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POZ n°79 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Mardi, 07 Janvier 2014 10:48
Janvier 2014 / Newsletter 79

 

 

Édito

L'OZ dans les médias
- Le secret en question
- La menace silencieuse des sectes
- Faut-il croire aux horoscopes ?

Actualités
- Procès gagné pour Sophie Robert
- Stromae et la zététique

Dossiers
- Le Roi Arthur : histoire ou fiction ?

Agenda
- Conférence à Fontaine (38) : Illusionnisme et impostures

Culture et zététique
- La médecine postmoderne prend le pouvoir
- La rentrée Book-e-book
-
Rennes-le-Château : Tome Sang
- Entretien avec l'auteur Eric Maneval

 

ÉDITO

 

Il était une seule fois, il y a bien, bien longtemps, des milliers d’années, quelque chose qui était depuis toujours, avant quoi il n’y avait rien. Avant quoi rien n’existait. Le temps n’existait pas, l’espace n’existait pas et faute d’espace pour l’entreposer, la matière n’existait pas.
Donc pas d’avant, pas d’endroit, pas d’autour, rien. Malgré tout, ce quelque chose était. Ce n’était pas là, puisqu’il n’y avait pas de là. Mais c’était. Ce quelque chose était plus ou moins quelqu’un : Yves Hector Walter Henri, c’est comme ça que personne ne l’appelait – personne n’existait et de toute façon le son non plus – On peut dire aussi que c’est plus simple de le nommer YHWH, au moins par écrit.

En ce temps-là, il n’y avait pas de temps – on vient de le dire – et il n’y avait pas plus de jour que de nuit. Il n’empêche qu’un jour quand même, la chose qui était en fait un être (et qu’on n’a jamais baptisé, forcément, mais qui s'appelle quand même YHWH), inventa à toute vitesse un langage, pour se dire qu’il était temps de faire un truc bien.
Mais comme il n’y avait rien, les références lui manquaient. Il devait tout inventer. Il faut bien commencer par quelque chose, YHWH conçoit et réalise son premier ouvrage : les cieux. On ne sait toujours pas trop à ce stade, où on peut situer l’action. Disons que c’est ici. Enfin, là, autour. Une fois les cieux posés, il fait la Terre et la place juste en dessous. Pas bête : le contraire aurait changé la donne. On lit dans un vieux livre assez connu, mais je ne vais pas faire de pub à la concurrence en le nommant, qu’à cette époque la Terre était informe, vide et dans les ténèbres. Mais l’esprit du concepteur pouvait enfin se mouvoir au-dessus de quelque chose. Ah oui, important, la Terre était vide, mais il y avait quand même de l’eau.
Voyant qu’on n’y voyait rien, YHWH fabriqua la lumière. « C’est bon ça », il se dit. Et il garda la lumière, en prenant bien soin de garder aussi les ténèbres. Peut-être un souci d’économie ? Bref, lumières, ténèbres, il va simplifier et appeler ça jour et nuit.

Et puis, fort de ses petits succès, il se lança dans un truc plus compliqué. Attention. On a dit que la Terre était vide et informe, mais avec de l’eau dedans. Le créateur, qui y voyait désormais un peu plus clair, décida de séparer l’eau de l’eau par quelque chose de sec. Il inventa la terre sans majuscule. Il mit de l’eau au-dessus et de l’eau en dessous. L’eau du dessus, il appela ça le ciel, et ce qui est en dessous, les mers. Ça a dû changer un peu depuis, parce qu’on a du mal à reconnaître le schéma aujourd’hui. En tout cas, c’est comme ça qu’il voyait les choses.
Un peu de couleurs, ça ne nuit pas, il créa les trucs qui poussent. La prairie, les arbres, les fraises, les bananes, les orties, la ganja… tout.
Mine de rien, ça faisait quatre jours qu’il bossait sur son projet. Il se dit alors que la lumière, c’était bien, mais que ça ne devait plus venir de nulle part. Donc il inventa le Soleil, la Lune, et pour faire joli, les étoiles.
« Bien beau, mais pas très animé », se dit YHWH.
Pour s’échauffer, il créa les poissons et les oiseaux. Il les fit stupides. Et comme ils étaient faits cons, ils se sont vite multipliés. Voyant qu’il était dans une période de réussite, il enchaîna avec les animaux terrestres, les reptiles et le bétail qui n’appartenait pas encore au règne animal à ce moment-là, si on en croit le vieux livre.

