-le-neutron propre à faire ruer un cheval de bois. Hé ben si, il paraît que ça rameute du monde, le Pas de l'ange.

Et qu'est-ce que j'ai à dire de ça, moi, l'éditorialiste distingué de feuille de cyber-chou zététique, le hussard noir du théorème de l'énergie cinétique ? Que je suis marri, Joseph (si tu t'appelles pas Joseph, tu peux rester quand même), de constater que l'obscurantisme gagne du terrain ? Oui, je peux bien le dire, mais je conçois que tu t'en fiches. Que tu attendes de l'OZ une plus haute tenue scientifico-zététique, qu'on n'en reste pas aux opinions générales déclamées d'un ton courroucé et péremptoire comme dans le premier éditorial de magazine télé venu. Il te faut du solide, du rigoureux, du raisonnable.

Ben t'as qu'à ne pas lire l'éditorial, banane ! Tu sautes systématiquement, hop, comme ça tu éviteras toutes mes élucubrations, mes états d'âme, mes petites histoires sur ma petite vie. Allez, ouste !

Pour ceux qui sont encore là, je signale pour finir que mon passage à Fécamp sera marqué d'un miracle : ma conversion. C'est en effet devant le Pas de l'ange que j'eus l'inspiration, très probablement divine, du sujet de cet éditorial. Comme le disait Henri IV à Gaby d'Estrées, « Un éditorial vaut bien une messe ».

 

Stanislas Antczak
Éditorialiste converti

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


 

Conférence : Le 11 septembre 2001, 10 ans après, un regard 9

Le 16 juin 2011, Jean-Louis Racca a donné à la bibliothèque Antigone de Grenoble une conférence sur les attentats du 11 septembre et les théories du complot. Une quarantaine de personnes étaient présentes dont quelques unes faisant partie de l’association reopen911.

Le 10 mars dernier, Jean-Louis avait assisté à une conférence organisée à Grenoble, par cette association qui conteste la version « officielle » des attentats et affirme œuvrer pour l’ouverture d’une enquête indépendante. Dépité par l’organisation de la soirée lors de laquelle de larges extraits du film (très critiquable) Press for truth avaient été diffusés, et face à un auditoire semblant largement acquis, Jean-Louis avait eu beaucoup de difficultés à opposer des arguments contradictoires et avait finalement conclu qu’il n’y avait pas de débat possible dans ces « shows » bien orchestrés (voir son compte-rendu dans notre newsletter n°67 d’avril 2011).

La conférence du 16 juin 2011 lui offrait donc la possibilité d’ouvrir la discussion d’une autre manière. Au lieu d’attaquer frontalement les arguments des complotistes du 11 septembre ou truthers, Jean-Louis a rappelé que la question fondamentale était celle de l’évaluation de la véracité d’affirmations extraordinaires. Il a ainsi commencé par une présentation illustrée d’outils critiques utiles dans ce contexte, comme par exemple : « une affirmation extraordinaire nécessite des preuves solides », « il faut toujours remonter à la source de l’information sans se laisser leurrer par l’argument d’autorité », le faux dilemme ou encore le syndrome galiléen (la « persécution » dont se sentent victimes les défenseurs de théories du complot n’est pas un argument en faveur de leur théorie).

Après cette introduction, Jean-Louis a concentré son analyse sur deux thèses défendues par les truthers (avec parfois même des arguments contradictoires) mettant en doute, selon eux, la version qu’ils appellent « officielle » : 1) la démolition des Tours jumelles a été contrôlée (explosions internes) ; 2) ce n’est pas un avion mais plutôt un missile qui s’est écrasé sur le Pentagone. En répertoriant les observations sous forme de tableau, Jean-Louis a tenté de montrer que le crash d’avions sur les tours jumelles et le Pentagone explique « mieux » les faits que la thèse d’un complot qui aurait en particulier nécessité l’implication (peu vraisemblable) d’un nombre incroyablement élevé de complices.

Pourtant, la technique mise en œuvre par les truthers est efficace pour faire naître le doute : ils pointent inlassablement les nombreuses questions qui restent encore sans réponse et en découvrent toujours de nouvelles. Ces « zones d’ombre » suffisent selon eux pour rejeter la version « officielle ». Par cette technique dite de la « saturation », ils exigent de leurs interlocuteurs la réfutation de tous leurs arguments et des réponses à toutes leurs interrogations. La situation est donc inextricable et le débat, sans fin. Celui qui a suivi la présentation de Jean-Louis en a été malheureusement une illustration parfaite.

Reste à savoir quelle preuve convaincrait définitivement ces « opposants », question que Jean-Louis leur a posé en conclusion et qui est restée, elle aussi, sans réponse...

Géraldine Fabre

 

Ultimate Z6, la sixième édition de l'Université d'été de l'OZ

Il y a un peu plus d’un mois maintenant s’est achevée la 6e édition de l’Université d’été de l’Observatoire zététique. Co-organisé avec l’Association Marseille Zététique, UltimateZ6 a été un très bon cru. Nous étions une trentaine de sceptiques venus de toute la France à nous retrouver à l’Hôtellerie de la Sainte-Baume près de Marseille pour un week-end de zététique du 8 au 10 juillet 2011.

