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POZ n°77 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Dimanche, 27 Janvier 2013 22:56
Mars 2013 / Newsletter 77

 

 

Édito

Les nouvelles de l’OZ
- Assemblée générale 2012

Actualités
- Les ondes nuisent-elles à notre santé ?
- « Les obsédés du complot » sur France 5
- Homéopathie : tentative de clarification

Dossiers
- L'EMDR : un autre regard sur la psychothérapie ?
- Les déterminants psychologiques dans l’adhésion aux théories du complot
- Tristan et Yseut ont-ils existé ?

Culture et Zététique
- Deux nouvelles « chandelles » chez Book-e-book
-
Le dernier livre de Gérald Bronner
- Scientologie, témoignage d'une ex-adepte

Agenda
- Conférence à Fontaine (38) : Les théories du complot
- Conférence du CorteX : « les argumentocs – sophismes et rhétoriques fallacieuses »

 

 

ÉDITO

 

Mes amis, mes lecteurs, mes jaloux, je vous l’affirme : tout fout le camp !
Il s’est passé quoi le 21 décembre 2012 ? Rien. Même pas un petit tsunami ou un cyclone, ou même une fausse-couche de Kate Middleton. Rien ! Et à Bugarach ? Que dalle. Pas un atterrissage d’extraterrestres, pas de sectes qui font un voyage cosmique, pas de hippies qui font une dernière fête orgiaque.

Alors, le 22 décembre on a le blues à l’Observatoire zététique. Sur quoi va-t-on pouvoir travailler ? Comment conjurer ce mauvais sort ? L’un de nous, un sadique, a proposé : « On a qu’à sacrifier une vierge, ou une poule ? ». Après un bref regard à l’assemblée, ni l’une ni l’autre ne semblait être une espèce présente. De quoi va-t-on parler aux prochaines réunions ? Qui va nous lire sur facebook ou le forum ? L’angoisse du vide. Notre syndrome de dieu en prend un coup. Je propose la dissolution de l’association. Toi, mon lecteur cognitivement limité, tu te demandes déjà comment tu vas pouvoir briller en société sans notre newsletter, obligé de t’abonner à Géo ou Science & Avenir que tu laisseras traîner sur ta table du salon pour marquer ta différence avec le Voici de ta belle-sœur.

Finalement, ceux d’entre nous qui n’ont que la zététique dans leur vie s’accrochent à l’illusion d’une année de plus, et les votes ont lieu. Habemus praesidentem ! La preuve de notre déchéance est là : on choisit le sosie de Patrick Bruel comme président.

Et là, dans le chaos, l’espoir renaît venant du Disneyland de la foi chrétienne : le pape démissionne ! Le pape DÉ-MI-SSIONNE ! Tout fout le camp. Même Malachie ne l’avait pas prévu.  Je relis Nostradamus... a pas prévu non plus, Michel (oui il s’appelle Michel, le Nostradamus. Si avec ça, lecteur, tu ne gagnes pas un camembert au Trivial Pursuit). 

Puis, un second espoir : trois jours plus tard, une météorite s’écrase en Russie. Enfin ! Une fin du monde avec deux mois de retard ? Les mayaspoutines ? Ben non ! Après trois vidéos visionnées sur youtube je constate que même les Russes bâclent le travail. Tout fout le camp, je vous dis. Alors, je relis Nostradamus, et que vois-je dans une des Century :

« Quand tu cacheras dans ton Église
Ceux qui auront caressé l’enfant
Par le feu russe tu trépasseras
En Germanie ta révérence tu feras »


Michel, t’as sauvé l’OZ !


Eric Bévillard

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


Assemblée générale 2012

Le 14 janvier 2013 s’est tenue l’assemblée générale ordinaire de l’Observatoire zététique, au restaurant « La Table Ronde » à Grenoble. En tout, 25 des 34 membres de l’association étaient présents ou s’étaient fait représenter. Le président sortant Eric Déguillaume a ouvert la séance en présentant le bilan moral de l’exercice 2012, bilan qu’il a voulu – une fois n’est pas coutume – positif. Ce bilan a été approuvé par l’association, à l’unanimité des 25 votants. Nicolas Vivant a ensuite présenté un rapport d’activité bien rempli. Pour la première fois depuis longtemps, l’association n’a pas cherché à vivre au-dessus de ses moyens humains. Il n’en a pas moins résulté une année riche en activités, notamment par la mise en place de deux protocoles expérimentaux. Eric Déguillaume a ensuite repris la parole pour présenter un bilan financier oral, un expédient rendu nécessaire par les circonstances particulières entourant la trésorerie. Les informations fragmentaires transmises à ce sujet sont toutefois éminemment positives, puisque l’association n’a fait aucune dépense au cours de l’année écoulée. Les relevés de compte les plus récents affichaient donc un solde positif de plus de 2.000 euros, l’OZ ne sachant – comme d’habitude – pas quoi faire de son argent. Ce rapport a été validé par l’association, à raison de 21 voix pour et 4 abstentions. À charge pour le CA nouvellement élu de transmettre dès que possible un bilan plus détaillé à l’association.

Une fois ceci fait, l’assemblée générale a procédé à l’élection du nouveau conseil d’administration. Six candidats se sont présentés, et ont tous été élus au cours d’un scrutin plus stalinien que jamais. L’élection faite, les nouveaux membres du CA se sont partagés les rôles au sein d’iceluy :



  • Franck Villard : président
  • Florent Martin-Michiellot : trésorier
  • Eric Déguillaume : secrétaire
  • Cyrille Bareau, Eric Heitz et Christophe Michel : administrateurs


Après quoi les élus furent intronisés, sous le signe de l’apocalypse – objet d’un fameux tableau de Christophe Michel – et le patronage du Saint Poireau Callipyge Invisible.

 

Eric Déguillaume

 


ACTUALITÉS

 

Les ondes nuisent-elles à notre santé ?

Le numéro 13 du magazine Canard PC Hardware paru le 23 juin 2012, consacrait un long dossier aux ondes électromagnétiques, dossier signé de son rédacteur en chef Samuel Demeulemeester et intitulé « Les ondes nuisent-elles à notre santé ? »
Ce numéro étant définitivement épuisé, le journal a décidé de le rendre disponible en téléchargement gratuit (disponible ici).
Le dossier seul (au format PDF) est téléchargeable ici.

 


 

Les obsédés du complot

Diffusé le mardi 5 février 2013 à 20h35 sur France 5, premier volet d’une série documentaire intitulée « Les réseaux de l'extrême » réalisée par Caroline Fourest, « Les obsédés du complot » traite des théories du complot et de certains de leurs instigateurs :
« Ils lisent le monde à travers des complots. A chaque événement, les médias sont soupçonnés de ne pas dire la vérité… Ils croient en des auteurs comme Thierry Meyssan, passé de la défense de la laïcité à celle de l’ayatollah Khomeini. Ils croient au complot sur le 11 Septembre, à celui visant à remodeler le Moyen-Orient. Ils croient aux mercenaires, souvent à la solde de l’Iran ou de la Syrie, qui leur expliquent le monde comme un roman policier. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils tant de succès ?»

 


 

Homéopathie : tentative de clarification


Le magazine Femme actuelle à récemment publié un article sous la plume de Bénédycte Transon Capone :
http://www.femmeactuelle.fr/sante/news-sante/homeopathie-mal-de-dos-anti-inflammatoires-14835

À la lecture de cette brève (et des commentaires qui suivaient), il m'a semblé important de clarifier cette éternelle confusion qui règne au sujet de l'homéopathie, avec pour protagonistes :
- les patients et les homéopathes qui se déclarent satisfait et font quotidiennement le constat pragmatique de l'efficacité des produits,
- les cliniciens qui lors des évaluations n'observent aucun effet spécifique de ces mêmes produits.

Et voilà les deux camps qui se chamaillent, alors qu'ils ne parlent pas de la même chose : l'un parle de satisfaction, l'autre d'efficacité intrinsèque.