Fin prêt, YHWH se lança dans la réalisation de son master piece. Et en effet ça allait être vraiment super. J’en suis le descendant direct, d’ailleurs. Si ce n’est pas une preuve…
Donc, pour s’occuper un peu de ses autres créations durant ses absences, nourrir les bêtes, arroser le gazon, cueillir les fraises… YHWH entreprit de faire un homme. Une sorte d’animal, mais plus à l’image de son créateur. YHWH se tâta, pour voir un peu comme il était fait lui-même. « Là le nez, là un pied, mmoui… oreilles, mentons, croupion… » comme ça, de tête, il façonna un premier bonhomme. Un chef d’œuvre. Grand, costaud, pas un poil de graisse en trop, des cheveux faciles à coiffer, type caucasien, il était parfait.
Franchement, pour dire qu’il l’avait fabriqué avec de la poussière, YHWH pouvait être content de son travail. Il lui souffla dans les narines pour le faire marcher.
(C’est sûrement là, qu’on a chopé toutes les bestioles, les bactéries qui grouillent là-dedans.)
Il le plaça dans un jardin, un emplacement de choix, terrain clos arboré, vue imprenable sur la campagne, possibilité d’aménagements ultérieurs.
Après quelques recommandations techniques sur l’entretien des cultures et des bestiaux, YHWH précisa au jeune homme qu’il pourrait prendre tout ce qu’il voulait, mais il ne devait surtout pas toucher à un arbre précis, celui que le créateur se gardait pour lui. Comme il était sérieux et grave en le disant, Primo (on va l’appeler comme ça, c’est pratique) l’écouta attentivement. Et puis il partit gambader dans ses terres en imitant un cheval au trot. YHWH qui le regardait, pensif, caracoler en se tapant sur la fesse, se dit qu’il n’allait pas le laisser seul trop longtemps.
Et puis tout ce travail que je lui donne, pensa encore le créateur, il ne va pas s’en sortir. Il lui faut une aide. Quelque chose dans son genre, mais pas tout à fait comme lui. Une créature servile et dévouée, dotée d’une intelligence presque humaine.

YHWH avait beaucoup bossé ces derniers (et premiers) jours, on peut comprendre que son jugement ait alors été un peu brouillé, toujours est-il qu’il commit une erreur de genèse.
Il plongea Primo dans un profond sommeil en lui racontant une histoire avec de la magie. Et quand l’innocent fut inconscient, le créateur lui piqua un côté. (Je sais, je sais, mais si quelqu’un vous dit autre chose, c’est qu’il lit très mal l’araméen.) Et de ce côté, donc, il bricola une nouvelle créature inédite qui ressemblait un peu à Primo, mais avec des différences pas inintéressantes.
À son réveil, ces différences, Primo les vit. Si c’est un homme, dit-il, je veux bien qu’on me la trempe dans le café !
Lui aussi manquait un peu de repères.
Bon, il décida, puisque c’est un job que YHWH lui avait confié, de donner un nom à sa moitié. Il la nomma Bibiche.
C’était super bien. Ils passaient du bon temps. Et ils n’avaient même pas froid.
Et puis là, ça se complique pour eux. Le patron leur avait bien dit de ne pas toucher à cet arbre, là-bas, parce que c’était comme ça. Mais puisque Primo et Bibiche avaient plein d’autres arbres pour eux, ils s’en fichaient pas mal.

Il paraît que c’était l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le bien et le mal. Parce que discrètement, il avait quand même inventé le mal.  Et pourquoi un mec qui peut tout a eu besoin de coller un arbre là au milieu, sous le nez des petits jeunes ? Puisque cet arbre était réservé au créateur. Il avait peur d’oublier, peut-être, ce qui était bien ou mal.
On touche pas cet arbre et puis c’est tout. No problemo. Pour les amoureux, c’était cool.
Hélas, un sale type traînait par là. On ne sait plus très bien d’où il venait, vu que pas longtemps avant, il n’y avait rien ni ici, ni ailleurs. En fait il était probablement issu d’une expérience manquée antérieure du créateur. Ce type était diabolique, il prit la forme d’un serpent. Vous savez, un serpent.
Là, ça s’enchaîne. Le serpent drague Bibiche à mort, le fruit défendu (« mais goû-teu ! je te dis que c’est vachement bon »). L’autre qui goûte comme une gourde. Le boss super énervé qui pète un plomb : « Je peux trop pas vous faire confiance, alors vous dégagez ! ». « Surtout toi, la grosse pouf, alors tu prends ton blondinet et tu te casses ! ». « Et puis tu sais quoi, pour te punir tu auras super mal chaque fois que tu feras un môme, et pareil pour tes filles ». « Je le savais bien que tu ferais une connerie, c’est pour ça que j’ai inventé le mal ! ». « Ah oui, aussi, tous les deux, là, Shirley et Dino, je vous ai pas dit pour pas vous foutre la honte, mais je vous annonce que vous êtes à poil. Hin hin hin, shame on you ! ».
Puis le créateur, toujours en rogne, se tourna vers le serpent et lui tint à peu près ce langage : « Toi, c’était pas ton jour enfoiré ! Tu vas déguster. Pour t’apprendre à jouer les fromages tu passeras ta vie sur le ventre et tu ramperas pour te déplacer ». À ces mots, le serpent – trop dég’ – qui se tenait jusque-là debout tout droit sur le bout de sa queue, tomba à terre et fila en se tortillant comme un diable. On pourrait aussi dire le contraire.
Primo et Bibiche, quant à eux, partirent dans un autre coin, où ils purent se faire des trucs sexuels sans avoir l’autre sur le dos.
Ils eurent des enfants, elle eut vachement mal mais apparemment pas assez pour que ça l’arrête. Et leurs enfants eurent plein d’enfants, je ne veux pas savoir comment, mais j’aimerais bien savoir avec qui.