Six associations étaient présentes : l’OZ et l’AMZ venus en nombre, mais aussi le Cercle zététique du Languedoc-Rousillon (CZLR) représenté par Françoise Mariotti, le cercle zététique de l’association Aldéran de Toulouse avec Neset Mandi et Damien Joud, le Centre d’Analyse Zététique de Nice avec Denis Biette et Armel Berceliot et le Groupe d’études des mouvements de pensées en vue de la prévention de l’individu (GEMPPI) représenté par Didier Pachoud. Dès notre arrivée le vendredi soir vers 18h, le week-end a commencé par un long apéritif où chaque association a pu présenter son histoire, ses activités et ses projets.

L’OZ étant à l’initiative de ces rencontres depuis six ans, il nous a semblé important d’insister plus formellement sur l'esprit et l'éthique de notre association, auxquels nous sommes fortement attachés et que nous souhaitons promouvoir afin que nos actions auprès du public soient véritablement efficaces. La première conférence du week-end a donc été consacrée, vendredi soir, aux valeurs de l’OZ. Fabrice Neyret (OZ) a ainsi rappelé les questions que dans notre démarche de diffusion de l’esprit critique nous ne devrions jamais oublier : à qui nous adressons-nous et dans quels buts ? En effet, puisque nous savons bien qu’il ne suffit pas d’avoir raison pour convaincre, notre “parole” (articles, conférences, etc.) doit pouvoir être reçue par nos interlocuteurs quelles que soient leurs croyances, ce qui nécessite un respect exemplaire, sur le fond et dans la forme. Mais nos objectifs doivent rester modestes : diffuser des méthodes et outils d’analyse critiques réappropriables par chacun et amener du questionnement en proposant une information critique, plutôt que prétendre établir des expertises scientifiques de fond sur tous les sujets. Nous ne sommes pas en guerre, la zététique n’est pas un sport de combat.

Mélange savamment dosé de conférences, débats, expériences et jeux pédagogiques, le programme du reste du week-end était chargé, mais les horaires furent miraculeusement tenus.
Samedi matin, Neset Mandi (Aldéran) nous a présenté une formalisation intéressante de la boîte à outils zététique. Éric Déguillaume (OZ) nous a ensuite parlé de l’affaire Kaspar Hauser, ce mystérieux enfant trouvé au XIXe siècle, à travers un stupéfiant comparatif des articles français, anglais et allemand de wikipédia consacrés à cette histoire. Au cours de cette matinée, il a également été question d’eschatologie avec Michael Martin-Nevot (AMZ) qui nous a annoncé les prochaines fins du monde et analysé leurs modes de détermination.
Dans l’après-midi, Quentin Grando (AMZ), lui, a décortiqué la synergologie, méthode de lecture spécialisée dans le décryptage des mouvements corporels inconscients. Franck Malige (AMZ) a fait le tri dans les méthodes de choix et de divination des sexes des enfants. Florent Martin (OZ) a présenté le matériel pédagogique de l’OZ utilisé chaque année à la fête de la science. En début de soirée, Denis Biette (CAZ) nous a passionné avec une conférence magistrale sur les crânes de cristal.
Dimanche matin, Jean-Marc Temmos a joué la provocation en parlant d’« intrusions matérialistes », opposables aux croyants. Françoise Mariotti a décrit les conditions nécessaires et suffisantes au changement thérapeutique. Et pour finir, Céline Petitjean (AMZ) est revenue sur les différentes annonces médiatiques concernant la découverte d'une bactérie supposée appuyer la thèse de la vie extra-terrestre.

À gauche, l'hôtellerie de la Sainte-Baume ; à droite, nos belles tablées lors des repas ou des jeux.

 

Malgré notre nombre, l'organisation des repas et le partage des tâches ménagères se sont improvisés efficacement, en particulier grâce à Roger Gonnet, cuisinier hors pair qui nous a régalé de ses tourtes, salades et viandes mitonnées.

Le goûter du samedi a été égayé par l’extraordinaire « Burget Zet » conconcté par Christophe Micher (OZ) sur le modèle de l’ancien Burger Quizz d’Alain Chabat : un véritable concentré de culture zététique saturé de fous rires.

Temps forts du week-end, le légendaire concours de mauvaise foi, organisé par Franck Villard (OZ) le samedi soir, a également tenu ses promesses. La règle était comme chaque année de défendre une thèse indéfendable (imposée) en utilisant le plus possible d’arguments rhétoriques et de sophismes. S’opposant dans des matchs à deux contre deux, les participants s’affrontaient sous l’œil attentif d’un jury évaluant leurs prestations. Les arguments d'autorité, les faux dilemmes, les attaques ad hominem, les appels à la pitié, les pentes glissantes, etc. ont plu pendant deux heures. L’objectif pédagogique de ce jeu est bien sûr d’apprendre à identifier ces « arguments moisis ». En finale, Éric Heitz s’est incliné après avoir vaillamment bataillé contre Christophe Michel (OZ).