 

Parce que oui, on peut être parfaitement satisfait d'un produit qui, en fait, ne marche pas vraiment, voire pas du tout. Les experts en marketing savent jouer de ça dans tous les domaines. Lisez les papiers des associations de consommateurs (comme UFC-Que Choisir, ou 60 Millions de Consommateurs) pour mesurer l'écart parfois énorme qu'il peut y avoir entre l'idée qu'on se fait d'un produit et ses réelles performances. C'est précisément pour nous aider dans nos choix que les experts soumettent les appareils à des tests rigoureux, quantitatifs, en aveugle.

Exemple avec les voitures : les marques allemandes jouissent d'une réputation de fiabilité. Mais comment le vérifier ? Doit-on se contenter d'interroger des propriétaires de BMW ou Audi pour savoir s'ils sont contents de leur voiture ? Puisque, in fine, la satisfaction du client est tout ce qui compte, non ?

Ou doit-on rechercher une source d'information plus objective, comme les données des assureurs ou des garagistes pour quantifier les taux de panne ? Ce qu'a fait l'assureur anglais Warranty Direct, dont les résultats sont synthétisés dans cet article : la fiabilité des voitures allemandes, un mythe qui s'écroule ?

 

Revenons à l'homéopathie pour tenter de résoudre cette confusion. Il existe nombre d'études cliniques au sujet de l'homéopathie. Les meilleures font l'objet de méta-analyses (la dernière et la plus connue étant celle du Lancet) et il en ressort clairement que :

  • les patients sont satisfaits de l’homéopathie : ils se sentent clairement mieux après en avoir pris qu'avant. Et pour beaucoup, ce constat pragmatique suffit à lui seul à justifier son usage.
  • le taux de satisfaction reste constant que l'on mette ou pas une solution homéopathique dans les granules. Ce qui fait dire aux cliniciens que le produit ne marche pas, alors qu'en toute rigueur il faudrait dire qu'il ne marche pas mieux que son placébo.

Si tout le monde s'accorde sur ce premier point, rares sont les sympathisants de l'homéopathie à comprendre la différence entre une expérience personnelle et une expérience scientifique. Tout comme on ne peut se contenter de sonder les conducteurs de BMW pour savoir si cette marque est fiable, on ne peut pas se passer d'un test clinique pour évaluer la réelle efficacité spécifique d'un médicament, indépendamment de la sympathie qu'on peut avoir pour le produit.

L'idée n'est pas d'être pour ou contre l'homéopathie, mais simplement de faire des choix thérapeutiques éclairés. Avant de prendre un médicament (quel qu'il soit, et je pense au Médiator par exemple), on devrait être en droit de savoir à quoi s'attendre en termes d'efficacité, d'effets secondaires...

 

Pour en revenir à l'article de Bénédycte Transon Capone, il y a malheureusement bien trop de biais dans « l’expérience » qu'elle relate pour pouvoir en déduire quoi que ce soit quant à l'efficacité de l'homéopathie :

  • la répartition des patients dans les groupes qui sont comparés n'est pas aléatoire.
  • pas de double ni même de simple aveugle.
  • pas de groupe placébo. (bien que ça ne soit pas forcement obligatoire dans les études comparées)
  • les patients suivent un double traitement !

On ne devrait donc pas parler d'une « étude », mais plutôt d'une « enquête » qui mesure en fait la satisfaction des patients quant à un produit pour lequel ils ont déjà de la sympathie. On est donc bien loin d'une mesure de l'efficacité pharmaceutique de l'homéopathie. Bref, pas de quoi clouer le bec aux « homéosceptiques ».

 

J'ai peine à croire que les laboratoires Boiron puissent ignorer à ce point ce qu'est une étude scientifique rigoureuse. Ce qui m'amène à me demander si la publication de ce genre « d'expériences » n'a pas pour seul objectif d'entretenir cette confusion aux yeux du grand public...

 

Pour plus d'information, nous avions publié un double poster sur le sujet.

 

Florent MARTIN

 

 

DOSSIER : L'EMDR : un autre regard sur la psychothérapie ?


L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing « Désensibilisation et Reprogrammation par Mouvement des Yeux » ou encore « Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires ») fait partie des nombreuses psychothérapies à la mode. Elle est utilisée dans le traitement des personnes ayant subi de graves traumatismes et souffrant du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), appelé aussi état de stress post-traumatique (ESPT). [1]

Il s’agit d’une technique thérapeutique qui se caractérise par l'utilisation de la stimulation double (dual attention stimulation). Tandis que le patient replonge dans des souvenirs d’événements stressants, le thérapeute provoque périodiquement une stimulation sensorielle en déplaçant rapidement un doigt ou une lumière devant les yeux du patient. Celui-ci doit les suivre sans bouger la tête. La stimulation ainsi produite se répercuterait dans le cerveau limbique ou cerveau des émotions.

L’EMDR a été découverte en 1987 par Francine Shapiro, docteur en psychologie au Mental Research Institute de Palo Alto. La légende raconte qu’au cours d’une promenade elle aurait observé dans une sorte d’illumination que ses pensées négatives perdaient de leur intensité chaque fois qu’elle bougeait les yeux latéralement. Elle appliqua alors cette technique à un groupe de volontaires puis à des vétérans du Vietnam avant d'en publier les résultats en 1989. En 2002, elle reçut le prix Sigmund Freud pour son apport à la psychothérapie.

 

À qui s’adresse l’EMDR ?

Elle est utilisée par exemple pour traiter des cas de syndrome post-traumatique, comme les victimes d’accidents, d’attentats, les militaires après une embuscade, ou encore le traumatisme lié à un viol. L’accompagnement de la thérapie suggestive par le mouvement des yeux permettrait de réparer les blessures psychologiques par la stimulation neuronale.

 

A-t-on vérifié l’efficacité du procédé ?

C’est ce que l’on serait en droit d’espérer. Après les études de cas qui ne prouvaient rien, des travaux plus sérieux ont été publiés. Elle est reconnue comme efficace pour le traitement des syndromes post-traumatiques par l'INSERM depuis 2004, recommandée par la Haute Autorité de la Santé (HAS) qui intervient dans la validation des soins médicaux, depuis juin 2007. Cependant on n’explique toujours pas les causes de son efficacité. Des hypothèses sur les effets des mouvements des yeux sur le cerveau et les émotions sont avancées sans qu’aucune ne s’avère probante.

 

Quelle est l’efficacité du mouvement des yeux ?

En y regardant de plus près, les chercheurs se sont rendu compte qu’une thérapie EMDR ne se différencie d’une TCC [2] que par la technique du mouvement des yeux et qu’il n’y a pas de différence entre les résultats d’une thérapie avec mouvements des yeux et une TCC sans mouvement des yeux. D’où cette remarque de Richard Mc Nally : « Ce qui est efficace dans l'EMDR n'est pas nouveau, et ce qui est nouveau n'est pas efficace. ».[3]
Par ailleurs, autant une TCC peut rendre compte des raisons de son efficacité, autant l’EMDR en est incapable. [4] Les TCC comme la psychanalyse se fondent sur des intuitions et des hypothèses à priori, mais si la psychanalyse refuse les tests d’efficacité, les TCC acceptent de s’y soumettre. C’est ce qui leur donne leur caractère scientifique. Or les tests n’ont jamais permis d’évaluer l’efficacité propre au mouvement des yeux.

 

Quels souvenirs ?

Ajoutons qu’une chose est de travailler sur un souvenir réel corroboré par des preuves, autre chose est de travailler sur un souvenir qui aurait été « refoulé ». Et justement, l’EMDR postule que les troubles psychologiques proviennent d’événements traumatisants la plupart du temps « refoulés » que la thérapie va permettre de ramener à la conscience.