Bertrand Baumeister

 


L'OZ dans les médias


Le secret en question
Florent Martin de l’Observatoire zététique participait récemment à une excellente émission sur la radio suisse, CQFD, consacrée aux « faiseurs de secret », autrement appelés « coupeurs de feu » : 

« Les faiseurs de secret, ce sont ces hommes et ces femmes qui prétendent soigner à distance les brûlures, les hémorragies et autres verrues. Est-ce que ça marche ? Est-ce que c'est un pur effet placebo ? Qu'en disent la science et la médecine ? »

Intervenants : Georges Delaloye, faiseur de secret, Clare Guillemin, cancérologue spécialisée dans la radiothérapie, Yannick Mercier, directeur médical à l’hôpital du Jura, médecin-chef du Service d’anesthésiologie, Florent Martin, membre de l’observatoire zététique, et l’ethnologue Magali Jenny.

A écouter ici.

 

 



La menace silencieuse des sectes

Africa n°1, la plus importante des radios africaines francophones, proposait Mardi 10 décembre 2013 un débat sur le thème des sectes et des religions. Les invités : Xavier Martin-Dupont (webmaster du site www.prevensectes.com), l'avocat et pasteur Dominique Kounkou, et l'ami Roger Gonnet, militant anti-sectes (www.antisectes.net), ancien cadre de l’Eglise de Scientologie.


Le podcast de l'émission est disponible ici : http://www.africa1.com/spip.php?article38539

 

 



Faut-il croire aux horoscopes ?
Le 27 décembre 2013, Serge Bret-Morel, ex-astrologue et membre de l’Observatoire zététique intervenait sur Europe 1 dans l’émission Le grand direct des médias animée par Thomas Joubert, qui avait pour thème « Faut-il croire aux horoscopes ? ».

L’extrait est disponible ici.

 

 

ACTUALITÉS


Procès gagné pour Sophie Robert
Nous avions relaté dans de précédentes newsletters [1] les déboires de Sophie Robert, réalisatrice du film intitulé Le mur, la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme.
Bref rappel des faits : ce documentaire, qui présentait le témoignage de plusieurs psychanalystes sur leur manière d'aborder les troubles autistiques, a été réalisé en 2011 et diffusé sur le site d’Autistes Sans Frontières, avant d’être censuré en janvier 2012 suite à l’attaque en justice de trois des psychanalystes de L'Association de la Cause Freudienne qui estimaient avoir été piégés. Sophie ROBERT avait fait appel de cette décision. Le procès en appel s’est tenu le 8 novembre 2013, et, près de deux ans après le jugement de première instance, le verdict vient  de tomber : Sophie Robert est relaxée [2]. Le Mur est donc à nouveau disponible en ligne
Nous vous invitons, si ce n’est déjà fait, à visionner cet excellent documentaire, et à le diffuser largement.


Franck Villard

Notes
:
[1] Documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » : les psychanalystes jettent le masque, Brigitte Axelrad, POZ n°72, novembre 2011 (http://www.zetetique.fr/index.php/nl/341-poz-nd72#actualite), et Sophie Robert perd son procès, Jean-Louis Racca, POZ n°74, février 2012 (http://www.zetetique.fr/index.php/nl/368-poz74#actualite).

[2] A lire à ce sujet l'article de Brigitte Axelrad sur le site de l'AFIS, Psychanalyse et autisme : levée de l’interdiction du documentaire « Le Mur (http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2265). L'intégralité du jugement est disponible ici : http://blogs.lexpress.fr/the-autist/files/2014/01/DECISION-LE-MUR.pdf




Stromae et la zététique
Artiste atypique qui cartonne actuellement avec son album Racine carrée, Stomae a récemment confié son attrait pour… la zététique.
Le chanteur belge a en effet déclaré en août 2013 au magazine l’Express : « Je n’ai lu qu’un seul livre pendant que je composais : Comment déjouer les pièges de l’information ou Les règles d’or de la zététique, d’Henri Broch », confiant même au Figaro qu’il s’agissait de son livre de chevet. « Un livre scientifique que l'on peut appliquer à la vie quotidienne. Il permet, notamment, de s’affranchir du prêt-à-penser. » Formidable !



DOSSIER : Le Roi Arthur : histoire ou fiction ?

 

Le Roi Arthur a-t-il existé ? On ne compte plus les articles et chapitres d'ouvrages commençant par cette question. On nous pardonnera d'ajouter, à cette longue liste, une nouvelle notule destinée à présenter les sept théories modernes qui prétendent expliquer la source de la légende arthurienne [1]. Car l'avis que se sont fait les historiens sur l'origine de la légende du Roi Arthur a évolué à travers le temps et, encore aujourd'hui, le point n'est pas tranché.

