Page principale Newsletters

Inscription à notre newsletter




POZ n°78 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Mercredi, 01 Mai 2013 00:00
Mai 2013 / Newsletter 78

 

 

Édito

Les nouvelles de l’OZ
- Enquête : la route magique

Actualités
- la panthère de Villeneuve-Loubet
- Le dernier rapport de la MIVILUDES
- Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger

Dossiers
- Droit de réponse de l'association EMDR France
- les précisions de Brigitte Axelrad suite au droit de réponse de EMDR France

Culture et zététique
-
500 ans d'impostures scientifiques
- Les sciences, ça nous regarde : Histoires surprenantes de nos rapports aux sciences et aux techniques
- Notre calendrier - Une sacrée histoire !
- Causes toujours ! Les pièges de la causalité

Agenda
- Réunion mensuelle de l'Observatoire zététique
-
Prochaine conférence de l'OZ à Fontaine : Le traitement médiatique de l'information scientifique
- Conférence : Les ravages des faux souvenirs ou la mémoire manipulée en thérapie
- les argumentocs - Sophismes et rhétoriques fallacieuses

Insolite
- Un ange dans le ciel de Floride

 

 

ÉDITO

 

France 2 : la télévision comme grand outil d'éducation des masses.

On n'attend pas de la télévision qu'elle soit uniquement destinée à l'information et à l'éducation. Les programmes de divertissement font la joie des téléspectateurs lorsqu'ils sont de qualité. Parfois même, il est possible de mêler les deux avantages dans une même émission.

Personnellement, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai écouté Aurélie Filippetti, notre ministre de la Culture, faire une apparition dans l'émission de Ruquier, On n'est pas couché (27 avril 2013 sur France 2). Elle y défendait l'importance pour les chaînes du service public de rester un grand outil d'éducation des masses.

Malheureusement, la réalité est bien plus cruelle. Sur le même plateau, le même soir (quelle ironie), l'invitée suivante était Patricia Darré, une médium venue faire la promo de son livre. L'auteur a pu nous expliquer qu'elle communique fréquemment avec Napoléon, Jeanne d'Arc ou Gainsbourg. Elle prétend que la physique quantique explique parfaitement son don de médium et que les esprits des morts habitent dans la onzième dimension dont l’existence a été prouvée par la théorie des cordes. Bref,  un joli festival de prétentions farfelues et pseudo-scientifiques.

Comble de l'embrouille rhétorique, la médium se réclame du scepticisme. Elle dit ne pas être croyante, mais au contraire cartésienne et rationaliste. Elle ajoute « Le doute est sain ».

Les chroniqueurs lui ont consacré beaucoup de temps d’antenne car le sujet est très propice aux bons mots d’esprit un peu moqueurs, la spécialité de cette émission. La dérision est parfois la bonne réaction à tenir devant les prétentions paranormales, mais dans ce cas précis, l'effet a surtout été de mettre la voyante dans la position de la victime, persécutée pour ses croyances, sur la défensive, et du coup on a un peu de la peine pour elle, et le spectateur prend naturellement parti pour l’oppressé contre l’oppresseur.

Il y a mille façons de dénoncer les affirmations farfelues du paranormal, et la moquerie est certainement la pire d'entre elles, car elle est contre-productive et elle place le débat sur le ton de l'affrontement. Un des objectifs majeurs de l'Observatoire Zététique est de lutter contre cette approche basée sur la dérision et de promouvoir d'autres moyens de communiquer sur les pseudo-sciences, des moyens qui, sans compromis, puissent permettre un véritable dialogue.

 

Christophe Michel

 

 

LES NOUVELLES DE L'OZ

 

Enquête : la route magique

Mercredi 1er mai 2013. À l’heure où se lèvent les damnés de la terre et les forçats de la faim dans l’espoir toujours déçu d’entendre la raison tonner en son cratère et de voir l’éruption de la fin, une poignée de zététiciens s’ébrouent en caressant l’espoir d’être les témoins de quelque phénomène insolite.

10 heures 15 : départ de Lyon en direction de la supposée « route magique » du hameau des Robins, sur la commune des Noës, dans la Loire. Cette « côte magnétique » serait similaire à celle de Lauriole, dans l’Hérault, que certaines chaînes de télévision aiment occasionnellement à présenter comme un phénomène des plus spectaculaires : on y aurait l’impression de descendre la route… à ceci près qu’une voiture au point mort reculerait, donnant ainsi la sensation de remonter la pente toute seule. Comme à l’OZ, on aime bien faire des expéditions sur le terrain, on s’est dit que ça vaudrait le coup d’aller constater par nous-mêmes.


Vu sur internet avant notre départ, la route donne effectivement l'impression de monter (Photo de "Pascal").


Certains internautes ont même filmé la scène, que nous essayerons de reproduire.

10 heures 45 : je ne sais pas qui a eu l’idée d’inventer l’A89 – l’autoroute récemment ouverte qui permet de relier directement Clermont-Ferrand à Lyon sans passer par Saint-Étienne – mais elle est bonne (l’idée, s’entend). Les Noës se trouvent dans les premiers contreforts orientaux des monts de la Madeleine, une zone reculée aux confins de la Loire et de l’Allier qui marque la limite avec l’Auvergne. Si c’est à 140 kilomètres de Lyon, que dire de mes petits camarades qui, partant de Grenoble, doivent rajouter 100 bornes de plus juste pour s’y rendre ?

11 heures : déluge. L’apocalypse orageuse s’abat sur notre fière expédition. Tel un Georges Abitbol affrontant les éléments déchaînés sur son vieux rafiot, je fends les flaques de mon fier destrier automobile. À ceci près qu’étant seul à bord, je n’ai pas avec moi mon fidèle second B12 dit « Travers de porc Sel-poivre » pour m’inciter à la vigilance d’un « Mais patron, ce bordel c’est qu’il pleut comme vache qui pisse ! » mâtiné d’une parodie d’accent asiatique. La pluie devient si forte que je dois m’arrêter. Pas grave, j’ai de la marge.