 

La suggestion

De ce fait l’EMDR se rattache à la première théorie de Freud, théorie de la séduction, que lui-même abandonna essentiellement pour des raisons d’opportunité. Mais tandis qu’il la pratiquait, Freud amenait ses patientes par une suggestion pressante à retrouver le souvenir de scènes d’abus sexuels dont il prétendait qu’elles étaient directement causes de leur problèmes affectifs. Il les persuadait que c’était grâce à la remémoration de ces scènes traumatiques qu’elles parviendraient à la guérison. Depuis, on a étudié les effets puissants et les dangers de la suggestion du thérapeute sur son patient.

 

EMDR et hypnose

La technique du mouvement des yeux en suivant un doigt ou une lumière a des points communs avec l’hypnose. Beaucoup de thérapeutes pensent que l’hypnose permet de retrouver de façon fiable des souvenirs, fiabilité qui est infirmée par les chercheurs qui travaillent sur ce sujet. Un patient sous hypnose ou hypnotisé par le mouvement d’un doigt ou d’une lumière devant ses yeux devient particulièrement suggestible et peut être amené à « retrouver » des souvenirs d’événements qui ne se sont jamais produits induits par le thérapeute.

 

L’EMDR est-elle dangereuse ?

La MIVILUDES dans son rapport de 2008 alerte sur le danger de l’EMDR : « Il s’agit d’une méthode thérapeutique censée permettre par les mouvements oculaires la remise en route d’un traitement adaptatif naturel d’informations douloureuses bloquées (par exemple après un choc traumatique), la mobilisation de ressources psychiques et la restauration d’une estime de soi déficiente. Mise en œuvre par des non-médecins hors de tout protocole de soins scientifiquement validé, cette méthode peut conduire à un risque d'emprise mentale. »  Cette dernière phrase peut laisser penser que seuls les thérapeutes non-médecins l’utilisent ou que seuls les non-médecins qui l’utilisent font courir le risque d’emprise mentale à leurs patients, or cette technique est utilisée aussi par des psychiatres, donc des médecins, ce qui ne change en rien le caractère non validé de la thérapie et ne préserve pas de sa dangerosité.

Carole Tavris, dans son avant-propos au livre Science and Pseudoscience in Clinical Psychology de Scott O. Lillienfeld,[5] rapporte ce propos de Knight Dunlap, cité dans Hornstein 1992 : « La psychanalyse tente de s’imposer en portant l’uniforme de la science afin de mieux l’étouffer de l’intérieur. » Elle ajoute que remplacer « psychanalyse » par « mouvements oculaires de désensibilisation et de retraitement » ne change pas le problème.  En effet, le vocabulaire employé pour décrire la théorie EMDR, largement emprunté aux neurosciences et à l’informatique, fait illusion et masque la faiblesse de ses bases et l’inutilité des mouvements oculaires.

 

EMDR, quelles limites ?

Il est de ce fait particulièrement important d’être conscient des limites de la théorie et de la technique de l’EMDR.      
C’est pourquoi, les thérapeutes anglo-saxons qui redoutent par dessus tout les procès intentés par des patients ou leur famille font signer un document de « consentement éclairé » dans lequel ils précisent:
« Les souvenirs refoulés font surface plus souvent en utilisant l'EMDR que par d'autres modalités. Il n'est pas inhabituel pour un souvenir cible d’être relié à  d'autres matériaux inattendus.
Il est important de noter que le matériau traumatique récupéré dans toutes les psychothérapies peut ou peut ne pas être précis historiquement et est soumis à une variété de contaminations comme le sont tous les souvenirs... La psychothérapie et l’EMDR ne peuvent absolument pas faire la différence entre des souvenirs qui sont exacts, ou bien déformés ou mensongers basés sur des rapports seuls, en l'absence de données qui corroborent ces affirmations.
»

Le document s’achève par cette mention que doit signer le patient avant de commencer la thérapie : « J'ai également été spécialement informé de ce qui suit :
(a) Des souvenirs non résolus pénibles pourraient faire surface par l'utilisation de la procédure EMDR… […] Par ma signature ci-dessous, je donne mon consentement éclairé pour recevoir le traitement EMDR, libre de toute pression ou influence de toute personne ou entité.
» [6]

Cette pratique n’existe pas en France.

 

Conclusion

L’EMDR peut être efficace comme toute thérapie, ne serait-ce que par le fait d’être écouté, mais le mouvement des yeux qui en fait la spécificité ne semble pas indispensable à sa réussite [7]. Il risque au contraire par son effet  hypnotique de rendre le patient plus vulnérable à la suggestion du psychothérapeute. De plus la croyance au caractère « refoulé » des souvenirs d’événements traumatiques laisse sceptique dans la mesure où le « refoulement », issu de la théorie de Freud, n’a jamais pu être prouvé.

 

Brigitte Axelrad

 

Notes :

[1] http://www.emdr-france.org/
[2] thérapies cognitivo-comportementales : http://www.mg-psy.org/php/prise-en-charge/therapie-comportementale-cognitive.php
[3] Mc Nally, R. J. (1999). On eye movements and animal magnetism: A reply to Greenwald's defense of EMDR, Journal of Anxiety Disorders, 13, 617-620.
[4] http://www.uwyo.edu/psychology/_files/docs/doc3/herbert%20et%20al.%20emdr.pdf
[5] http://www.psyfmfrance.fr/documents/tavris_complet.pdf
[6]http://crystalhollenbeck.com/wp-content/uploads/2012/05/EMDR-Consent-Form-GA.pdfTraduction française : http://www.psyfmfrance.fr/documents/emdrconsent.pdf
[7] « L’EMDR : ça marche même si on ne bouge pas les yeux ! » de Nicolas Gauvrit
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article913

 

 

DOSSIER : Les déterminants psychologiques dans l'adhésion aux théories du complot

 

Introduction

Depuis la démocratisation d’Internet, quasiment chaque événement médiatique majeur devient prétexte à l’élaboration d’une multitude de théories du complot, qui surgissent d’autant plus quand l’information est limitée [1]. Bruno Fey, l’auteur de Complocracy parle de conspirationnisme ordinaire pour décrire cette nouvelle tendance [2]. Nous ne serons donc pas étonnés que le mot « conspirationniste » trouve sa place dans le Petit Larousse 2012 [3].

Pouvant aller de scénarios à la fois vraisemblables et très élaborés, jusqu’à des thèses farfelues [4], les théories du complot jouissent d’une très grande popularité, par exemple, 69% d’un échantillon d’Américains interrogés croient que l’assassinat du président John F. Kennedy en 1963 fut en réalité le fruit d’un complot [5]. Les théories du complot sont des croyances extrêmement tenaces [1], et même si le gouvernement fait l’effort de les réfuter, cette réfutation est alors interprétée comme une preuve de plus qu’il existe bel et bien un complot [6].

Il n'est pas question de rentrer ici dans des considérations idéologiques et géopolitiques, et ce dossier n’aura pas pour objectif de discuter d’éléments techniques afin de savoir si un événement donné est en réalité le résultat d’un complot ou non, mais plutôt de comprendre les caractéristiques psychologiques en jeu chez les personnes qui adhèrent aux théories du complot.

C’est ainsi que la question qui est à l’origine de ce dossier est de tenter de savoir qui sont les individus qui adhérent à des théories du complot, autrement dit, est-ce que ces personnes ont des caractéristiques (que ce soit démographiques ou de personnalité) communes ? Cela revient à se demander si statistiquement, nous sommes capables de prédire à partir d’informations socio-démographiques et d’échelles de mesure de personnalité (correspondant à des variables psychologiques) l’adhésion à des théories du complot, et ainsi peut-être mieux comprendre les processus qui rentrent en jeu dans ce type de croyance.