Première théorie : le roi Arthur a réellement existé à l'époque où les Bretons faisaient face aux invasions saxonnes, autour de l'an 500. Lorsqu'il écrit son Histoire des Rois de Bretagne, vers 1137,  Geoffroy de Monmouth présente Arthur comme un personnage parfaitement historique, sous les traits d'un roi puissant, conquérant trente royaumes, envahissant la Gaule et lorgnant sur les richesses de Rome. Cet ouvrage aura un grand succès au Moyen-Âge et sera la source de nombreuses mentions d'Arthur dans des ouvrages historiques, parfois aussi tardivement qu'au début du XIXè siècle. Mais le livre de Geoffroy a toujours été très contesté [2] et il a surtout le défaut de raconter l'histoire d'Arthur plus de cinq siècles après les faits supposés. Or, avant Geoffroy, on ne trouve que quelques rares mentions d'Arthur, toutes postérieures au VIIIè siècle. Aucune trace d'Arthur ni chez Gildas, ni chez Bède, ni chez Grégoire de Tours qui auraient tous dû en parler si le personnage avait été moindrement connu. La théorie semble donc ne pas pouvoir résister à l'analyse critique.

Deuxième théorie : Arthur a existé mais n'était ni empereur ni roi. Si Arthur ne peut avoir été le roi puissant du Vè siècle décrit dans les légendes, ne peut-il pas avoir été un obscur guerrier du Vè siècle, inconnu de la plupart de ses contemporains, mais dont les exploits auraient été montés en épingle au cours des siècles par la magie de la tradition orale ? Dans les faits, l'hypothèse est gratuite puisque les textes de l'époque ne parlent jamais d'Arthur, et que les recherches archéologiques n'ont jamais apporté d'éléments probants pour appuyer l'existence du personnage. Cette théorie n'est d'ailleurs défendue que par des chercheurs persuadés qu'à la base de toute légende se trouve un événement ou un personnage historique.

Troisième théorie : Arthur regroupe sous son nom plusieurs personnages historiques. Geoffroy de Monmouth laisse entendre, dans son Histoire des Rois de Bretagne, que le Roi Arthur avait débarqué sur le continent pour conquérir Rome à une époque située entre l'an 468 et l'an 474. Or, vers 470, un chef breton nommé Riothamus se battait effectivement en Gaule [3]. Certes, ce Riothamus était un allié des Romains et se battait contre les Wisigoths, mais le débarquement, en 383, d'un autre personnage historique vivant en Bretagne, l'usurpateur Maxime, pourrait avoir suggéré les batailles d'Arthur contre les troupes régulières de Rome. Enfin, les combats d'Ambroise Aurèle au Vè siècle, contre les Saxons, auraient inspiré ceux, légendaires, d'Arthur. La légende d'Arthur se serait ainsi construite sur des emprunts à diverses chroniques historiques.

Quatrième théorie : Arthur est un personnage historique mais il vivait en d'autres temps et en d'autres lieux. Et cela explique le mutisme des anciennes chroniques sur ce héros. On l'a ainsi rapproché de plusieurs personnages du Nord nommés Arthur. On a aussi voulu voir en Lucius Artorius Castus, officier romain vivant en Bretagne au IIè siècle, le vrai roi Arthur. Cette dernière hypothèse, qui date des années 1920, a eu quelques rares défenseurs en son temps mais a aujourd'hui rendu les armes faute de combattants.  

Cinquième théorie : La légende d'Arthur est originaire du nord de la Grande-Bretagne. Plus de prétention à l'historicité avec cette théorie dont les tenants font d'Arthur un personnage légendaire des traditions anciennes propres à l’Écosse de l'époque des Pictes. Selon ces chercheurs, les légendes de Merlin et du chevalier Tristan seraient aussi originaires des montagnes du Nord. Ces hypothèses reposent sur des éléments non négligeables [4] mais peinent néanmoins à convaincre car étant systématiquement contredites par les textes connus : dans tous les manuscrits, Arthur a effectivement des liens avec le Nord mais il reste un Breton.

Sixième théorie : Arthur est un personnage légendaire du folklore brittonique voire de la mythologie celtique. Ainsi Arthur serait à l'origine une divinité (une sorte de dieu-ours, ont proposé certains) qui aurait pris forme humaine au fil du temps. Cette théorie s'appuie surtout sur l'impossibilité de prouver l'historicité d'Arthur mais de nombreux motifs que l'on rencontre dans les romans arthuriens trahissent l'utilisation, à diverses époques, de sources celtiques [5]. Le problème de cette théorie est que des idées parfois brillantes se retrouvent noyées dans une foisonnante littérature digne des celtomanes du XIXè siècle.