Le week-end s’est achevé avec notre traditionnel Questions pour un Zampion, préparé en l’absence de Stanislas Antczak (OZ) par Denis Caroti (AMZ). Des langues de belle-mère en guise de buzzer, nous avons bataillé en solo lors de la première manche. Les trois meilleurs : Florent Martin, Éric Déguillaume et Jean-Louis Racca ont ensuite constitué leurs équipes pour répondre aux questions de la deuxième manche. En finale, Florent a vaincu Éric, sur le fil.

 

La traditionnelle photo de groupe prise à la fin du week-end.


UZ6 fut donc riches de belles rencontres et de bons moments. Tout le monde semble reparti enchanté et séduit par ce cocktail de présentations critiques, de discussions philosophiques et de jeux zététiques. Un grand merci à tous les participants. Et rendez-vous l’année prochaine...

Géraldine Fabre

 

Petite rencontre sceptique improvisée sur Paris

L’OZ reçoit régulièrement des commentaires de contacts et lecteurs parisiens se « plaignant » du manque d'événements sceptiques sur Paris. Aussi, l’idée a-t-elle germé, quand l'un d’entre nous « monte à la capitale » (ou ailleurs), d’improviser une petite réunion dans un bar, façon Skeptics in a pub. Le principe est simple : poster une annonce sur les sites repaires de zététiciens (en l’occurrence notre groupe facebook, notre forum et notre mailing-liste), puis fixer ou négocier un lieu et une date avec les motivés.

Je m’y suis justement essayé il y a quelques jours, avec un rendez-vous pris le samedi 6 août à 20h, devant l’hôtel de ville de Paris. Malheureusement, la période estivale, la météo exécrable et l'organisation de dernière minute ont réduit la rencontre à un petit groupe de... quatre personnes, lequel s'est prestement replié vers le café le plus proche. Là, nous avons pu faire connaissance, comparer nos parcours sceptiques, thèmes d’intérêt et sources d'informations, tout en discutant de l'actualité zététique.

L'opération sera renouvelée dès que possible, comme nous y encouragent les nombreux messages reçus.

Florent Martin


Expérience toujours en cours : participez !

Dans notre numéro de juillet, l’enquête « Des voix chez moi ! Esprits ou paréidolie ? » soumettait à votre analyse plusieurs extraits de sons, afin de tester les différents « messages » que l'on peut y entendre. Un des enjeux étant de voir si, justement, chacun peut y entendre des « paroles différentes », ou si un texte de référence est bien susceptible de s'y cacher.

Nous avons reçu quelques retours, mais il n'est pas trop tard : à vos casques, à vos filtres et logiciels anti-bruit, et dites nous ce que vous entendez !

 


 

En bref

La rentrée de l’OZ

La réunion de rentrée de l’Observatoire zététique aura lieu le lundi 12 septembre 2011 à la salle Eugénie Cotton 15 rue Paul Vallier à Fontaine. (Tram A, arrêt : Fontaine Hôtel de Ville - La Source). Après la pause estivale, membres et sympathisants s’y retrouveront à partir de 20h pour relancer les activités de l'association et les nombreux projets en cours.

 

La Fête de la science à Chambéry

Faute de budget pour pouvoir s'offrir un stand au Village des Sciences de Grenoble, l'Observatoire zététique participera cette année à la Fête de la Science à Chambéry où nous sommes accueillis gratuitement. Comme les années précédentes, un groupe de doctorants moniteurs du Centre d'initiation à l'enseignement supérieur de l'Académie de Grenoble (CIES) sera encadré par un tuteur de l'OZ (Florent Martin) pour la préparation des nouvelles activités qui seront proposées au public et l'animation du stand. L'objectif reste de vulgariser la démarche scientifique et de promouvoir les outils zététiques. La Fête de la science 2011 aura lieu du 12 au 16 octobre.

 

Pour être régulièrement tenu au courant des activités de l’Observatoire zététique (réunions, conférences, etc.), demandez votre inscription à notre liste de sympathisants en écrivant à contact@zetetique.fr

 


ACTUALITÉS


 

La news ufologique de l’été : la photo du Petit-Réchain était un faux

En 1989 et 1990, la Belgique est secouée par une bien étrange affaire. L’observation, rapportée par des gendarmes, d’un ovni triangulaire, amplifiée par les médias, va déclencher une vague d’observations d’ovnis à travers tout le pays. Un organisme ufologique belge, la Sobeps (Société belge pour l’étude des phénomènes spatiaux), en avait rédigé un volumineux rapport, et avait pu se vanter d’avoir collaboré avec la Force aérienne belge pour enquêter sur cette vague d’ovnis. Marc Hallet avait, dès 1992, montré les faiblesses du travail de la Sobeps dans La vague OVNI belge ou le triomphe de la désinformation.