Pour tenter d’apporter ces réponses, une lecture de différents articles de recherches scientifiques, a permis d’apporter un lot d’éléments, aussi bien théoriques qu’empiriques. Dans un premier temps, nous évoquerons une définition des théories du complot. Dans un deuxième temps, nous verrons si les théories du complot appartiennent à une seule dimension ou s’il existe plusieurs types de théories. Ensuite nous tenterons de dégager les différentes caractéristiques de personnalité des personnes qui adhèrent à ces théories du complot. Nous verrons ensuite en quoi le fait d’adhérer aux théories du complot est relié à une façon spécifique de voir le monde. Après avoir évoqué des études qui permettent de mesurer l’impact et l’influence des théories du complot sur nos attitudes, nous terminerons sur l’examen des différentes limites.

 

1. Définition

Pour définir les théories du complot, nous suivrons les chercheurs Suisse Wagner-Egger et Bangerter [7], qui définissent les théories du complot comme des « explications naïves concurrentes aux thèses officielles, impliquant souvent l’intervention d’un ou de plusieurs groupes agissant dans l’ombre et apparaissant lors d’événements négatifs ayant une signification ». Nous pouvons aussi citer une définition de Douglas et Sutton [8] définissant les théories du complot comme étant « une tentative d’expliquer la cause ultime d’un événement (habituellement politique ou social) comme une machination secrète organisée par une alliance cachée d’individus et d’organisations puissantes, plutôt que par une activité non dissimulée ou une apparition naturelle » (traduction personnelle à partir de l’anglais).

 

2. La ou les théories du complot ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de préciser s'il convient effectivement de parler de la croyance aux théories du complot en tant que dimension générale (Serge Moscovici par exemple, argumente en faveur d’une mentalité de conspiration [9]), ou alors s’il existe différentes catégories de théories du complot qui renvoient à des construits distincts.

Une recherche menée aux États-Unis [5] présente des données qui pèsent en faveur de l’hypothèse de la dimension générale de la croyance aux théories du complot. En effet, dans cette étude, le niveau d’adhésion à différentes théories du complot corrèlent positivement ensemble (que ce soit la croyance selon laquelle l’assassinat de Kennedy et Martin Luther King est le fruit d'une conspiration, ou le fait que l’Air Force ait délibérément caché au grand public que les États-Unis aient déjà reçu la visite de vaisseaux extra-terrestre, etc.). Dans une autre recherche menée sur un échantillon d’individus en Pologne [10], les personnes qui rapportent adhérer à la croyance en une conspiration des Juifs, adhéraient aussi par la même occasion à la croyance en une conspiration des Russes et des Allemands. Ces données pèsent en faveur de l'hypothèse d'une croyance unitaire aux théories du complot. Plus étonnant encore, des données issues d’une étude récente semblent indiquer que des personnes peuvent adhérer à des thèses contradictoires entres elles du moment qu’elles sont en opposition avec les thèses dites « officielles » (par exemple, les personnes qui croient le plus au fait que la princesse Diana ait simulé sa mort sont les plus à même de croire qu’elle a été assassinée par les services secrets britanniques) [11]. Toujours dans la même idée, le fait d'adhérer à différentes théories du complot prédispose à adhérer à des « fausses » théories du complot inventées de toutes pièces par les chercheurs [12].

Cependant, on peut ajouter que Wagner-Egger et Bangerter [7] qui ont approfondi cette question, mettent en évidence l’existence d’une dimension théorique générale de croyance conspirationniste, qui est elle-même subdivisée en deux catégories, et ce conformément à la thèse de Campion-Vincent : les théories du complot de type Système (qui concerne les autorités, par exemple le complot du gouvernement, des services secrets, des lobbys pharmaceutiques, etc.) et les théories du complot de type Minorité (par exemple le complot juif, le complot des terroristes musulmans, etc.). Nous reviendrons sur cette distinction ainsi que leurs caractéristiques un peu plus loin.

 

3. Les caractéristiques socio-démographiques et personnologiques des adhérents aux théories du complot

a) Caractéristiques socio-démographiques

Dans un premier temps, les informations socio-démographiques peuvent nous apporter des éclairages intéressants sur les groupes d’individus qui sont les plus susceptibles de croire aux théories du complot. Une étude menée par Groetzel [5] montre que ce sont les minorités ethniques (les Afro-américains et les Hispaniques aux États-Unis dans ce cas présent) qui sont les plus à même d’adhérer à différentes théories du complot. Les chercheurs Bonhert et Latking [13] mettent en évidence que ce sont plus particulièrement les hommes ainsi que les individus n’ayant pas achevé un parcours académique qui endossent le plus de croyances conspirationnistes à propos du SIDA. Toutefois, il faut préciser que les conclusions peuvent varier selon les études, pour illustrer cela, certains chercheurs [14] n’ont pas réussi à mettre en lien des caractéristiques comme l’âge, le genre ou le parcours éducatif avec l’adhésion à des théories du complot.

Les raisons du manque d’unanimité dans les conclusions tirées de ces recherches peuvent être explicables du fait des variations des méthodes d’échantillonnage ainsi que de l’échantillon étudié, la finesse des analyses statistiques effectuées, de même que le type de théorie du complot étudié.

 

b) Caractéristiques de personnalité

Dans l’étude de Wagner-Egger et Bangerter [7], un ensemble de différentes échelles de mesure de personnalité ainsi que des échelles mesurant la croyance à différentes thèses conspirationnistes ont été administrées à des étudiants suisses. Il en est ressorti un lien entre différentes caractéristiques psychologiques et la croyance générale aux théories du complot. Le manque de confiance envers les personnes proches géographiquement prédit une forte adhésion aux théories du complot, comme également le degré d’anomie [15], mesuré par le niveau de méfiance envers les institutions, le sentiment de ne pas pouvoir contrôler le monde environnant et la satisfaction dans la vie.

Pour en revenir aux deux sous-dimensions que nous avions évoquées un peu plus haut, les mesures d’irrationalité d’une personne prédisent son adhésion à des théories du complot de type Système (plus une personne est irrationnelle et plus elle croira à cette catégorie de théories du complot, ce qui peut sans aucun doute attirer l’attention de la zététique), tandis que la méfiance, la peur ainsi que l’autoritarisme de droite [16] prédisent la croyance en des théories du complot de type Minorité. Ces résultats renforcent et élargissent les conclusions que tire Groetzel [5] à partir d'un échantillon d'américains, à savoir que l’anomie, le manque de confiance envers les autres ainsi que le sentiment d’insécurité vis-à-vis de l’emploi étaient de bons prédicteurs du degré d’adhésion aux théories du complot.

Par ailleurs, certains auteurs ont étudié la prévalence de croyances en une conspiration gouvernementale agissant contre les intérêts des Noirs Américains, chez une population de plus d'un millier d'Afro-américains provenant de Louisiane [14]. Ces auteurs se sont servi des travaux de Turner [17] pour tester un modèle théorique de croyances en des conspirations gouvernementales à deux niveaux, à savoir la croyance en des intentions malveillantes (croire que le gouvernement exacerbe intentionnellement les problèmes dans les communautés noires, avec par exemple la croyance selon laquelle le SIDA est une forme de génocide en vue d'éliminer les Noirs) et la croyance en des négligences bénignes (croire que le gouvernement fait le minimum pour résoudre les problèmes sociaux des Afro-américains, par exemple croire que le système judiciaire américain n'est pas juste envers les Noirs). Notons toutefois que la croyance en des théories du complot de type intentions malveillantes est moins répandue que la croyance en des théories du complot de type négligences bénignes.

Parmi cette population étudiée, ceux qui pensaient que la situation économique du pays empirait, (de même que ceux qui pensaient que les Noirs avaient peu d’influences dans la politique étasunienne), étaient plus susceptibles que les autres d’adhérer à des théories du complot de type intentions malveillantes et de type négligences bénignes.