Septième théorie : Arthur est la version bretonne du héros Heraklès. Les Romains avaient emprunté à Héraklès les traits de leur Hercule, ce dernier n'a-t-il pas servi de modèle pour le puissant héros breton ? Certes, au Moyen-Âge les Gallois connaissaient Hercule qu'ils appelaient Ercwlf [6] mais cela n'empêche pas qu'ils ont pu emprunter aux textes de l'Antiquité les éléments constitutifs d'un nouveau personnage.  La naissance merveilleuse d'Arthur est, d'une façon évidente, empruntée à celle d'Hercule, ses douze batailles répondent aux douze travaux, il poursuit les mêmes monstres que son glorieux prédécesseur, jusqu'à son dernier séjour - l'île d'Avalon – qui subit nettement l'influence méditerranéenne. Les légendes de Tristan et du Graal, qui se constituent entre la fin du XIIè siècle et la fin du XIIIè siècle, empruntent elles aussi beaucoup, et parfois de façon grossière, aux textes antiques, ce qui confirme l'utilisation de cette source dans le développement de la légende arthurienne tout en suggérant une continuité dans le procédé. La création du personnage d'Arthur comme un nouvel Hercule breton pourrait dans ce cas dater de l'Antiquité.

Cette énumération de théories est révélatrice à la fois de l'intérêt pour le personnage d'Arthur et de la difficulté de mettre en avant des témoignages écrits et archéologiques pour la période concernée. La vérité est d'ailleurs peut-être dans un subtil mélange de ces hypothèses. Ainsi, les emprunts évidents aux légendes brittoniques médiévales et aux textes de Virgile ou d'Ovide n'empêchent en rien l'existence d'une source historique ou mythologique ancienne, non plus que la réutilisation du nom Arthur. Loin d'être une source de contradiction, la multiplicité des théories ouvre donc des champs de recherche encore inexploités.

Goulven Péron


Notes :
[1]  Nous prenons pour base l'article de Mark Adderley et Alban Gautier, intitulé « Les origines de La Légende arthurienne : six théories » (Médiévales 59, automne 2010, p. 183-193), qui a le défaut d'oublier l'hypothèse de l'origine gréco-latine du mythe arthurien, une théorie esquissée par Edmond Faral au début du siècle dernier.  Nous l'ajoutons donc ici.

[2] Y compris par ses contemporains et on sait aujourd'hui que Geoffroy a effectivement beaucoup inventé. Pour les sources de l'Histoire des Rois de Bretagne, voir Tatlock, The Legendary History of Britain, University of California, 1950, ou Faral, La légende arthurienne, Paris, 1929, 3 volumes.

[3] Léon Fleuriot analyse cette question dans son ouvrage sur les Origines de la Bretagne, éditions Payot, 1980, mais elle est surtout connue à travers l'ouvrage de Geoffrey Ashe, The Discovery of King Arthur, Anchor Press, 1985

[4] Le nord de la Grande-Bretagne est en effet une terre fertile pour les légendes arthuriennes. Sur ce sujet voir notre Dictionnaire des lieux arthuriens, Ar Strobineller, 2013.

[5] Sur ce sujet, voir Loomis, Arthurian Litterature in the Middle Ages, Oxford, 1959, et le plus récent Arthur of the Welsh, Cardiff, University of Wales Press, 1991.

[6] Bromwich, Trioedd Ynys Prydein, Cardiff, 1961. Un bon aperçu des connaissances que pouvaient avoir les auteurs médiévaux, qu'ils soient français, bretons, anglais ou gallois, de la mythologie gréco-latine, se voit chez Dain, Mythographe du Vatican I, II & III, aux Presses Universitaires de Franche-Comté, ou chez Chamonard, Les Métamorphoses d'Ovide, Garnier Frères, 1966.

 

AGENDA

 

Conférence à Fontaine (38) : Illusionnisme et impostures

Le cycle de conférences Remue-méninges (Rencontres-débats autour de questions de société) proposé par le service culturel de la municipalité de Fontaine se poursuit en 2014.

La prochaine conférence zététique animée par l'OZ s’intitule : Illusionnisme et impostures. Florent Martin y révélera les trucs utilisés par certains « gourous » pour faire croire à d’authentiques pouvoirs surnaturels. Torsion de métal par la force de la pensée, télékinésie, magnétisme, apparitions en tous genres, fantômes ou voix venues de l’au-delà, hypnose… vous aurez même droit en direct à une véritable opération de chirurgie à main nue (attention, saignant) !

Mercredi 29 janvier 2014 à 20h00

Hôtel de Ville de Fontaine
89, mail Marcel Cachin
38600 Fontaine

Entrée libre et gratuite

 

Retrouvez les événements sceptiques dans l’Agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE

 

La médecine postmoderne prend le pouvoir
Jean Brissonnet
Éditeur : Books on Demand
168 pages - 14,90 €
Date de parution : 26 juillet 2013

Cet essai est le résultat d'une réflexion de l'auteur sur le positionnement actuel des médecines non conventionnelles. Les informations qu'il a pu recueillir pendant plus de 15 années de travail sur ce sujet l'amènent aujourd'hui à reconnaître, avec beaucoup d'autres, que la première cause de succès des médecines « non conventionnelles » est le dysfonctionnement de la pratique médicale d'aujourd'hui. On n'adhère pas aux médecines non conventionnelles pour ce qu'elles sont (on ne le sait généralement même pas), on y adhère par rejet de la médecine conventionnelle qui n'est devenue qu'une technique, pratiquée trop souvent de manière froide et déshumanisée. C'est pourquoi il paraît nécessaire de comprendre comment la médecine moderne a évolué et pourquoi elle est en train de subir les assauts d'une médecine postmoderne qui a bien l'intention de la supplanter et qui est parfois en passe d'y parvenir.