12 heures 10 : Gertrude, cette morue sans cœur censée m’indiquer mon chemin par sa connexion directe avec plusieurs satellites du réseau NavStar et ses triangulations expertes, m’a fait défaut en mélangeant allègrement le hameau des Robins avec un autre lieu-dit de la commune des Noës. Naturellement, point de route magique à l’horizon, ni d’autres zététiciens en goguette d’ailleurs.

12 heures 20 : m’en remettant à la seule force d’un atlas routier, je finis par trouver le hameau des Robins. Les photos trouvées sur Internet montraient un accotement aménagé de pierres et un panneau artisanal « route magique » du plus bel effet. La bifurcation au niveau de la route principale paraît ressembler à l’accotement susmentionné, mais le panneau est absent et la route ne paraît pas le moins du monde bizarre. Je poursuis mon chemin.

12 heures 30 : j’ai fait le tour du hameau et de la route. Deux fois. Il n’y a pas de panneau et ce morceau de route n’a vraiment pas l’air convaincant. Il pleut toujours. Je finis par croiser mes acolytes : deux voitures, quatre adultes et trois enfants. Une minute… des ENFANTS ? Les gars, vous avez obligé vos gosses à sacrifier une journée fériée et à se taper cinq heures de route aller-retour juste pour le grand moment de loose qui se profile ? Vous êtes des monstres. J’appelle la DDASS.

12 heures 40 : la DDASS est fermée aujourd’hui. Comme si la protection contre d’indignes parents zététiciens pouvait attendre un jour de plus ! De guerre lasse, j’effectue un crochet plus haut, en direction de Saint-Nicolas-des-Biefs (à ne pas confondre avec Saint-Nicolas-des-Biais, le saint patron des raisonnements bancals), dans l’espoir d’y trouver notre route magique. Mais elle n’y est pas.

12 heures 50 : il faut se rendre à l’évidence, la route magique est bel et bien ce tronçon à peine remarquable sur lequel nous tournons sans même nous en apercevoir. Ça promet. Du coup, je me mets à l’orée de la route et tente une première expérience (pendant que Franck Villard tente pour sa part le « sombréro malgache », bien connu des amateurs de Kamoulox). En lâchant le frein au point mort, la voiture se met effectivement à reculer comme si elle remontait la pente… puis s’arrête. Ma parole, cette route ne monte ni ne descend, elle est PLATE. Consternation.

13 heures : je me positionne à l’autre bout de la route pour voir si l’effet y est plus prononcé, en profitant pour tourner la première caméra embarquée de l’histoire de l’Observatoire zététique. Effectivement, c’est plus net : une fois le frein lâché, la voiture avance toute seule et prend un tout petit peu de vitesse. Seulement voilà, visuellement, l’impression de montée est assez ténue. On est loin de l’aspect bluffant vanté par les médias.

13 heures 10 : Franck Villard et son malheureux fiston font des expériences peu concluantes avec un ballon. De guerre lasse, et fatigués de cette pluie incessante, nous décidons tous de redescendre au village, en quête d’un lieu pour sustenter nos corps. Nos esprits, eux, restent encore sur leur faim.

13 heures 20 : par un étrange hasard (on fait ce qu’on peut avec l’insolite qu’on a, désolé), l’unique auberge des Noës est ouverte. Le seul souci est que l’infortuné aubergiste est visiblement pris au dépourvu par cette arrivée soudaine de huit clients, lui qui escomptait probablement n’avoir que la visite du vieux paysan du coin venu siroter sa Kro tranquillou. Il nous prépare donc à manger en hâte.

15 heures 30 : la hâte étant une notion toute relative ici, nous avons enfin fini de manger. Notre hôte, seul face à ses fourneaux et en dépit de son indiscutable bonne volonté, a été interminablement long. Enfin bon, le rapport qualité-prix défie quand même toute concurrence, et puis il aurait pu ne pas travailler, aussi.

15 heures 40 : retour sur le site de la route magique, qui nous paraît à tous de moins en moins magique à mesure qu’on y passe du temps. Je présume que le cerveau finit par s’habituer et à prendre de nouveaux repères.

15 heures 50 : il y a foule, en tous cas. On voit même deux voitures chargées de touristes néerlandais stéréotypiques s’approcher des lieux… et repartir quelques minutes plus tard. Ce qui est rassurant, c’est que la plupart des gens font la même chose que nous : ils ne remarquent pas la route magique tant celle-ci est peu perceptible, et poursuivent leur chemin jusqu’au hameau des Robins proprement dit. Ce n’est qu’après avoir tourné quelques minutes qu’ils réalisent que la route qu’ils cherchent est là, sous leur nez. Généralement, ils passent quelques minutes sur le site puis, le regard éclairé par l’impressionnante banalité des lieux, s’en vont.

16 heures : nous procédons à diverses expériences pour vérifier la déclivité réelle de la route. Toute une gamme de moyens sont employés, tels que liquide, ballon, niveau électronique, skateboard, voiture folle de Franck Villard, cris de bêtes féroces, Nicolas Vivant. Rien n’y fait : visiblement, la pente est très peu prononcée, et le frottement, les aspérités, les déformations d’un revêtement soumis à des hivers rigoureux empêchent vraisemblablement d’effectuer des constatations nettes.


Sans géomètre ni théodolite, mais avec un Nicolas Vivant.

Florent Martin résume notre déception.