Une des preuves les plus fréquemment avancée, depuis plus de vingt ans, du caractère mystérieux de cette « vague belge », est une photographie prise en avril 1990 par un habitant du Petit-Rechain, un hameau de la commune de Verviers. Initialement connu seulement par ses initiales « PM », il avait montré ce cliché (développé directement en diapositive) à ses collègues de travail, avant de la transmettre à la Sobeps. L’expert en photographie de cette association, Patrick Ferryn, l’avait analysée et jugée inexplicable. Par la suite, de nombreuses analyses avaient été menées sur le cliché. Le physicien Auguste Meessen, autre éminent ufologue belge, y avait notamment décelé des caractéristiques ne pouvant s’expliquer que par la présence de particules ionisées : toutes choses hors de portée d’un faussaire, et semblant suggérer plutôt un mystérieux aéronef…

Cela n’avait pas empêché les sceptiques de Belgique et d’ailleurs de suspecter un canular. Ainsi, Wim van Utrecht avait, le premier, réussi à reproduire un cliché très ressemblant avec des moyens très simples, à la portée de tous. Sa démonstration avait été rejetée par la grande majorité des ufologues, sous le prétexte que la copie n’était pas exactement conforme à l’original. Cela ne supprimait pas, toutefois, les incohérences dans le témoignage de « PM » ; le mathématicien Thierry Veyt était ainsi parvenu à démontrer que l’image ne pouvait pas concorder avec le récit des témoins. Malgré cela, les éléments pointant vers un canular furent consciencieusement ignorés des années durant par la Sobeps. Patrick Ferryn n’hésitait pas à écrire il y a peu dans un numéro du magazine Science et inexpliqué que les sceptiques n’avaient jamais eu accès à la photographie originale – sous-entendant sans doute qu’ils parlaient sans savoir.

Ce n’est donc qu’à moitié surpris que les ufosceptiques apprirent finalement, le 26 juillet dernier, que la photographie du Petit-Rechain était effectivement un canular. Son auteur, désormais connu sous le nom de « Patrick M. », l’a finalement avoué, un aveu qui a même été relayé par la télévision. L’auteur de la plaisanterie explique qu’il l’avait réalisée à l’aide d’une simple maquette en « frigolite » - autrement dit, en polystyrène expansé. Des moyens rudimentaires, comme Wim van Utrecht le soutenait depuis des années.

Prudence sceptique oblige, il eût été logique de se méfier face à une telle annonce : après tout, n’importe qui pouvait se dire l’auteur du canular, puisque les initiales du faussaire était connues et que Wim van Utrecht avait déjà publié une technique plausible pour produire ce genre de faux. Mais tout doute fut rapidement écarté par… Patrick Ferryn lui-même. Désormais président de la Sobeps (rebaptisée Cobeps il y a quelques années), Ferryn entérina implicitement la véracité de l’aveu de Patrick M. quelques heures plus tard, tout en s’efforçant de sauver les meubles. Cette fois, le mystère de la photographie du Petit-Rechain avait vécu.

Tous ceux qui, hier, avaient clamé haut et fort que le cliché était authentique, n’ont pas fait montre de la même honnêteté intellectuelle que Patrick Ferryn. En témoigne ce dialogue surréaliste entre Auguste Meessen et Patrick M., où le physicien et ufologue s’efforce de démontrer à l’auteur du canular que sa photo est inexplicable… donc montre un véritable ovni ! Un cas qui illustre bien la théorie de la dissonance cognitive : la grande variété des réactions sur divers forums ufologiques, allant jusqu’au déni pur et simple ou à la théorie du complot face à cette supercherie désormais avérée, serait à n’en point douter riche d’enseignements.

Éric Déguillaume

 

L’autre news ufologique de l’été : le bolide du 2 août n’est pas un OVNI !

Le 2 août, vers 3h35 du matin, une forte lumière a éclairé, l’espace d’un instant, tout le sud-ouest de la France, notamment dans la région toulousaine. Ce bolide est aussitôt rapporté comme météorite sur des forums d’astronomie, et identifié comme tel. La faible durée de phénomène (avec des estimations n’excédant pas cinq secondes chez la plupart des témoins), sa couleur verte, sa désintégration dans un flash très lumineux, ainsi que le bruit de détonation lointaine entendu par certains témoins, étaient autant de facteurs compatibles avec cette identification. Rien de bien insolite dans tout cela, me direz-vous.

Pourtant, dès le lendemain, le quotidien La Dépêche parlait d’ovni. Proximité avec les locaux du GEIPAN, le « service ufologique » du CNES ? Période estivale propice à la mise en avant de ce type de fait divers ? Toujours est-il que dans les heures qui suivent, l’information est répercutée, passant des colonnes de la presse locales aux pages des sites Internet d’information continue. On nous apprend ainsi que le GEIPAN est sur l’affaire, faisant preuve d’une prudente réserve.