De plus, cette étude a permis de mettre en évidence que les événements personnels vécus par une personne ont aussi un impact sur cette croyance : avoir été victime de harcèlements ou d’agressions raciales entraine une plus grande susceptibilité d'adhérer à ces deux types de théories du complot. Plus amusant, les personnes qui rapportent fréquenter le plus souvent une Église supportent moins les théories du complot de type négligence bénigne, les auteurs expliquent que les personnes qui se rendent le plus souvent à l’Église pourraient avoir une vision plus positive du gouvernement, notamment par le fait que fréquenter une communauté accroit le capital social. On voit ainsi que, conformément aux études présentées précédemment [5], [7], la tendance générale à ne pas croire les autres est liée à une plus grande adhésion dans la pensée conspirationniste.

 

4. Les théories du complot traduisant une vision du monde ?

Certains auteurs proposent que les théories du complot (plus précisément des théories du complot de type minorités) seraient le fruit d'un mécanisme de self-défense envers un sentiment de menace que pourraient représenter certaines minorités ethniques [9]. En outre, les théories du complot peuvent être aussi des explications servant de justification morale à des préjugés ainsi que des discriminations envers des minorités.

Pour illustrer cela, Koftka et Sedek [10], dans une étude réalisée sur un échantillon de citoyens polonais, ont mis en évidence plusieurs facteurs qui avaient un impact sur la croyance en un complot juif ou allemand. Dans un premier temps, avoir une forte adhésion à des valeurs nationalistes et avoir l'impression qu'il existe un consensus concernant l'existence d'un complot juif favorise cette même adhésion aux théories du complot juif, celle-ci étant par la même occasion un bon prédicteur de la xénophobie. Toutefois, précisons que dans cette étude, ceux qui sont désignés comme les prétendus acteurs du complot ne sont pas les Israéliens ou bien des Allemands, mais bien les citoyens polonais ayant des origines israéliennes ou allemandes, ce qui renforce l'hypothèse du sentiment de menace qu’exerceraient des minorités ethniques installées dans un pays.

On remarquera aussi qu'un haut degré d'essentialisme (défini dans l'article comme le fait d'attribuer une essence commune à tous les membres d'un groupe et de les considérer de la même manière qu'une espèce biologique [18]) ainsi qu'un haut degré  d'entitativité perçue (défini comme le degré avec lequel un agrégat de personnes est perçu en tant qu’unité) permet de prédire une plus forte adhésion à la croyance en un complot juif.

Nous voyons ainsi clairement que certaines théories du complot sont imbriquées dans un système, qui les rend aux yeux de ceux qui y adhérent parfaitement cohérentes et justifiées.

 

5. Influence des théories du complot sur nos attitudes

Naturellement, nous en venons à nous poser la question quant à l’impact que peut avoir l'exposition à des théories du complot sur nos attitudes. Les chercheurs Douglas et Sutton [8] ont voulu apporter une réponse à cette question en étudiant une population d'étudiants anglais. Les résultats montrent que les participants de l'étude qui ont lu des théories du complot sur la mort de Lady Diana avaient tendance à sous-estimer l'influence réelle que pouvait avoir une telle lecture sur leur avis personnel concernant cet événement. Par contre, ils étaient beaucoup plus proches de la réalité dans l'estimation de l'influence réelle que pouvait avoir cette lecture sur l'avis personnel des autres personnes concernant cet événement. Plus récemment, une étude conduite en Angleterre soutiendrait l'idée que la simple exposition à des théories du complot impliquant le gouvernement (comparé à l'exposition à l'information selon laquelle le gouvernement ne serait pas impliqué dans des complots) suffirait à impacter négativement les intentions comportementales d'engagement dans des actes politiques (par exemple aller voter aux prochaines élections [19].

 

6. Limites

Il est temps d’évoquer les limites des différentes données que nous avons pu extraire de ces articles de recherches.

Une première limite concerne essentiellement les recherches de type corrélationnelles (les recherches qui mesurent des liens de corrélations entre différentes caractéristiques). Les conclusions de ce type de recherches peuvent être soumises à un biais que l'on appelle communément en zététique : l’effet cigogne [20]. En effet, nous ne pouvons pas nous assurer du sens du lien causal qui unit ces différentes variables, en d’autres termes nous ne pouvons pas savoir si par exemple c'est le manque de confiance envers les autres qui nous amène à endosser la croyance dans les conspirations ou si c’est le fait d’endosser cette croyance dans les conspirations qui nous pousse à ne pas faire confiance aux autres. Une autre possibilité serait qu'une troisième caractéristique soit à l'origine de ces deux premières. Pour palier cela, une solution méthodologique envisageable serait d’agir expérimentalement sur une de ces deux variables pour mesurer statistiquement son effet sur l'autre.

Ajoutons que les résultats obtenus concernent des échantillons de diverses origines, que ce soit des habitants des États-Unis [5], [14], [17], d’Angleterre [8], [11], [19], de Suisse [7] ou de Pologne [10]. Ainsi la généralisation de ces résultats peut être limitée en raison du contexte culturel et social propre à chaque culture, il serait alors enrichissant de répliquer ces mêmes études sur d'autres populations.

Une dernière limite que l’on peut rencontrer concerne plus particulièrement la thématique de ce dossier. Ce serait une simplification excessive de réduire les théories du complot en un unique processus psychologique qui expliquerait n'importe quelle théorie du complot. Nous nous devons alors de prendre en considération non seulement le contexte démographique, mais aussi le rôle des médias, l’histoire de l'individu, ainsi que celle de son groupe social, son niveau de conscience politique, etc.

 

Conclusion

Cet aperçu de ce que la psychologie peut nous apprendre sur les théories du complot permet de se faire une idée du lien entre certaines caractéristiques psychologiques et l’adhésion aux théories du complot. Des caractéristiques comme la méfiance envers les autres ainsi qu’un sentiment d'insécurité expliquent relativement bien le recours à des théories conspirationnistes de type Système, théories qui viennent ainsi confirmer une vision du monde plutôt menaçante. En ce qui concerne les théories du complot de type minorité, le fait d'adhérer à ce type d'explications dites « naïves » est fortement reliée à un ensemble d'attitudes négatives envers les minorités, qui sont perçues comme dangereuses et possédant des caractéristiques communes et innées. Là encore ces théories collent avec les représentations que possèdent ces individus.

Évidemment, il serait naïf de penser que les complots n’existent pas [21], ou bien alors qu’il faudrait avoir une confiance aveugle et absolue en les médias. De façon à éviter de tomber dans tout faux dilemme [22], ce n'est pas parce qu'une explication officielle se révèle incomplète ou fausse que cela valide automatiquement pour autant la ou les théories alternatives, d'autant plus que l'on retrouve de très nombreux biais dans les théories du complot qui circulent beaucoup sur internet [23].

Ce qu’il faut retenir, c’est la nécessité de rester vigilants face à l’exposition à ce type d’informations, étant donné que nous avons pu voir la tendance à sous-estimer l'influence que peut exercer sur nous-mêmes les théories du complot [8].