17 heures : nous sommes restés plus longtemps que tout le monde, mais malgré cela, les chevaux et les ânes qui paissent alentours se gaussent de nous avec entrain. Devant la vacuité globale de l’entreprise, nous finissons par admettre notre échec. Le bilan est lourd : l’expédition n’a pratiquement servi à rien, si ce n’est à gâcher la journée de trois enfants innocents. Heureusement qu’il faisait beau l’après-midi.

18 heures 30 : enfin de retour, après avoir pu méditer sur la puissance de la mise en scène. On peut en effet se demander comment une équipe de télévision pourrait tirer un reportage troublant d’un phénomène aussi fugace et peu marqué qu’une de ces « côtes magnétiques ». Une raison supplémentaire d’aiguiser son esprit critique avant les soirées plateau-télé.

 

Éric Déguillaume

 

 

ACTUALITÉS

 

La panthère de Villeneuve-Loubet.

À signaler, sur l'excellent site HoaxBuster.com, la publication d'un nouveau dossier consacré à la panthère de Villeneuve-Loubet : Black panther's power.

Début 2013, c'est l'effroi sur la Côte d'Azur, une panthère noire aurait été aperçue en liberté. La presse régionale s'en fait l'écho et l'info est relayée. Les autorités prennent l'affaire très au sérieux : des empreintes sont relevées, une battue est organisée... mais le félin est introuvable !

 


 

Le dernier rapport de la MIVILUDES

La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a été créée en 2002. Elle a pour objet d’observer et d’analyser le phénomène sectaire. Elle « coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires, et informe le public sur les risques et les dangers auxquels il est exposé. »

La Miviludes, organisme institué auprès du Premier ministre, lui remet chaque année un rapport dressant l’état des lieux du phénomène sectaire en France. Le dernier rapport a été officiellement remis le 26/04/2013. Il est disponible ici au format PDF.

 


 

Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger

la Commission sénatoriale d'enquête sur l'influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé a publié le 10 avril 2013 un volumineux rapport. Ce rapport conforte les analyses et les mises en garde de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires au sujet de nombreuses pratiques charlatanesques qui se fondent sur la manipulation mentale pour détourner les patients de la médecine conventionnelle. Sous le prétexte de soulager la souffrance psychique ou physique, ces « dérapeutes » officient presque exclusivement pour leur seul profit.

Le rapport est consultable sur le site Internet du Sénat. La première partie comporte les analyses de la Commission ainsi que ses conclusions et propositions. La seconde partie retranscrit les auditions effectuées par la Commission.
Il sont également en vente à la librairie du Sénat.

 

 

Dossier EMDR : droit de réponse de l'association EMDR France

 

L'association EDMR France a souhaité réagir à l'article de Brigitte Axelrad « L’EMDR : un autre regard sur la psychothérapie ? » publié sur le blog de l'Observatoire zététique le 21 Janvier 2013, ainsi que dans la POZ n°77 (mars 2013). Ci-dessous l'intégralité de leur réponse.


Dans l’article pré-cité, Mme Axelrad évalue la méthode psychothérapeutique EMDR, ce qui est pour le moins étonnant compte tenu de sa formation de psychosociologue.

L’association EMDR France tient à préciser que les informations rédigées dans l’article sont tout à fait inacceptables, d’une part car elles sont pour beaucoup erronées, et d’autre part, elles prouvent la méconnaissance de l’auteur sur le sujet dont elle prétend parler.

L'auteur écrit : « on n’explique toujours pas les causes de son efficacité. Des hypothèses sur les effets des mouvements des yeux sur le cerveau et les émotions sont avancées sans qu’aucune ne s’avère probante. »

Les mécanismes d'action ou principes actifs ne sont connus pour aucune psychothérapie, pas seulement l'EMDR. Il existe plusieurs recherches sur les facteurs neurobiologiques en jeu dans l'EMDR ainsi que sur les mécanismes d'action (certaines évaluant spécifiquement l'effet des mouvements oculaires, d'autres les effets combinés des différents composants du protocole EMDR) qui permettent bien de formuler plusieurs observations et hypothèses probantes (mémoire de travail, réponse d'orientation, etc.). Deux méta-analyses publiées en 2012 concluent à l'efficacité spécifique des mouvements oculaires (Lee & Cuijpers ; Jeffries & Davis). (voir les autres études dans le dossier de presse joint).

L'affirmation : « l'EMDR postule que les troubles psychologiques proviennent d'évènements traumatisants la plupart du temps « refoulés » que la thérapie va permettre de ramener à la conscience » est totalement fausse. S'il peut arriver qu'un patient retrouve des souvenirs ou des fragments de souvenirs inaccessibles jusque-là, ce qui est traité en EMDR, ce sont des souvenirs que le patient se rappelle spontanément. Le modèle du Traitement adaptatif de l'information qui sous-tend l'EMDR postule que ce qui est à la source des symptômes et troubles psychologiques, ce sont de souvenirs d'événements de vie difficiles, stockés de manière dysfonctionnelle ; la désensibilisation et le retraitement de ces souvenirs permet leur résolution adaptative et la diminution voire disparition des symptômes. Par conséquent l'EMDR n'est pas une thérapie fondée sur la suggestion ; le praticien EMDR Europe accrédité déterminera avec le patient les souvenirs à traiter, mentionnés par le patient lors du recueil de son histoire.

L’efficacité de la thérapie EMDR est actuellement mondialement reconnue notamment par L’American Psychiatric Association (2004), le National Institute for Clinical Excellence en Grande-Bretagne (2005) et en France par l’INSERM (2004) et par la HAS (Haute Autorité de Santé), depuis 2007, et par l’OMS (depuis 2012). Elle est la seule, avec la thérapie comportementale, à faire l’objet de recherches fondamentales en neurologie et psychoneurologie.

Le titre de Praticien EMDR-Europe est seul garant d’une véritable formation EMDR auprès du public et il est protégé au niveau international ; la formation à la pratique accréditée de l’EMDR est très rigoureuse.