Une réserve qui n’allait toutefois pas durer. Au soir du 4 août, ce même GEIPAN annonçait… ce que tous les amateurs d’astronomie savaient depuis le départ : la lumière vue dans la nuit du 2 provenait bien d’une météorite. Une réponse prompte, qui tranche avec certains errements du service lors de ses précédentes incarnations. Faut-il y voir l’effet des antécédents d’astronome amateur de son nouveau directeur, Xavier Passot ? Toujours est-il que dès le 5 août, la presse relayait massivement l’explication, chose suffisamment rare pour être signalée, et qui doit sans doute beaucoup à l’annonce relativement rapide faite par le GEIPAN.

Éric Déguillaume

 

La première université d'été du CZLR

Les 30 et 31 juillet 2011, le Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon (CZLR) a organisé sa première université d’été, près de Montpellier chez Françoise Mariotti, l’une de ses membres. Au programme du week-end, dans une ambiance conviviale et détendue, se sont succédés conférences, discussions, débats (notamment sur le fonctionnement et les activités du CZLR), entrecoupés de barbecues et baignades dans la piscine de notre hôtesse.

En plus des membres du CZLR, deux représentants de l’AFIS (Association française pour l’information scientifique), Martin et Christine Brunschwig, et deux membres de l’OZ, Jean-Louis Racca et moi-même, avaient été invités. Nous étions donc une vingtaine à profiter de ce week-end ensoleillé en échangeant sur les activités de nos associations.

 

L'université d'été du CZLR : ambiance sérieuse (à gauche) pendant les présentations et plus détendue (à droite) durant les repas.

 

Malgré son ancienneté, la richesse de ses réunions (présentations aux thèmes très variés) et la qualité de ses membres, le CZLR peine à diffuser ses travaux qui restent relativement confidentiels. Pour remédier à ce problème, le site web de l’association a été entièrement rénové par Jean Brissonnet et devrait s’étoffer rapidement pour donner à l’association la visibilité qu’elle escompte. C’est également pour leur donner des idées de diversification de leurs activités et des conseils de fonctionnement, que Martin et moi avons présenté respectivement l’AFIS et l’OZ.

Les conférences se sont ensuite enchaînées, toutes plus intéressantes les unes que les autres, jusqu’au dimanche après-midi : Élie Nicolas a parlé des Mahométans, Patrick Augereau de l’équation de Drake, Alain Neveu des idées reçues et Edline Bianco de la théorie de l'évolution avec l'exemple du cou de la girafe. Jean Brissonnet, spécialiste des pseudo-médecines, est également intervenu. Toujours aussi passionnant et passionné, il a présenté les toutes dernières publications scientifiques concernant l’acupuncture et l’effet placebo. J’espère avoir le temps de vous en reparler en détail prochainement mais si le sujet vous intéresse, Jean y consacre un article dans le numéro 297 de la revue Science et pseudo-sciences.

Le mot de la fin a été laissé au président Élie Nicolas qui a évoqué l’organisation d’un apéritif des survivants après le 21 décembre 2012, date annoncée de la fin du monde. Cet événement auquel la presse serait conviée pourrait être préparé en collaboration avec d’autres associations sceptiques. À suivre...

Géraldine Fabre

 



DOSSIER :
L'astrologie vécue de l'intérieur : à quoi ressemble une vie d' « adepte », et pourquoi les arguments rationnels ne portent pas


 

Le numéro de juillet de la lettre trimestrielle du GEMPPI « Découvertes sur les sectes et religions » nous livre un article poignant, surprenant, mais aussi très instructif : « Astrologie, art de la servitude volontaire. Une ex-astrologue témoigne ». L'article est long (onze pages) mais aussi vivant que précis, et je recommande vraiment sa lecture, tout en en tirant ici quelques extraits et analyses qui ne le remplacent en rien.

L'astrologie, l'auteure - Corinne Evanesse - l'a vraiment vécue à fond, pendant une douzaine d'années, dans un milieu « expert » comme « accompagnant » très enveloppant, et avec une technicité d'une complixité que je ne soupçonnais pas. Elle nous raconte son histoire et son parcours (que je ne reprendrai pas ici), et divers témoignages vécus précis et édifiants la concernant elle ou ses proches, mais nous livre aussi des clés sur ses propres mécanismes d'adhésion à l'époque, et sur comment mieux se comporter pour aider, plutôt qu'agir de façon contre-productive en croyant bien faire en bon « rationaliste ». Ce sont ces deux aspects que je vais essayer de synthétiser ici, tout en reprenant quelques points d'exemples qu'elle fournit sur la pratique et sur ses conséquences.

Dans ce qui suit, concernant les faits, points de théorie et de jugements, ce sont essentiellement ses affirmations que je reprends, et non les miennes (même si je complète parfois l'analyse sur la base de l'expérience zététique).

 

Actes induits et paradoxes

Parmi les cas qu'elle raconte, Corinne nous cite un homme - prof de maths - prévenu de la date de sa mort, « connaissance » qui l'a longtemps obsédé. Et pourtant, il aurait dû y déceler le problème logique : l'information aurait pu le conduire aux plus grandes imprudences dans la vie ou sur la route - puisqu'il n'y avait plus de « risque » létal - au risque d'y rester, justement ! Quid encore de la notion de destin persistant à sa révélation, si le funeste de la prédiction l'avait conduit au suicide précoce ? (fût-ce par défi).