Jean Brissonnet est agrégé de physique honoraire.
Il a été vice-président de l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) et a présenté de nombreuses conférences sur les médecines non conventionnelles.
Il est l’auteur des livres « les pseudo-médecines, un serment d’hypocrites » (Book-e-book, 2003) et « Les médecines non conventionnelles ou les raisons d’une croyance » (Book-e-book, 2009). Il a créé et développe le site : www.pseudo-médecines.org.

 

 

 



La rentrée Book-e-book
Poursuivant son aventure éditoriale, la maison d'édition Book-e-book dirigée par Henri Broch fait sa rentrée avec deux nouveaux numéros dans la collection « Une chandelle dans les ténèbres ».
Au menu : ovnis et comètes. Book-e-book vous propose de mettre le nez en l'air et de lever les yeux au ciel, en gardant, bien sûr, les deux pieds sur terre et l'esprit critique affuté.
Avec un peu de chance, vous y découvrirez peut-être des ovnis... avec l'œil averti du chasseur après lecture du livret de Jean-Louis Drouot « OVNI dans nos cieux. Comment les reconnaître ? » dans lequel il nous dévoile les secrets de leur observation.
Si vous préférez les aventures humaines à celle des extra-terrestres, vous vous délecterez alors avec « Ces horribles et épouvantables comètes. Petites histoires des grandes peurs ». Jean-Louis Heudier y relate les grandes frayeurs occasionnées par les apparitions historiques des comètes dans notre ciel, les croyances, légendes et les mythes que leurs apparitions et leur forme ont suscités depuis la nuit des temps, avant que les astronomes n'en dévoilent les secrets... et parfois même après.



OVNI dans nos cieux
Comment les reconnaître ?

Jean-Louis DROUOT
Éditeur : Book-e-book
Collection : Une chandelle dans les ténèbres Numéro 25
86 pages - 11 €
Date de parution : 1er septembre 2013

« - Tu ne vas pas le croire : hier soir, en revenant de chez Marc, j'ai vu un OVNI !!
- Non ? Sérieusement ? Raconte !
- Il était 3h du matin, à peu de chose près... c'était juste au-dessus des Champs, pas loin de l'Arc de Triomphe. Comme un disque jaune, ovale, pâle et mystérieux...
- On dirait la Lune, non ?
- Tu me prends pour une gourde ? J'ai déjà vu des lunes, je sais ce que c'est !
- Un ballon, alors ?
- Non, il y avait du vent mais ça ne bougeait pas. En plus, il n'y avait pas de câble, et c'était pas rond.
- Une lanterne chinoise ! Tu y as pensé ?
- Ne dis pas n'importe quoi ! La Chine, c'est beaucoup trop loin !
- Je ne sais pas, moi... un nuage, alors ?
- Mais non, bon sang ! Pourquoi tu cherches ? ... Je te dis que c'était un OVNI !
- Comment peux-tu en être sûre ?
- J'en ai vu à la télé. Ceci dit, j'ai pas vu ses passagers...
- Quels passagers ?
- Mais tu le fais exprès, ou quoi ? Les extra-terrestres ! Dans les OVNI, il y a toujours des extra-terrestres.
- Toujours ?
- Qu'est-ce que tu veux qu'il y ait d'autre ? ... »

J'en ai vu. Vous aussi... Tout le monde en a vu !
Les OVNI peuplent notre ciel, pour qui veut bien se donner la peine de lever les yeux. Ensemble, apprenons à les reconnaître ! La plupart d'entre eux n'ont rien d'étrange, mais vous étonneront pourtant. Quant aux autres... que sont-ils ? Nombreux sont ceux qui prétendent le savoir... Et si vous vous faisiez votre propre idée ?



Ces horribles et épouvantables comètes
Petite histoire des grandes peurs

Jean-Louis HEUDIER
Éditeur : Book-e-book
Collection : Une chandelle dans les ténèbres Numéro 26
84 pages - 11 €
Date de parution : 1er septembre 2013