Enfin, la commission de déontologie de l’Association EMDR-France étudie chaque année le cas des psychothérapeutes dont la légitimité à pratiquer la méthode, conformément au code de déontologie EMDR-Europe, serait douteuse. Ce contrôle et cette régulation sont effectués dans le but d’assurer la sécurité psychique et sociale des patients qui bénéficient de cette approche psychothérapeutique. Une négociation est actuellement en cours avec la Miviludes pour modifier les termes de la présentation de l’EMDR dans le Guide de santé sur les risques de dérives sectaires.

Les seuls praticiens qui ont reçu la formation spécifique à l’EMDR, et font le nécessaire travail de supervisions et de formation continue, sont présentés dans l’annuaire d’EMDR-France sur le site emdr-france.org. L’association EMDR-France invite donc le public à consulter le site, pour s’assurer de la légitimité de leur thérapeute à utiliser la méthode EMDR avec eux.

Il conviendrait que l’Observatoire Zététique révise son texte en conséquence, après examen de la littérature scientifique sur le sujet.

Pour info : L’association EMDR France regroupe l’ensemble des Praticiens EMDR Europe accrédités, exerçant en France avec la méthode psychothérapeutique EMDR, qui allie les savoirs des modèles psychothérapeutiques anciens aux découvertes des neurosciences. L’EMDR est particulièrement efficace pour guérir rapidement des traumatismes psychologiques, mais également d’autres difficultés existentielles de nature psychopathologique (dépressions, phobies, troubles obsessionnels, addictions…)

Association EDMR France

 

 

Les précisions de Brigitte Axelrad suite au droit de réponse de EMDR France

 

Brigitte Axelrad répond point par point aux remarques de l’Association EMDR-France.

Ligne 1 : Contrairement à l’affirmation de ce communiqué, cet article n’a pas la prétention d’évaluer l’EMDR. Selon Wikipédia : « L'évaluation est une démarche qui vise à mesurer, quantifier (méthodes statistiques) et caractériser une situation, une entité, un résultat ou une performance de nature complexe et donc a priori difficilement mesurable. En Psychologie et en Psychiatrie, ce mot désigne une activité réalisée lors d'une expertise psychologique ou psychiatrique réalisée sur un patient. » Ceci n'est pas l'objet de cet article.

Ligne 2 : La mise en cause de ma compétence pour évoquer l’EMDR est déplacée et constitue une attaque ad hominem à laquelle je ne répondrai pas. Toutefois, François Grandemange, webmestre de charlatans.info, à qui la question de sa compétence est souvent posée, dit y répondre ainsi :
« Question : Qui êtes-vous ? Je ne vois rien sur le site qui puisse vous identifier, et connaitre vos qualifications ?
Réponse : Des références, notes et ouvrages sont proposés afin de parfaire cette analyse et aller plus loin. Les titres, diplômes et qualifications ne rendront pas un argument plus convaincant en soi, ni plus vrai, s'il n'est accompagné de preuves ; et à ce titre, être « docteur », « professeur » ou « président » n'exonère pas de dire des âneries, les exemples sont multiples. Le webmaster n'appartient à aucun parti politique, ni n'est payé par une quelconque industrie. »

Ligne 4 : L’accusation selon laquelle les informations données sont « inacceptables » et « pour beaucoup erronées » est sans fondement. Toutes les informations données dans l’article sont au contraire référencées avec précision.

Ligne 12 : En ce qui concerne l’ « efficacité spécifique des mouvements oculaires »,

  • les Sceptiques du Québec écrivent :
    « Lorsqu'on a montré que certains thérapeutes obtenaient des résultats semblables à ceux de la désensibilisation traditionnelle auprès de patients aveugles à l'aide de tonalités et de claquements de doigts, Shapiro a fini par reconnaître que la composante des mouvements oculaires n'était pas essentielle au traitement, en ajoutant qu'on s'en prenait à elle en utilisant des arguments ad hominem sans valeur. »
  • Le site charlatans.fr conclut sur ce point :
    « Il existe effectivement des études qui ont montré que l’EMDR marchait. Mais une approche méthodologiquement impeccable devrait prendre en considération plus sérieusement la question de la plausibilité de son mécanisme, et à partir de là, de conclure si l’EMDR possède réellement une efficacité qui lui est propre. »

C’est bien ce qui est dit dans l’article.

Je rappelle que j’ai, dans cet article, cité, entre autres références scientifiques, celles-ci :
« Science and pseudoscience in the Development of eye movement Desensitization and reprocessing : Implications for Clinical psychology » par James D. Herbert MCP Hahnemann University, Scott O. Lilienfeld, Emory University, Jeffrey M. Lohr, University of Arkansas, Robert W. Montgomery, Independent Practice, William T. O’Donohue, University of Nevada-Reno, Gerald M. Rosen, Independent Practice, David F. Tolin, MCP Hahnemann University. http://www.uwyo.edu/psychology/_files/docs/doc3/herbert%20et%20al.%20emdr.pdf, ainsi que Mc Nally, R. J. (1999). On eye movements and animal magnetism: A reply to Greenwald's defense of EMDR, Journal of Anxiety Disorders, 13, 617-620.
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=1247190.