Elle conte aussi cet homme qui a prévenu sa future femme qu'il « savait » que son mariage durerait douze ans, sans savoir trancher s'il se conclurait par sa mort ou son divorce. Et qui, le moment venu, préféra changer de femme, façon de mieux obéir aux astres tout en conjurant l'alternative plus grave.

Elle expose enfin le drame de l'astrologie médicale, qui entend prédire de quel mal on mourra et quand, et du non-diagnostic de cancer fatal que cela a conduit dans son entourage. Elle y ajoute comment le groupe a réagi pour « trouver des explications » ensuite. [1]

 

Côté paradoxes, le premier d'entre eux est celui même de connaître sa destinée, et ce que l'on compte faire de cette connaissance : connaître l'avenir ne conduit-il pas à le modifier, que ce soit par prophétie auto-réalisatrice (exemple du mariage ci-dessus), par excès de confiance (exemples du cancéreux et du « condamné à mort » ci-dessus) ou par tentative d'évitement bien inspirée ? Et au fond, pourquoi consulter les astres avant un choix, si de toutes façons le destin doit s'accomplir, puisqu'il est écrit ? Et si, comme dans la mythologie Grecque, le Destin « fait ses calculs » en prenant en compte son propre oracle, ne pas les consulter aurait-il pu éviter un sort tragique ? Ou le causer tout aussi bien, de sorte qu'autant vaille vivre dans l'insouciance que de s'acharner à éviter l'inévitable ?

En même temps, le destin semble inéluctable (même si sa lecture est mal aisée), mais la consultation semble basée sur l'espoir d'agir. Quelle est donc la « liberté du destin » en astrologie ? Corinne nous cite deux exemples surprenants : la « question horaire », où le thème astral dépend de l'heure précise de la question - le destin pourrait-il donc changer selon l'heure de la question ? - et la « révolution solaire de l'année »,  « thème d'anniversaire » censé dévoiler les prochains douze mois, mais qui dépend... du lieu où l'on se trouve lors de l'anniversaire ! (et que l'on peut donc optimiser : Corinne a dû partir à Hambourg pour le sien, afin d'éviter les fâcheux problèmes qui se seraient provoqués dans l'année si elle avait été en France lors de son anniversaire). Mais s'il s'agit d'une mancie (comme la voyance, les tarots ou le
marc de café) et non d'une causalité (comme une séance d'envoûtement ou d'incantations), un autre lieu ou un autre horaire révèle peut-être d'autres éléments, mais en quoi annule-t-il les autres autres révélations ?

 

L'astrologie vécue comme une drogue psychique, et mécanismes confortants

Corinne évoque les problèmes d'adolescente, puis de vie, qui lui ont d'abord rendu indispensable l'accès aux « réponses » et au « sens » des choses - elle évoque d'ailleurs le fait que notre société technique et rationaliste a dangereusement éludé la réalité de ces questionnements et angoisses - puis peu à peu sont devenus un système enfermant que l'on consulte à tout moment, pour se rassurer ou pour arbitrer des moindres choses, créant une dépendance qui est largement appuyée par le fait que l'on a entre temps formé un réseau social confortant largement ces « réflexes » et approches explicatives, et qui lui au moins « vous comprend ».

Mais comment peut-on « y croire », sans voir la réalité contredire statistiquement les prédictions ? Rappelons que les prédictions sont codées et multiples, mais aussi très vagues. Ce qui fait que comme pour l'effet Barnum (ou effet puits) [2] des horoscopes ou des tests de personnalité, on apporte de soi-même un sens précis, tout en triant dans la prédiction les éléments à considérer, de sorte qu'on peut presque toujours trouver confirmation... a posteriori. D'autre part, comme le signe est « vrai » mais qu'« on peut se tromper dans l'interprétation délicate », ou que le praticien peut être « mauvais », il y a toujours moyens d'éviter la dissonance cognitive en cassant le thermomètre.

 

Du fait des paradoxes ci-dessus, la prédiction astrologique s'en sort toujours : soit elle se réalise (ne serait-ce que par hasard, ou par interprétation) et elle confirme sa pertinence, soit elle ne se réalise pas et prouve sa force pour déjouer le destin.

Par ailleurs, il y a toujours moyen de justifier a posteriori un échec de prédiction (par exemple de succès professionnel), soit par culpabilisation (gâcher son destin, c'est grave !), soit en trouvant par exemple que le « carré de son Mercure à Pluton » induit ce fâcheux négativisme qui vous pousse à contrecarrer votre destin. Et si cela persiste à ne pas se réaliser, peut-être qu'on trouvera qu'on est victime d'un « mauvais transit de Saturne ». En cherchant, on trouve toujours un élément « explicatif »... a posteriori.