 

Anthony Lantian

 

Notes

[1] Sunstein, C. R., & Vermeule, A. (2009). Conspiracy Theories: Causes and Cures. Journal of Political Philosophy, 17(2), 202-227.
[2] Complocratie sur Amazon.fr
[3] Voir http://www.conspiracywatch.info/Conspirationniste-fait-son-entree-dans-le-Petit-Larousse-2012_a686.html
[4] Voir http://www.davidicke.com/articles/david-icke-interviews-mainmenu-61/51259-david-icke-secrets-of-the-matrix
[5] Goertzel, T. (1994). Belief in conspiracy theories. Political Psychology, 15, 731–742.
[6] Keeley, B. L. (1999). Of conspiracy theories. Journal of Philosophy, 96(3), 109-126.
[7] Wagner-Egger, P., & Bangerter, A. (2007). La vérité est ailleurs : corrélats de l’adhésion aux théories du complot. Revue Internationale de Psychologie Sociale, 20(4), 31-61.
[8] Douglas, K. M., & Sutton, R. M. (2008). The hidden impact of conspiracy theories: perceived and actual influence of theories surrounding the death of Princess Diana. The Journal of social psychology, 148(2), 210-21.
[9] Moscovici, S. “The Conspiracy Mentality.” 1987. In Changing Conceptions of Conspiracy, ed. C.F. Graumann and S. Moscovici, 151–69. New York: Springer-Verlag, 1987: 151-169.
[10] Kofta, M., & Sedek. G. (2005). Conspiracy stereotypes of Jews during systemic transformation in Poland. International Journal of Sociology, 35, 40-64.
[11] Wood, M. J., Douglas, K. M., & Sutton, R. M. (2012). Dead and Alive: Beliefs in Contradictory Conspiracy Theories. Social Psychological and Personality Science. doi: 10.1177/1948550611434786
[12] Swami, V., Coles, R., Stieger, S., Pietschnig, J., Furnham, A., Rehim, S., and Voracek, M. (2011). Conspiracist ideation in Britain and Austria: evidence of a monological belief system and associations between individual psychological differences and real-world and fictitious conspiracy theories. Br. J. Psychol. 102, 443–463.
[13] Bohnert, A. S. B., & Latkin, C. a. (2009). HIV testing and conspiracy beliefs regarding the origins of HIV among African Americans. AIDS patient care and STDs, 23(9), 759-63.
[14] Parsons, S., Simmons, W., Shinhoster, F., & Kilburn, J. (1999). A Test of the Grapevine: an Empirical Examination of Conspiracy Theories Among African Americans. Sociological Spectrum, 19(2), 201-222.
[15] « Désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes dans une société. (Notion élaborée par Durkheim.) »
[16] Voir une petite note sur l’autoritarisme de droite
[17] Cité par Parsons, S., Simmons, W., Shinhoster, F., & Kilburn, J. (1999) dans A Test of the Grapevine: an Empirical Examination of Conspiracy Theories Among African Americans. Sociological Spectrum, 19(2), 201-222.
[18] Voir l'article de Guillemette Reviron sur le site du Cortecs.
[19] Jolley, D. & Douglas, K.M. (2013). The social consequences of conspiracism: Exposure to conspiracy theories decreases the intention to engage in politics and to reduce one’s carbon footprint. British Journal of Psychology.
[20] Voir l’article sur l’effet cigogne sur le site du Cortecs.
[21] Bale J. M. (2007). Political paranoia v. political realism: on distinguishing between bogus conspiracy theories and genuine conspiratorial politics. Patterns of Prejudice 41, 45–60.
[22] Voir http://cortecs.org/outillage/211-sophisme-le-faux-dilemme
[23] Voir http://www.zetetique.fr/index.php/dossiers/256-zetetique-theorie-complot

 

 

DOSSIER : Tristan et Yseut ont-ils existé ?

 

Les personnages du célèbre roman de Tristan ont-ils existé ? La question peut paraître extravagante mais que des personnages historiques puissent entrer dans la légende ne doit pas surprendre puisque l'on retrouve dans d'autres romans arthuriens des personnages aussi surprenants que Guillaume le Conquérant, le comte de Bretagne Hoël, son fils Alan Fergant et son petit-fils Brian Fitzcount, tous parfaitement historiques... et anachroniques. Il est donc possible, même si l'analogie n'a jamais fait la preuve, que le roman de Tristan se soit construit, lors de sa création dans le milieu du XIIe siècle, autour de personnages historiques. Ce qui sera discuté dans cet article c'est donc moins l'historicité possible de Tristan que la validité de la démonstration utilisée par certains historiens pour la prouver.

 

L'histoire de Tristan réinventée

Ces historiens [1] reconstituent ainsi l'histoire de Tristan :
Tristan aurait vécu au VIe siècle, avec son père (et non pas son oncle) nommé Marc, à Castel Dore, près de Fowey (U.K.), ainsi qu'à Lanmeur (Finistère). Son vrai nom aurait été Drustan, et Marc se serait en fait appelé Marcus Conomorus. Ce dernier aurait régné sur un royaume double situé à la fois en Cornwall et en Bretagne. Enfin, Yseut aurait aussi existé et son nom apparaîtrait sur la tombe de Tristan...

Cette reconstitution se base sur des éléments divers qui, une fois identifiés et assemblés, forment un système propositionnel dont la pierre angulaire est l'existence dans le Corwall d'une fortification nommée Castel Dore :
P1) Cette enceinte de Castel Dore est appelée localement  Château du roi Marc (King Marc’s Palace).
P2) Non loin se voient une ferme nommée Lantyan (à 3 km) et le bourg de Golant dont l'église est dédiée à saint Samson (à 2 km). Cela explique que dans le Tristan de Béroul, écrit vers 1190, Marc tient sa cour dans une ville nommée Lancïen où se trouve une église dédiée à saint Samson.
P3) Il existait autrefois sur le site même de Castel Dore une pierre plantée nommée Tristan Stone, Pierre de Tristan (elle se trouve aujourd'hui à 3 km de Castel Dore, à la sortie de la petite ville de Fowey).
P4) Cette pierre date des environs de l'an 550, époque supposée de Tristan.
P5) Une inscription gravée sur cette pierre atteste l'existence de deux personnages : Conomore (CUNOWORI) et son fils Tristan (DRUSTANUS).
P6) La Vita de saint Pol Aurelien évoque « le roi Marc autrement appelé Conomore ».
P7) Grégoire de Tours cite, dans son Historia Francorum, un comte breton armoricain nommé Conomore qui vivait au début du VIe siècle et qui serait notre Marcus Conomorus.
P8) La Vita de saint Melar parle d'un personnage nommé Conomore tenant le château de Castel Beuzit (à Lanmeur). On voit encore une substruction de ce castel près d'un village nommé Ruvarcq (Colline de Marc).
P9) Une triade galloise fait de Drystan le fils, et non le neveu, de March. Cette mention pourrait donc donner raison à la pierre et faire de Marcus Conomorus le père de Tristan.
P10) L'inscription de la pierre donne « Ci-git Drustanus fils de Conowori » mais se prolongeait autrefois par une ligne aujourd'hui effacée : « ...avec Dame Ousilta ». Ce serait Yseut.



Ce système de propositions semble cohérent et devrait permettre de retrouver la vie d'un Tristan historique à partir du Château du roi Marc et de sa Pierre de Tristan. Mais il y a loin de la cohérence à la preuve et les théoriciens qui y voient un faisceau d'indices convergents n'évitent pas certains pièges :

 

Valider sans analyse les traces écrites de traditions populaires (propositions P1 et P3)

Puisqu'aucune tradition sur Marc ou Tristan n'a jamais été recueillie dans les environs de Fowey par les chroniqueurs des siècles derniers (Leland, La Motraye...), pourtant bien au fait des légendes arthuriennes, on ne sera pas étonné d'apprendre que les dénominations Château du roi Marc et Pierre de Tristan, souvent présentées comme « populaires » et « locales », ne remontent pas au-delà des années 1930 pour la première [2], et des années 1950 pour la seconde [3], et sont directement liées à la publicité donnée aux différentes fouilles archéologiques menées à Castel Dore au XXe siècle.

 

Supposer vrai ce que l'on veut démontrer (proposition P4)

La datation aux environs de l'an 550 attribuée à la pierre de Fowey se lit sur une plaque posée sur les lieux par la Fowey Old Cornwall Society, et cette plaque précise que « Conomore est le Marcus Conomorus de la Vie de saint Samson [sic] et le roi Marc de Cornouaille que l’on voit dans l’histoire d’amour de Tristan et Yseut ». On comprend donc que cette datation est la conséquence directe de l'identification du personnage avec le comte armoricain cité par Grégoire de Tours. Cela n'empêche pas l'inscription de pouvoir remonter au VIe siècle mais une spécialiste comme Elisabeth Okasha se contente de la dater d'entre l'an 400 et la fin du XIe siècle.