Ligne 16 : En ce qui concerne les souvenirs refoulés, EMDR-France affirme : « Ce qui est traité en EMDR ce sont des souvenirs que le patient se rappelle spontanément. »

Cette affirmation du communiqué est contredite :

  1. par les praticiens américains de l’EMDR comme, par exemple, le Dr David R. Henson qui fait signer à ses patients le consentement éclairé suivant pour la pratique de l’EMDR (comme mentionné dans l'article, en anglais et en français) :
    « Les souvenirs refoulés font surface plus souvent en utilisant l'EMDR que par d'autres modalités. Il n'est pas inhabituel pour un souvenir cible d’être relié à  d'autres matériaux inattendus.  Il est important de noter que le matériau traumatique récupéré dans toutes les psychothérapies peut être fiable historiquement ou ne pas l’être, il est soumis à une variété de contaminations comme le sont tous les souvenirs. »
    Et également :
    « La psychothérapie et l’EMDR ne peuvent absolument pas faire la différence entre des souvenirs qui sont exacts, déformés ou faux basés sur les seuls récits, et en l'absence de données qui corroborent ces affirmations. »

  2. Elle est contredite aussi par les témoignages de patients de l’EMDR. Pour en citer deux :
    Une patiente traitée par EMDR par une thérapeute inscrite sur la liste Bipe, EMDR Belgique et formée par David Servan-Schreiber, écrit le vendredi 14 février 2009 à 16 :26 sur le site guerir.org :
    « Bonjour,
    J'ai une question très importante à vous poser : En juin 2007, lors d'une séance EMDR, mon corps m'a fait "comprendre" que j'aurais subi l'inceste de la part de mon père. Malheureusement, je n'en ai pas de souvenir mais depuis tout ce temps (donc, depuis plus d'un an et demi), nous laissons le corps « sortir » tout ce qui est à l'intérieur de lui (manifestations évidentes de fellations, entre autres) et cela revenait toujours à la même chose : un viol.
    Après les manifestations physiques sont venus les mots : j'ai hurlé « Papa !! », j'ai exprimé des mots (bobo, là, ...) et je commence à dire des phrases depuis peu. »

    Un patient : Forum transe-hypnose Posté le Mardi 17 Avril 2012 à 12:22 par Fripon :
    « Bonjour,
    Je réalise actuellement une thérapie EMDR (côté patient) avec une thérapeute EMDR (certifiée EMDR France) dont je ne doute pas des compétences (j'ai déjà vu des rigolos donc je pense savoir ce que c'est). Dans le processus EMDR, il y a une chose qui me dérange : il semble que cela soulève des "souvenirs" qui ne me rappellent rien. Je me demande s'il est possible que mon cerveau ait fait l'impasse sur ça. Mais il y a aussi la notion de « faux souvenir induit » qui m'inquiète. De plus mon souvenir ne me paraît pas vraiment cohérent, est-ce qu'il pourrait y avoir une part de fabriqué dans tout cela ? »

    Les témoignages se trouvent ici : http://www.psyfmfrance.fr/forum.php#chap9b
    Ce qui montre que l’affirmation qui figure dans le communiqué : « Par conséquent l’EMDR n’est pas une thérapie fondée sur la suggestion […] » est inexacte.

  3. Ceci est contredit aussi dans la publication suggérée par EMDR-France dans son Dossier de presse :
    « A meta-analysis of the contribution of eye movements in processing emotional Memories Christopher William Lee a,*, Pim Cuijpers School of Psychology, Murdoch University, South St., Murdoch WA 6150, Australia b Department of Clinical Psychology and EMGO Institute for Health and Care Research, VU University and VU University Medical Center Amsterdam, The Netherlands ».
    La conclusion de l’étude est la suivante : « L'objectif de cette méta-analyse était d'examiner les études courantes publiées visant à vérifier si les mouvements oculaires affectent de manière significative le traitement des souvenirs pénibles. »
    En voici la dernière phrase (traduite de l'anglais) : « Cependant, les résultats des études à ce jour suggèrent que les mouvements oculaires modifient le traitement des souvenirs émotionnels. »
    S’il y a « modification » du traitement des souvenirs émotionnels, il y a alors de toute évidence suggestion et possibilité de manipulation des dits souvenirs.

Ligne 22 : Le communiqué affirme que « l’efficacité de la thérapie EMDR est actuellement reconnue par l’American Psychiatric Association 2004 »

Les Sceptiques du Québec ne semblent pas être de cet avis en ce qui concerne l’APA :
« Selon le Dr. Hume, Shapiro a rebaptisé son invention "thérapie de retraitement" et affirme maintenant que les mouvements oculaires ne sont plus nécessaires ! Peut-être qu'aucun de ces mouvements n'est nécessaire pour restructurer la mémoire. Autrement dit, la désensibilisation demeure une technique controversée. Ce qui n'a pas empêché Shapiro et ses disciples de certifier des milliers de thérapeutes en désensibilisation.
Si l'American Psychological Association (APA) s'est bien gardée d'approuver cette technique controversée, elle ne l'a pas désapprouvée non plus. Selon Pamela Willenz, du Bureau des affaires publiques de l'APA, "il est rare que l'APA approuve ou désapprouve des thérapies. L'APA n'approuve ni ne désapprouve la désensibilisation en tant que thérapie. Il est vrai, cependant, que l'Association reconnaît certaines thérapies, et qu'elle reconnaît la désensibilisation comme un certain type de thérapie. Nous offrons d'ailleurs des crédits pour les psychologues qui veulent apprendre la désensibilisation". Cette pratique de l'APA, qui consiste à ne pas approuver et à ne pas désapprouver, nous en dit plus long sur l'Association que sur la désensibilisation. Si, à tout le moins, l'APA établissait une distinction entre les thérapies qui donnent des résultats probants et celles qui demeurent controversées, la chose serait fort utile pour les consommateurs. Pas besoin d'être expert en quoi que ce soit pour reconnaître que la désensibilisation est un type de thérapie. »

Ligne 23 : L’article « L’EMDR : un autre regard sur la psychothérapie ? » mentionne la reconnaissance par l’INSERM (2004) et la HAS (2007) de l’efficacité de l’EMDR pour le traitement des syndromes post-traumatiques signalées dans le communiqué.