Avec de multiples forces en présence, on peut toujours trouver que l'une ou l'autre a gagné : de l'anniversaire loin de France qui conjure, et du transit de Saturne qui sape, l'un comme l'autre peut gagner, et sera considéré a posteriori comme « la cause ». La théorie, elle, ne prévoyant aucun élément pour savoir trancher quelle force l'emportera (or a posteriori, on retrouvera toujours un élément oublié, surtout si on y ajoute le flou d'interprétation). Plus loin, chaque position planétaire correspond à de multiples analogies différentes. Corinne en détaille un exemple dans son texte.

Outre le fait que l'on peut toujours trouver dans le ciel une raison de s'inquiéter, ce qui entretient l'anxiété, le doute sur la bonne interprétation et sur la justesse de la difficile analyse maintient dans l'angoisse, suite à quoi la recherche effrénée de la bonne réponse expliquant l'erreur (a posteriori) renforce l'impression de puissance prédictive de l'astrologie tout en montrant aussi que l'on doit s'engager encore plus profondément dans cette « science » et sa pratique pour ne plus commettre de telles erreurs de lecture (c'est une spirale d'engagement). D'autre part, le sens ainsi « révélé » a posteriori à tous les évènements, des plus graves aux plus futiles, fusse un sens « caché » (c'est-à-dire une explication bien tordue), rassure sur le « bon ordre » des choses (alors que l'aléa et ses injustices sont angoissants), voire sur sa propre expertise par rapport au citoyen moyen. Corinne dit que « l'astrologie peut être considérée comme un support à fantasmes », et que « les croyances étant souvent la ruine de la raison, [elles] peuvent vous inciter à commettre des actes délirants ». Au final, « l'astrologie est une drogue et une servitude ; la dépendance rend difficile l'abandon de la pratique ».

Sur un plan plus « politique », Corinne s'est rendu compte à quel point les valeurs de l'astrologie reflétaient les conceptions, et notamment la misogynie, de l'époque de sa constitution : ce qui est masculin est positif, ce qui est féminin est négatif. Ajoutons que la notion de Karma notamment dans l'hindouisme enclin au non-agir et à ne pas même porter secours, car la destinée qui s'accomplit a été méritée dans une vie antérieure (voire, s'y opposer pourrait être mauvais). Plus près de nous, les différentes mancies, fût-ce au pendule, ont accès à des notions absolues de bien et de mal, supposant donc une nature intrinsèque et tranchée de la Morale, indépendamment des temps, des cultures, des aspects sociaux, ce qui est une posture ultra-conservatrice dont n'ont sans doute même pas conscience les « croyants ». De même que les chrétiens, pas rares parmi les « adeptes » de l'astrologie, n'ont apparemment pas conscience de l'incompatibilité profonde avec les fondements de leur religion. Ceci peut être parce qu'à la différence des croyances issues du New-Age, les aspects idéologiques, philosophiques ou spirituels sont relativement inexplicites dans ces croyances et pratiques plus anciennes.

 

Pourquoi les arguments « rationalistes » ne portent pas

Le tout premier point, c'est que mettre en cause frontalement les croyances de quelqu'un, sur lesquelles il a en partie fondé son identité, est vécu comme une agression, et de toutes façons une remise en cause bien supérieure à ce que la dissonance cognitive peut supporter : il lui sera alors bien moins coûteux de mettre l'argument sur le compte de la méchanceté ou de la méconnaissance plutôt que d'examiner l'argument en vue d'une possible mise à jour de ses propres arbitrages. Comme le dit Corinne, « [une personne] aura tendance à s'identifier à ses croyances, et à les défendre [...] comme si sa vie en dépendait. Renoncer à une croyance équivaut à une forme de mutilation ». La discussion avec un croyant doit donc être un peu plus subtile, et prendre fortement en compte le caractère intime de l'adhésion.

 

Contrairement à ce qu'imagine les « non-croyants », l'astrologie ne met aucune causalité entre les astres et les évènements, aussi les arguments de type « sciences physiques » (effet gravitationnel minime, précession des équinoxes, etc.) tombent totalement à plat. Il s'agit (comme dans bien des sciences occultes, voire de pseudo-médecines) essentiellement de symbolique, d'un monde d'idées, où l'on trouve des « synchronicités », correspondances porteuses de sens entre des évènements : le monde - ou certains rituels - nous donne des signes, qu'il faut savoir lire pour avoir accès à certains éléments du destin, de façon plus ou moins claire. Il s'agit là de pensée magique, et non de physique, bien que le calcul et la technicité fassent illusion. De même que dans l'esprit du croyant, « interroger » au pendule la photo d'un disparu a du sens, car la photo est en quelques sorte « concrètement reliée à la personne dans le monde des idées », lien et monde symboliques sont vus comme « concrets, réels, opérationnels ».

 

Comment aider la personne à s'en sortir ?

Selon Corinne, il s'agit d'abord d'un problème de sevrage, et culpabiliser ou agresser de front est contre-productif, de même que penser que ça passera tout seul est illusoire. Elle ignore comment elle-même s'est « réveillée », mais elle en a constaté toutes les difficultés, jusqu'à la nécessité de modifier radicalement ses fréquentations : « un ex-alcoolique doit se séparer de ses compagnons de beuverie ».