Comprendre le « pourquoi » du « comment », notre esprit curieux ne s'en lasse pas. Mais cet exercice souvent salutaire peut aussi nous nourrir d'illusions, ou même nous entraîner sur les pentes de l'irrationnel.
Le spectacle du ciel intrigue par son inaccessibilité et rassure par sa permanence. Lever la tête, c'est voir la même chose que tous. Le ciel est donc fédérateur et rassurant.
Lorsque le calme spectacle des étoiles est altéré par une apparition inattendue, on s'inquiète, on s'interroge. Le ciel, inaccessible, étant par nature le domaine des dieux, on imagine volontiers qu'ils nous envoient des signes par ces apparitions insolites.
Parmi ces apparitions, les étoiles chevelues, astérès cométès pour les Grecs, ont joué un rôle très particulier. Dès l'Antiquité, certains expliquaient qu'il fallait poursuivre le travail et que les mystères de ces apparitions seraient un jour dévoilés. Toutefois, pour le plus grand nombre, les signes du ciel obligeaient à la résignation et à la soumission.
Il fallut effectivement accumuler les observations, les réflexions, les hypothèses et les calculs pour, bien lentement, transformer ces prodiges en choses réelles.
Le lent travail de découverte entretenait le mystère. Les craintes, peurs et fantasmes liés aux comètes se répandirent dans toutes les cultures. De nos jours encore, alors que l'exploration de ces petits astres commence à nous révéler les processus d'évolution des étoiles et de l'éclosion de la vie, les apparitions de comètes continuent de provoquer peurs et délires en tous genres.
Ce livret raconte près de 2 700 ans de recherches, de peurs, de découvertes, de succès et d'erreurs qui nous amènent à l'heure des rendez-vous spatiaux... mais ne nous ont pas débarrassés des délires eschatologiques et des gourous messianiques.

 

 



Rennes-le-Château : Tome Sang
Eric MANEVAL
Éditeur : Terre de Brume
Collection : Polars Et Grimoires
224 pages - 13,80 €
Date de publication: 16 mai 2012

De toutes les légendes de trésor, celle de Rennes-le-Château est la plus belle. Car elle est vraie ! C'est du moins ce que pensent les milliers de visiteurs à affluer chaque année dans le village de l'abbé Saunière. « RLC » pour les initiés, aura même inspiré Dan Brown et son « Da Vinci code ». Mais quelle fabuleuse découverte aurait faite le curé, un siècle passé ? Le butin des Wisigoths ou l'or des Templiers ? L'héritage des cathares ou la filiation de Jésus ? Quand Luc Schaeffer et Aurore Saintal, à peine débarqués de Bretagne, décident de s'installer en terre audoise, ils ignorent tout du « grand secret » planant sur la vallée. Lui, l'ancien baroudeur, elle, l'étudiante en psycho dépressive, n'ont qu'un but : démarrer une nouvelle existence. Deux ans plus tard, Aurore, enceinte, a disparu. Luc va apprendre que le mystère de Rennes-le-Château est bien peu de chose en comparaison de la malédiction frappant qui s'en approche. Seul sur le pic de Bugarach, il songe à ceux qui veulent le faire taire et empêcher l'humanité d'accéder à la vérité. Face à eux, il ne lui reste que la foi en son amour perdu. Et la dynamite ! Sous l'oeil du narrateur, petit libraire et curieux homme. Qui a tout vu. Tout entendu…



Entretien avec l'auteur Eric Maneval

Jérémy Royaux :
Bonjour Eric Maneval. Tout d'abord, je te remercie de m'accorder cette interview. Nous nous sommes rencontrés lors de discussions entre sceptiques et zététiciens. J'ai alors découvert ton dernier livre, « Rennes-Le-Château : Tome Sang », qui est un roman, pour reprendre tes dires, « zététique ». On va en parler dans quelques instants, mais avant cela, pourrais tu expliquer comment tu en es arrivé à t'intéresser à la zététique ainsi qu'aux mystères liés à Rennes-Le-Château ?

Eric Maneval : Bonjour Jérémy. Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à ce foisonnant sujet, et bien avant d'avoir le projet d'écrire, il m'est clairement apparu qu'il allait me falloir une méthode pour analyser les multiples faits et interprétations qui surviennent en cascade dès lors qu'on met le pied dans l'histoire du village de Rennes-le Château. Ayant habité une vingtaine d'années sur les lieux, où j'exerçais la noble mais aléatoire profession de bouquiniste, je rencontrais régulièrement de nombreux « chercheurs » qui étaient aussi mes clients. Je les écoutais avec grand intérêt, intérêt plutôt porté sur leur psychologie et le potentiel littéraire de leur théories que sur la validité de leurs multiples assertions (certains étaient des gens connus dans le milieu de l'ésotérisme, Rennes-le-Château étant une terre de pèlerinage pour tous les occultistes). Lorsque le projet d'écriture s'est concrétisé, suite à la rencontre du directeur de collection Renaud Marhic (auteur de nombreux essais sur les pseudosciences, les ovnis, le New Age), il était convenu, et c'est l'objet de la collection « Polars et Grimoires » ( dont d'autres ouvrages traitent par la fiction de la bête du Gévaudan, de la forêt de Brocéliande etc...) que le texte devait scrupuleusement respecter les faits et se baser uniquement sur ce qui était historiquement avéré, avec textes et documents à l'appui ; une approche zététique s'est imposée, en contrepoint d'une liberté littéraire. Je dis « s'est imposée » car, dès lors qu'on traite de sujets aussi divers que les ovnis, l'histoire religieuse, les templiers... et que l'on fait quelques recherches sur internet, on arrive (et heureusement) sur quelques pages où le terme zététique est employé.