Ligne 28 : « La commission de déontologie de l’Association EMDR-France étudie chaque année le cas de psychothérapeutes dont la légitimité à pratiquer la méthode […] serait douteuse. »

Il semble que la pratique de l’EMDR rassemble des praticiens de toutes catégories. En effet, l’annuaire EMDR-France comprend en partie des médecins et des psychiatres ou des praticiens qui se présentent comme psychanalystes, psychologues, psychothérapeutes. On trouve aussi des psychopraticiens, coach, thérapeute familial, médecin acupuncteur, hypnothérapeute, docteur en psychologie, ou sophro-analyste.

Dans l’annuaire des médecines parallèles, on trouve entre autres un praticien EMDR qui est psychothérapeute CEP, somatothérapeute, relaxologue, sophrologue, master en Rebirth et PNL ou encore une infirmière diplômée d’État, naturopathe, iridologue et EMDR, etc.

Est-on sûr que tous ces praticiens font signer à leurs patients un document de consentement éclairé comme cela est de rigueur aux États-Unis ?

Ligne 31 : En ce qui concerne la MIVILUDES citée précisément dans l’article, le communiqué mentionne : « Une négociation est actuellement en cours avec la MIVILUDES pour modifier les termes de la présentation de l’EMDR dans le Guide de santé sur les risques de dérives sectaires. » Nous avons hâte d’en connaître le résultat !

Dans un article du Cercle Psy de septembre 2012, intitulé « L’EMDR se met-elle le doigt dans l’œil ? », JF Marmion écrit : «  EMDR à toutes les sauces ? Pour résumer on ne comprend pas comment ça marche, mais ça marche. Au fait… ça marche vraiment ? Cyril Tarquinio [Praticien EMDR et superviseur EMDR agréé. Professeur de psychologie de la santé à l’université Paul Verlaine de Metz] évoque un millier de publications sur le sujet  de l’EMDR, de nombreux travaux donc, mais « qui ne présentent pas encore toutes les garanties d’évaluation scientifique. Les cliniciens témoignent avec une certaine ferveur, seulement « cela ne règle rien : cela amène plein d’interrogations. »

Jacques Roques [actuel vice-président d’EMDR-France] est sur la même longueur d’ondes : « Ce que l’EMDR soigne le mieux, sans conteste, c’est le traumatisme psychique. Les gens le trainent pendant des années, mais avec l’EMDR, c’est comme si vous enleviez une écharde. Pourtant, cela ne résout pas tout d’un seul coup : si la personne était dépressive avant le traumatisme, il faut aussi soigner séparément la dépression.
[…] Sans les connaissances suffisantes sur les symptômes, mais aussi l’étiologie d’une pathologie, un praticien peut ouvrir la boite de pandore et le patient peut se retrouver débordé par des flash-back, des sensations intrusives, des angoisses, et arriver en hôpital psychiatrique.
»

Référence : « L’EMDR se met-elle le doigt dans l’œil ? » Jean-François Marmion, Le Cercle Psy, Septembre, octobre, novembre  2012, n°6 Cercle Psy 09 2012 (http://www.essentia.fr/presse-le-cercle-psy-sept-2012/)

L’EMDR illustre le fossé grandissant entre scientifiques et cliniciens : l’EMDR produirait un effet global sur la réduction d'intensité émotionnelle liée au souvenir traumatisant, sans vraiment avoir établi les mécanismes qui sous-tendent cet effet.

 

Brigitte Axelrad

 

 

AGENDA

 

Réunion mensuelle de l'Observatoire zététique

Les réunions mensuelles de l'OZ sont ouvertes à tous. Elles ont généralement lieu les premiers lundis de chaque mois, et se déroulent à Grenoble, à l'étage de la brasserie La Table Ronde, 7 place Saint André (plan). La réunion de l'OZ se veut un moment convivial d'échanges et de débat sur des thèmes zététiques.

Au menu de la prochaine soirée : en guise d'amuse-bouche, et histoire de réviser les fondamentaux, un bref rappel de quelques facettes ou « effets » de la zététique, suivi d'une présentation de la prochaine conférence que l'OZ donnera à Fontaine (dans le cadre du cycle Remue-méninges) sur le thème « Le traitement médiatique de l'information scientifique ». Le tout accompagné, comme il se doit (et pour ceux qui le souhaitent) de succulentes ravioles. Alléchant, non ?

Prochaine réunion de l'OZ
Lundi 6 mai 2013 à partir de 20h
7 place Saint André
38000 Grenoble

 


 

Conférence à Fontaine (38) : Le traitement médiatique de l'information scientifique

La prochaine conférence zététique animée par l'OZ dans le cadre du cycle Remue-méninges (Rencontres-débats autour de questions de société) proposé par le service culturel de la municipalité de Fontaine aura pour thème le traitement de l'information scientifique dans les médias.

Il y a souvent une distance importante entre les résultats que publient les scientifiques et la manière dont leurs recherches sont rapportées dans les médias. Jusqu'où peut-on aller dans la vulgarisation ou la simplification pour rendre accessible une réalité parfois très complexe ? Comment fonctionne la communauté scientifique ? Comment les médias nous rapportent leurs découvertes ? Que retient le public des polémiques comme celle relatives aux OGM ?

Mercredi 15 mai 2013 à 20h00

Hôtel de Ville de Fontaine
89, mail Marcel Cachin
38600 Fontaine

Entrée libre et gratuite

 



Les ravages des faux souvenirs ou la mémoire manipulée en thérapie


L’AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique) du Languedoc-Roussillon propose dans le cadre de la 5ème édition des « rencontres pour l'information scientifique », une conférence sur le thème des faux souvenirs induits en thérapie. Cette conférence sera animée par Brigitte Axelrad, membre de l'OZ et auteure de l'excellent livre « Les ravages des faux souvenirs ou la mémoire manipulée » paru en septembre 2010 chez Book-e-book.