Sa suggestion est de chercher à creuser avec la personne les raisons de ses angoisses, plutôt que se fixer sur le symptôme qu'est la dépendance aux arts divinatoires, et aussi de proposer des activités vivifiantes, qui puissent apporter de nouveaux ancrages plus positifs au sens. Et plus loin, que si d'aucuns cherchent dans des mirages des réponses aux questions de la vie, de la souffrance et de la mort, c'est peut être que la parole à leur sujet n'est pas assez facile dans notre société. Il s'agit donc moins de s'efforcer de convaincre frontalement le proche « adepte », que d'écouter, accompagner, et proposer des moments positifs échappant à ce carcan.

 

Quant aux personnes qui sont séduites ou s'interrogent sans être engagées à ce point, l'approche zététique sera sans doute plus facilement efficace : échec répété du caractère prédictif (matchs contre le hasard), démontage des biais (prédictions floues, biais de sélection, validations a posteriori), conséquences graves, paradoxes logiques...

 

Fabrice Neyret

 

Notes :

[1] : Avec même « l'appui » des médecines douces expliquant qu'il s'était donné son cancer de tristesse pour rejoindre sa compagne, la cible du cancer - les poumons - étant d'ailleurs reliée à l'émotion tristesse en médecine chinoise : l'œcuménisme permet de trouver toute « explication » ou lien nécessaire.
[2] : Effet Barnum (ou effet puits) : s'appuyant sur un ensemble de biais cognitifs, il s'illustre de façon spectaculaire dans la technique du cold reading qui « dévoile tellement d'informations précises et cachées sur votre vie que le voyant ne pouvait pas connaître »... et n'a en fait jamais dites !

 


AGENDA


 

Réunions de l'Observatoire zététique

Les réunions de l'OZ sont ouvertes à tous. Elles ont lieu les premiers lundis de chaque mois (sauf exception) à Fontaine dans la Salle Eugénie Cotton. L'ambiance y est détendue et conviviale, chacun apportant de quoi partager l'apéritif dinatoire qui s'improvise avant le début des discussions. La réunion débute généralement par une présentation sceptique, proposée par l'un des membres de l'association. L'ordre du jour comprend également une partie d'échanges sur l'actualité du « paranormal », sur nos lectures, mais aussi sur nos réactions à des émissions télé ou radio. Il s'achève avec un temps consacré à la vie de l'association : réponses aux questions posées via notre site, projets en cours, prochaines conférences, etc. La réunion de rentrée aura lieu le lundi 6 septembre.

Réunion de rentrée de l'OZ
Lundi 12 septembre 2011 à partir de 20h

15 rue Paul Vallier 38600 Fontaine
Tram A, arrêt : Fontaine Hôtel de Ville - La Source
www.zetetique.fr

 

Conférence

Le 28 septembre 2011, le chimiste zététicien, Pierre Aldebert donne à Saint-Martin-d’Hères près de Grenoble une conférence intitulée « Le bon, les buts et les truands » dans laquelle il livre des clés pour décrypter les étiquettes des produits alimentaires. Alicaments, produits allégés, colorants, conservateurs et produits chimiques au noms codés, que mange-t-on réellement ? Et comment nos choix de consommation sont-ils orientés ? Au-delà du « scientifiquement prouvé » et de son corollaire « vu à la télé », Pierre Aldebert décortiquera les allégations marketing de l’industrie alimentaire. Comme à son habitude, il illustrera son propos d’expériences spectaculaires à voir... et à goûter.

Mercredi 28 septembre à 18h30
Le bon, les buts et les truands
MJC Pont du Sonnant
163 avenue Ambroise-Croizat 38400 Saint-Martin-D'Hères
Renseignements : 04 76 51 01 20

 

Exposition

Le photographe Emmanuel Bertrand a photographié des esprits... Si, si. Il expose même certaines de ses photos dans le cadre du 2ème Festival des Arts Grot(t)esques jusqu’au 11 septembre, sur les sites des Grottes de Choranche. L’exposition permanente s’intitule « Empreintes et légendes, le passé s'invite dans le présent » et réserve d’autres surprises.

Festival des Arts Grot(t)esques
jusqu’au 11 septembre 2011

La Grotte de Choranche
38680 Choranche
www.grottes-de-choranche.com

 

Retrouvez les événements sceptiques dans l’Agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 


Appel à contributions


 

Si vous souhaitez contribuer à la diffusion de l'esprit critique, à la promotion des outils d'auto-défense intellectuelle de la zététique, à la vulgarisation de la méthodologie scientifique, vous pouvez nous soumettre article, dossier, fiche de lecture, enquête, etc. N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer vos idées puis à soumettre vos productions à l'OZ, en écrivant à contact@zetetique.fr.


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Éric Déguillaume, Géraldine Fabre, Florent Martin, Fabien Millioz, Fabrice Neyret, Jean-Louis Racca, Franck Villard.

Retrouvez toutes nos publications sur le site de l'observatoire zététique : www.zetetique.fr. Content ? Pas content ? Dites-le nous.

Mise à jour le Mercredi, 17 Juin 2015 15:04