 

Se baser sur des éléments non recoupés - «  Testis unus, testis nullus » (propositions P6, P7, P8 et P9)

L'identification du roi Marc avec le Conomore cité par Grégoire de Tours repose sur un seul texte : la Vie de saint Pol Aurélien, écrite au IXe siècle par un moine de l'abbaye de Landévennec nommé Uurmonoc. Mais comment expliquer qu'en dehors de la Vie de saint Pol, aucun des nombreux textes d'époque médiévale qui évoquent Conomore ne parle ni du roi Marc, ni de Tristan ? Et qu'inversement aucun des romans de Tristan ne parle de Conomore ? D'ailleurs notre moine ne donne aucun détail qui permettrait d'identifier ce Marcus Conomorus.

Source unique aussi, la triade galloise Bromwich n°73 qui évoque Drustan fils de March et fait de Tristan le fils de Conomore. Isolée, elle doit donc être considérée avec circonspection, d'autant que tous les autres textes connus font bien de Tristan le neveu de Marc. On peut donc supposer avec Rachel Bromwich que fils est ici une erreur pour neveu. [4]

 

Se tromper de quantificateur (propositions P6, P7 et P8)

Le nom Conomore indiqué sur la pierre de Fowey permettrait d'établir l'unicité avec un comte armoricain du même nom. La prudence la plus élémentaire nécessite de commencer par les distinguer. Le problème est le même pour le nom Marc qui est porté par plusieurs personnages au Ve siècle en Grande-Bretagne. 
Plutôt que de considérer que, quelle que soit la source et quelle que soit son origine, un même nom désigne toujours le même personnage, il est préférable de supposer qu'il existe au Moyen-Âge plusieurs Conomore, comme il existe plusieurs personnages nommés Marc. Elisabeth Okasha précise d'ailleurs que, selon elle, « il y a trop peu de preuves pour identifier le Cunomori de la pierre avec un quelconque autre Conomore » [5]. L'unification systématique de personnages portant le même nom ne peut conduire qu'à des hypothèses osées. Cela est encore plus vrai lorsque l'un s'appelle Conomore [5] et l'autre Marc et que, comme l'avoue Rachel Bromwich, « ils n'ont en commun que leur  mauvais caractère » [6].

 

Accepter l'à-peu-près (propositions P2, P3, P6, P7 et P8)

La pierre de Fowey se trouvait autrefois non loin de Caste Dore, et cette enceinte de terre se trouve à proximité du village de Lantyan qui lui même est proche de Golant qui possède une église Saint-Samson. Le château de Conomore à Lanmeur est lui près du village de Ruvarcq. Cette volonté de chercher à côté ce qu'on espère dans un endroit précis n'est pas sans danger surtout lorsqu'on manipule des données vieilles de huit cents ans. Ainsi Ruvarcq qui, décomposé en Run-Marc, pourrait signifier Colline de Marc, doit-il son nom au roi Marc... ou, comme l'attestent les registres paroissiaux, à l'un des nombreux habitants de Lanmeur ayant porté le nom Marc ou Varcq au cours des siècles ?
Autre raison de relativiser : les mentions selon lesquelles la Pierre de Tristan se trouvait autrefois sur le site même de Castel Dore sont contredites par John Leland qui nous dit, vers 1540, que la pierre était non loin d'où elle se trouve  aujourd'hui, c'est à dire à environ trois kilomètres de Castel Dore [7].

 

Prendre la bonne foi pour un argument (propositions P5, P10)

John Rhys fut le premier à « deviner » (« rather a guess than a reading » [8]) que l'inscription de Fowey devait être lu DRUSTAGNI. Vers 1900, il réexamina l'inscription et confirma sa lecture, à la grande satisfaction de Joseph Loth qui conclut :  « il faut lire DRUSTAGNI » [9]. Dans les années 1980, O.Padel [10] et C.Thomas [11] vont proposer, respectivement, les lectures  DRUSTAVS et DRUSTANUS. Entre-temps, en 1945, Macalister avait lu ce même mot CIRVSINIVS [12]. En 1540, pour John Leland, c'était « CLUSILLA ». Pour Lloyd, vers 1700, CIRUSIUS [13]. En 1732, pour La Motraye, CERUSIUS [14]. Si la bonne foi de Rhys, Padel et Thomas ne peut certes être mise en doute, celle de Leland, Lloyd, La Motraye et Macalister peut-elle l'être ?

 

Se contenter de preuves ordinaires... (propositions P5, P9)

… pour un assertion extraordinaire ! Leslie Alcock constate que la pierre de Fowey est « la seule preuve de l'existence d'un Tristan » en Cornouailles [15]. On s'attendrait donc à voir une unanimité dans la lecture de ce nom. Or il est donné, dans divers ouvrages, soit comme étant « illisible », soit comme représentant CLUSILLA, CIRUSIUS, CIRVSUS, CIRVSIVS, CERUSIUS, CIRVSINIVS, DRUSTAGNI, DRUSTANUS ou encore DRUSTAVS, ces trois dernières lectures, qui font de CI un D inversé, par des auteurs avertis voulant faire le lien avec le héros Tristan. La preuve ne paraît donc pas suffisante, d'autant qu'en 1993, Elisabeth Okasha, bonne connaisseuse du dossier et des vieilles inscriptions, ne put y lire que CIR*V*NC.

 

Faire une confiance aveugle à ses prédécesseurs (proposition P10)

L'histoire n'est pas une science exacte. Pour cette raison, on ne peut pas prendre pour argent comptant les recherches de ses prédécesseurs, aussi prestigieux soient-ils. Et puisque la lecture DRUSTANUS n'a jamais été proposée que par des auteurs voulant y voir le héros arthurien, on ne peut écarter l'idée que des désirs aient été pris pour des réalités. En ce qui concerne la lecture du nom OUSILLA censée représenter Yseut ( Yseut < Essylt < Ousilta < Ousilla) le problème est encore plus clair puisqu'il s'agit simplement d'une interprétation fautive et tardive de la lecture CLUSILLA proposée par Leland.

 

Ignorer le principe de parcimonie (proposition P2)

Près de Castel Dore se voit le hameau de Lantyan. Si ce Lantyan est bien le Lancïen cité par Béroul, faut-il en déduire qu'il existait déjà une légende de Tristan ancrée en cet endroit ? Ou bien la localisation de certains épisodes est-elle l'initiative des écrivains médiévaux ? L'analyse rationnelle et désintéressée de l'histoire de Tristan montre un emprunt majoritaire aux mythes antiques (Dionysos à Naxos, Thésée et le Minotaure, Phèdre, Egée) et on peut raisonnablement penser que la localisation arbitraire à Lancïen permettait de plonger dans un décor breton une histoire finalement assez peu celtique.

 

Confondre quantité et qualité (propositions P1 à P10)

En conclusion, on admettra que le grand nombre de propositions ne rend pas le système moins fragile tant la faiblesse de chacune d'entre elles, prises séparément, est patente. L'absence d'argument majeur doit donc inciter à considérer l'historicité de Marc, Tristan et Yseut avec une très grande prudence.

 

Goulven Péron

 

Notes :

[1] J.Morris, The Age of Arthur, 1989, p.118 ;  L.Fleuriot,  Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne I – Des origines à la fin des Etats, 1997, pp.127-129.
[2] O.Padel, The Arthur of the Welsh: the Arthurian Legend in Medieval Welsh, Cardiff, 1991, p.241.
[3] R.Hutton , Witches, Druids and King Arthur, Hambledon Continuum, New-York, 2006, pp.48-51.
[4] R.Bromwich, Trioedd Ynys Prydein, Cardiff, 1961, p.47.
[5] E.Okasha,  Corpus of Early Christian Inscribed Stones of South-west Britain. Leicester, 1993, p.94.
[6] R.Bromwich, ibid., p.26.
[7] G.Péron, Marcus Conomorus et la pierre de Fowey, Cahiers du CGHP, n°36, mars 2012, pp.30-40.
[8] J.Rhys , Lectures on Welsh Philology, 1877, Trübner and Co., London, p.410.
[8] J.Rhys , Lectures on Welsh Philology, 1877, Trübner and Co., London, p.410.
[9] J.Loth, Contributions à l'étude des romans de la Table Ronde, Champion, 1912, p.17.
[10] O.Padel, ibid., 1991, p.241-242.
[11] Charles Thomas, Post-Roman Inscriptions in Western Britain, Cardiff, 1994.
[12] R.A.S.Macalister, Corpus Inscriptionum Insularum Celticarum Vol. I., Dublin, 1945.
[13 ] Lloyd proposait d'ailleurs une alternative en voyant dans ce nom le patronyme cornouaillais Kirys.
[14] Voyages de La Motraye, en Europe, etc, Adrien Moetjens, Londres, MDCCXXXII, p.460.
[15] L.Alcock, Arthur's Britain, 1978, p.161.