Aux États-Unis, puis en France, certaines personnes adultes ont, au cours d’une psychothérapie, retrouvé des souvenirs d'abus sexuels subis pendant leur enfance.
Plusieurs d’entre elles se sont ensuite rendu compte que les évènements remémorés ne s'étaient jamais vraiment produits et que ces souvenirs étaient donc de faux souvenirs. Dès lors, deux camps ont émergé :

  • d'une part, des psychothérapeutes qui soutiennent que ces souvenirs sont vrais et que ceux qui pensent le contraire sont en déni ;
  • d'autre part, des scientifiques, souvent spécialistes de la mémoire, qui pensent que cette dernière est malléable et que, par conséquent, tous les souvenirs retrouvés d'abus sexuels ne sont pas forcément vrais.

Un certain nombre de psychothérapeutes, qu’ils soient psychiatres, psychanalystes, psychologues ou autoproclamés, sont convaincus que les difficultés existentielles de leurs patients sont causées par des traumatismes subis dans l’enfance, qui auraient été refoulés, et qu’il faut retrouver grâce à la thérapie pour guérir.
Mais le constat est que cette conception erronée, au lieu de conduire vers la guérison, provoque des ravages chez les patients et leurs familles.

Vendredi 17 mai 2013 à 19h
Corum de Montpellier
Salle du Belvédère (entrée sur la gauche ou par l’ascenseur face au tram)
34000 Montpellier

Entrée libre et gratuite

 


 

les argumentocs - Sophismes et rhétoriques fallacieuses

Dans le cadre du cours Zététique et auto-défense intellectuelle, Richard Monvoisin, enseignant-chercheur en didactique des sciences à l'Université Joseph Fourier, ouvre son cours au grand public et accueille plusieurs fois par mois des intervenants sur des sujets « citoyens ».

A cette occasion, Nicolas Gaillard du Collectif CorteX propose une conférence sur le thème : Zététique : Les argumentocs - sophismes et rhétoriques fallacieuses.

Si vous en avez marre des discours pompeux, des phrases fumeuses, des joutes oratoires moisies, attaques ad hitlerum, ad populum, faux dilemmes, technique de l'homme de paille, etc., venez apprendre à reconnaître à dix kilomètres une escroquerie rhétorique !

Jeudi 20 juin 2013 - 12h30
Auditorium
Bibliothèque des Sciences
Domaine Universitaire Saint-Martin-d'Hères-Gières.

Entrée gratuite

 

Retrouvez les événements sceptiques dans l’Agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 

 

CULTURE ET ZÉTÉTIQUE

 

500 ans d'impostures scientifiques
Sornettes, absurdités et autres erreurs
Gerald Messadié   
Éditeur : l'Archipel
390 pages - 20,99 €
Date de parution : 13 mars 2013


Résumé
: le journaliste retrace l'histoire de 90 controverses scientifiques : fraudes scientifiques involontaires ou délibérées, querelles autour des découvertes scientifiques passant pour des mystifications, etc.

Quatrième de couverture : 500 ans d'impostures scientifiques La foudre est l'expression de la colère divine... Le chemin de fer fera suffoquer les voyageurs... La Lune est recouverte d'une couche de 200 km de glace... La masturbation rend fou et tuberculeux... Le méthane des pets de vaches contribue à l'effet de serre... Le maïs OGM ne présente aucun danger pour la santé... Les neutrinos sont des particules plus rapides que la lumière... Difficile de croire que ces « vérités » aient pu être prises au sérieux dans les milieux scientifiques. Et pourtant... De la phrénologie à la fusion froide, des avions renifleurs à la mémoire de l'eau, mystifications et absurdités ont souvent reçu l'aval d'autorités respectées. Quant à Galilée, Buffon, Newton, Franklin, Darwin, Pasteur ou Einstein, ils furent tous tenus pour des imposteurs avant de triompher de la mauvaise foi ou du dogme. De l'automystification à l'erreur entretenue par l'ignorance, de l'escroquerie avérée à la manipulation, ce livre rassemble 90 « histoires extraordinaires » de la science. Elles démontrent que Nietzsche n'avait pas tort de juger les convictions plus dangereuses ennemies de la vérité que les mensonges...

Télécharger un extrait

 



Les sciences, ça nous regarde : Histoires surprenantes de nos rapports aux sciences et aux techniques

Sous la direction de Lionel Larqué et Dominique Pestre
les Empêcheurs de penser en rond
La Découverte
326 pages - 19,50 €
Date de parution : 14 mars 2013

Résumé : Des réponses à des questions simples sur les sciences et les techniques pour les rendre plus abordables, comprendre comment de nombreuses découvertes scientifiques sont le fruit du hasard ou des savoirs populaires et saisir leur rôle primordial dans la société.

Quatrième de couverture : Fallait-il inventer l’agriculture ? Que se passe-t-il quand une région d’Afrique est totalement administrée par des médecins coloniaux ? Qui a inventé la pisciculture ? Et les SMS ? Comment les animaux identifient-ils les plantes qui les soignent ? Pourquoi y a-t-il un trou au sommet des capuchons des stylos bille ? Que savent les agriculteurs sur les semences ? La guerre de 1914-1918 a-t-elle été une guerre des sciences ?

En partant de situations exemplaires mais peu connues, les cinquante-deux auteurs – tous spécialistes de leur domaine – qui ont participé à ce livre foisonnant, montrent comment se réapproprier les sciences et les techniques. À travers ces petites histoires toujours surprenantes et très accessibles, les auteurs révèlent en effet que la production des institutions scientifiques et techniques fonctionne bien autrement que l’image qu’elles veulent donner d’elles-mêmes, celles de savoirs inaccessibles au commun des mortels. On découvrira ainsi les étonnants détournements auxquels peuvent donner lieu certaines innovations, le rôle du hasard dans certaines découvertes, les mystères qui échappent encore à la « science moderne » ou encore le rôle joué parfois par les savoirs « populaires ».