JR
: Plusieurs personnages de ton livre ont un comportement inquiétant. Au fur et à mesure, ils se perdent dans leur quête du mystère de Rennes-Le-Château et les conséquences au niveau de la réalité ne semblent pas les pousser à se remettre en question. Toi qui as connu cette région, as-tu rencontré beaucoup de gens qui étaient comme ces personnages ?

EM
: Oui, j'en ai rencontré beaucoup issus de milieux très différents. Il est vrai qu'il parait impossible qu'ils puissent se remettre en question. Mais j'en rencontre aussi à Marseille (où je réside à présent) et on en rencontre partout. Certains ont perdu leur situation, leur famille, ont vendu leur maison pour financer leurs recherches. D'autres viennent pendant les vacances arpenter fiévreusement les montagnes, mais travaillent leurs hypothèses tout le reste de l'année. Certains voient ça comme une chasse au trésor, d'autres comme une sorte de jeu vidéo initiatique, mais il y en a sur qui le mystère a opéré un envoûtement définitif. Je n'y habite plus mais il est possible que depuis le « Da Vinci Code », ses cohortes de lecteurs et la guignolade de Bugarach, le mystère ait perdu, ou du moins ait vu, à force d'exploitation médiatique, sa force attractive diminuer ou se modifier, (le chercheur se retrouvant moins seul qu'il y a une dizaine d'années).

J
R : Dans ton livre, Jipé, le bouquiniste local, assiste au déroulement progressif de l'histoire qui se joue entre les différents personnages. Progressivement, il se retrouve entraîné dans l'intrigue un peu malgré lui. As-tu vécu quelque chose de semblable lors des nombreuses rencontres que tu as faites avec tous ces gens captivés par les mystères de Rennes-Le-Château ?

EM :
Oui, quelque chose de semblable au récit. Les « chercheurs », du moins ceux que j'ai rencontrés, sont à la recherche d'oreilles attentives. Les miennes l'étaient pour trois raisons : un attrait littéraire pour le fantastique, le mystérieux, le fabuleux, un attrait d'analyste des modes de raisonnement mais aussi un attrait commercial et bibliographique car je faisais commerce de livres et de documents sur l'affaire, certains étant très recherchés, certains se revendant très chers, certains restant totalement introuvables (pour la simple raison qu'ils n'existent pas !). J'ai donc beaucoup écouté, suivi certains dans leurs recherches, plus par goût de l'aventure et de l'inattendu que par intérêt réel pour le mystère. Alors effectivement, je me suis retrouvé dans de drôles de situations, à visiter des bases extraterrestres (que seul mon hôte du moment voyait), à aller chez des gens qui avaient quelque chose de prodigieux à me montrer ou à me vendre, à me retrouver invité dans des communautés mystiques, à rencontrer quelques ermites possédés par les lieux, mais aussi à revoir certains de ces passionnés sur le marché de Limoux, en permission de sortie de l'hôpital psychiatrique. Cependant, je crois m'en tirer mieux que mon personnage, mais qui sait !

JR
: En guide de conclusion par rapport à ton livre, qu'aurais-tu envie de dire aux lecteurs sceptiques, zététiciens et autres qui vont découvrir cette interview ?

EM :
Derrière la fiction et le rocambolesque, il y a un travail sérieux de démystification. Le sceptique qui s'est déjà intéressé à l'histoire n'apprendra peut-être pas grand chose, encore que certains faits soient assez peu connus. Le béotien, celui qui découvre les lieux et son histoire, gagnera un temps fou à lire mon livre (parmi les 600 parus sur l'affaire) avant d'exercer son esprit critique sur des points plus précis de cette passionnante histoire. J'espère être parvenu à montrer comment « l'apocalypse de Bugarach » avec cette scène ahurissante de journalistes internationaux attendant je ne sais quoi la nuit du 21/12 (n'était-ce pas l'apocalypse du journalisme ?) prend sa source un siècle plus tôt, lorsque un curé arrive dans une paroisse déshéritée et son église en ruine, ou comment, 50 ans plus tard, ce qui n'était au départ qu'un canular va devenir une véritable mystification. J'essaie aussi, par la fiction, de montrer comment on peut tomber dans le piège et quelles peuvent en être les conséquences.

J
R : Merci beaucoup Eric de m'avoir accordé cette interview. Le lecteur pourra se procurer ton livre sur les sites habituels. Il pourra aussi découvrir tes autres livres puisque celui qu'on vient de présenter est le troisième. Tu es aussi l'auteur de deux polars : Retour à la nuit, aux éditions Ecorce,  ainsi qu'Eaux, aux éditions de l'Agly.

 


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Cette newsletter a été préparée par Virginie Bagneux, Cyrille Bareau, Bertrand Baumeister, Serge Bret-Morel, Florent Martin, Goulven Péron, Jérémy Royaux et Franck Villard.

Mise à jour le Dimanche, 17 Mai 2015 18:13
 
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