En bref, un livre aussi instructif que démystificateur, pour en finir avec le rapport « magique » à la science dans lequel scientifiques et ingénieurs tendent à enfermer les citoyens que leurs productions concernent pourtant au premier chef. Remettre la science en démocratie, en somme : c’est précisément l’objectif que s’est donné l’association d’éducation populaire Les Petits Débrouillards, promoteur et porteur de cet ouvrage.

 



Notre calendrier
Une sacrée histoire !
Jean-Louis Heudier
Éditeur : Book-e-book
Collection « Une chandelle dans les ténèbres» n°23
84 pages - 10,45 €
Date de parution : 22 avril 2013

S'il y a quelque chose dont on pense ne rien ignorer, c'est bien notre calendrier. Des postes, des pompiers ou des sportifs, c'est un objet on ne peut plus commun. Nous l'utilisons tous les jours sous toutes ses formes : calendrier, agenda, éphéméride et pourtant... Dès que l'on s'y penche, les complications ne manquent pas : comment ce système de comptage s'arrange-t-il avec une révolution terrestre autour du Soleil dont la vitesse n'est pas constante et qui n'est même pas un multiple de la rotation de la Terre sur elle-même !
Jean-Louis Heudier a écrit un livret très documenté qui entraine notre curiosité jusque dans l'antiquité pour nous faire découvrir les coulisses de l'élaboration des calendriers modernes. On y découvre un calendrier qui aurait plus de 6000 ans, un calendrier républicain et même un calendrier gaulois plus précis que notre calendrier grégorien, et d'oú nous vient cette fameuse année bissextile.
La découverte d'un domaine inconnu aux côtés d'un érudit est un plaisir rare. Profitez de l'aubaine.

Ce livre peut être commandés sur le site www.book-e-book.com, par téléphone au 04 93 00 15 34, ou par courrier à : éditions Book-e-book - BP 80117 - 06902 Sophia Antipolis Cedex.

 


 

Ce dernier opus de la collection « Une chandelle dans les ténèbres » dirigée par Henri Broch, est co-signé de notre ami Nicolas Gauvrit. Il propose une analyse zététique des relations compliquées entre causes et effets, et des pièges qu'ils nous tendent.

Causes toujours !
Les pièges de la causalité

Isabelle Drouet et Nicolas Gauvrit
Éditeur : Book-e-book
Collection « Une chandelle dans les ténèbres » n°24
72 pages - 10,45 €
Date de parution : 22 avril 2013

Comprendre le « pourquoi » du « comment », notre esprit curieux ne s'en lasse pas. Mais cet exercice souvent salutaire peut aussi nous nourrir d'illusions, ou même nous entrainer sur les pentes de l'irrationnel. Croyances et hallucinations, probabilités et coïncidences, attributions causales et relations causales, logique et sophisme, notre cerveau humain est malheureusement souvent pris en défaut.  Les électeurs de gauche sont-ils plus « coquins » que ceux de droite ? Les iPods sont-ils responsables de l'explosion de violence ?  Les dépenses publiques de santé génèrent-elles la pauvreté ? Pourquoi les grands chefs d'orchestre ont-ils une espérance de vie supérieure à la norme ? Dans le paradoxe de Simpson comment est-il possible que les mêmes chiffres nous conduisent à des conclusions contradictoires ?
Voilà quelques questions qui peuvent se poser, si l'on n'y prend garde, au vu des résultats d'études ou de sondages... et qui ne sont que la transcription de ce qui nous parait être des « évidences ». Dans la meilleure tradition humaniste, Isabelle Drouet et Nicolas Gauvrit ont conjugué philosophie et science pour nous proposer quelques clefs de compréhension qui viendront enrichir notre trousse d'outils zététiques. D'une lecture facile et rafraîchissante, ce livret est un véritable plaisir intellectuel.


 

Insolite

 

Un ange dans le ciel de Floride

Cette incroyable photo a été prise le 13 mars 2013 par une habitante de Palm Beach (USA), Jodi Guthrie, quelques heures seulement après l’apparition au balcon du Vatican, du nouveau patron de l’Église catholique fraichement élu, le cardinal Jorge Bergoglio devenu pape François. La photo, transmise à un site d'information local (WPTV) qui l'a posté sur son compte facebook a rapidement fait le buzz sur le net.
D’aucuns ont aussitôt vu dans cette apparition céleste une manifestation divine.

Mais plus probablement sommes-nous face à un magnifique exemple de pareidolie visuelle [1]… jusqu’à preuve du contraire.

 

Franck Villard

Note :
[1] Les pareidolies  (du grec ancien para, « à côté de  », et eidôlon, diminutif d’eidos, « apparence, forme ») visuelles sont des illusions optiques basées sur notre tendance à identifier des formes, en particulier des visages, dans tout ce que nous percevons.
Quelques exemples : pareidolie 1, pareidolie 2, pareidolie 3.

 


Appel à contributions

 

Si vous souhaitez contribuer à la diffusion de l'esprit critique, à la promotion des outils d'auto-défense intellectuelle de la zététique, à la vulgarisation de la méthodologie scientifique, vous pouvez nous soumettre article, dossier, fiche de lecture, enquête, etc. N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer vos idées puis à soumettre vos productions à l'OZ, en écrivant à contact@zetetique.fr

 


Cette newsletter a été préparée par Brigitte Axelrad, Virginie Bagneux, Cyrille Bareau, Éric Déguillaume, Anthony Lantian, Florent Martin, Christophe Michel et Franck Villard.

Mise à jour le Mardi, 12 Mai 2015 10:10
 
«DébutPrécédent12345678910SuivantFin»

Page 5 sur 81