 

 

AGENDA



Conférence à Fontaine (38) : Les théories du complot

Dans le cadre du cycle Remue-méninges (Rencontres-débats autour de questions de société) proposé par le service culturel de la municipalité de Fontaine, l’OZ animera cette année encore une série de conférences zététiques. La prochaine aura pour thème « Les théories du complot ».

De l'assassinat de Kennedy aux attentats du 11 septembre, de nombreuses théories décrivent les conspirations secrètes suivant un plan concerté et orchestré par des groupes malveillants. Comment analyser ces théories ? Sont-elles fondées ? Réfutables ?

 

 

Les théories du complot
Mercredi 27 mars 2013 à 20h00

Hôtel de Ville de Fontaine
89, mail Marcel Cachin
38600 Fontaine

Entrée libre

 



Conférence du CorteX à Saint-Martin-d'Hères (38)

Dans le cadre du cycle des « Ateliers zététiques de l'information », Nicolas Gaillard, membre du Collectif CorteX donnera le 27 mars prochain une conférence intitulée « les argumentocs – sophismes et rhétoriques fallacieuses ».

Si vous en avez marre des discours pompeux, des phrases fumeuses, des joutes oratoires moisies, attaques ad hitlerum, ad populum, faux dilemmes, technique de l'homme de paille, etc., venez apprendre à reconnaître à dix kilomètres une escroquerie rhétorique !


les argumentocs - Sophismes et rhétoriques fallacieuses
Mercredi 27 mars 2013 à 12h30 Annulé

Auditorium
Bibliothèques des sciences
40 avenue des Mathématiques
Saint-Martin-d'Hères.

Entrée libre

 

 

Retrouvez les événements sceptiques dans l’Agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 

 

CULTURE ET ZÉTÉTIQUE

 

Deux nouvelles « chandelles » chez Book-e-book

Les éditions Book-e-book continuent leur diffusion d'ouvrages zététiques avec deux nouveaux numéros de la collection « Une chandelle dans les ténèbres » dirigée par Henri Broch, deux ouvrages écrits ou coécrits par les membres du CorteX . Ils peuvent être commandés sur le site www.book-e-book.com, par téléphone au 04 93 00 15 34, ou par courrier à : éditions Book-e-book - BP 80117 - 06902 Sophia Antipolis Cedex.


Quantox
Mésusages idéologiques de la mécanique quantique
Richard Monvoisin
Éditeur : Book-e-book
Collection « Une chandelle dans les ténèbres» n°21
68 pages - 10,45 €
Date de parution : 11 janvier 2013

Les fantaisies vont bon train autour du monde quantique. Théorie fascinante, toujours en élaboration, la physique quantique est devenue un véritable marronnier de la vulgarisation des sciences, à grands coups de mises en scène nimbées de mystère. Cela serait sans réelle conséquence s'il n'était tout un marché naissant, poussant telle une mousse sur le travail d'Einstein, Heisenberg et leurs continuateurs : techniques de bien-être quantique, thérapies et médecines quantiques soignant les cancers, quand il ne s'agit pas de justifier n'importe quel scénario surnaturel au moyen d'une mécanique quantique revisitée qui n'a plus grand chose à voir avec l'originale. Le quantique a bon dos. Or, comprendre cette physique nécessite un temps d'apprentissage que le public n'a probablement pas. Alors, à l'instar d'une langue qu'il ne maîtriserait pas, que le lecteur voie ce livre comme un guide de première nécessité, un modeste guide de survie épistémologique qui lui permettra d'éventer les baudruches que certains affairistes « quantiques » n'hésitent pas à agiter comme des lanternes. Une mélopée rationnelle parmi les cantiques quantiques. Une mince chandelle dans la physique de l'infiniment petit.

 

Esprit critique es-tu là ?
30 activités zététiques pour aiguiser son esprit critique
Collectif CorteX
Éditeur : Book-e-book
Collection « Une chandelle dans les ténèbres » n°22
100 pages - 10,45 €
Date de parution : 11 janvier 2013

Un outillage critique est nécessaire aussi bien pour analyser l'information ou distinguer les contenus scientifiques de contenus pseudo-scientifiques que pour trier les thérapies, déceler les mensonges à visée commerciale ou de propagande, ou prévenir l'intrusion dans la méthode scientifique d’idéologies comme le racisme, le créationnisme ou l'Intelligent Design... L’outillage présenté par ce livret sera utile à l'étudiant, à l'enseignant ou au chercheur, mais aussi à tous ceux qui souhaitent pouvoir se faire des opinions en toute connaissance de cause en se méfiant des mésusages médiatiques de la science. Les « ateliers » d'esprit critique détaillés dans cet ouvrage ont été conçus et testés avec soin pour permettre de se frotter à l'analyse critique de façon concrète et amusante, mais aussi réellement constructive, en utilisant des supports ludiques, simples et motivants. Faire une expérience pour arrêter son cœur ou une lévitation en groupe, pratiquer la télékinésie et la torsion des métaux ou analyser des vidéos de fantômes, tester des pouvoirs extraordinaires ou d’autres phénomènes réputés « paranormaux » est en effet un excellent moyen pour mettre en œuvre la démarche scientifique, aiguiser son esprit critique et tenter ainsi de mieux comprendre le monde qui nous entoure.

 

 


 

À paraître :

La démocratie des crédules
Gérald Bronner
Éditeur : PUF
360 pages - 19 €
Date de parution : 6 mars 2013

Pourquoi les mythes du complot envahissent-ils l'esprit de nos contemporains ? Pourquoi le traitement de la politique tend-il à se « peopoliser » ? Pourquoi se méfie-t-on toujours des hommes de sciences ? Comment un jeune homme prétendant être le fils de Mickael Jackson et avoir été violé par Nicolas Sarkozy a-t-il pu être interviewé à un grand journal de 20 heures ? Comment, d'une façon générale, des faits imaginaires ou inventés, voire franchement mensongers, arrivent-ils à se diffuser, à emporter l'adhésion des publics, à infléchir les décisions des politiques, en bref, à façonner une partie du monde dans lequel nous vivons ? N'était-il pourtant pas raisonnable d'espérer qu'avec la libre circulation de l'information et l'augmentation du niveau d'étude, les sociétés démocratiques tendraient vers une forme de sagesse collective ?
Cet essai vivifiant propose, en convoquant de nombreux exemples, de répondre à toutes ces questions en montrant comment les conditions de notre vie contemporaine se sont alliées au fonctionnement intime de notre cerveau pour faire de nous des dupes. Il est urgent de le comprendre.


L'auteur :

Gérald Bronner est professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot. Avant d'être professeur de sociologie à l'Université Marc-Bloch de Strasbourg, il a été maître de conférences à l’Université de Nancy puis à la Sorbonne où il a dirigé le département de sociologie et a codirigé le Centre d’études sociologiques de la Sorbonne (CESS). Il est co-responsable de l’Association Française de Sociologie. Ses recherches portent sur les croyances collectives, l’épistémologie des sciences sociales, les représentations sociales, la sociologie cognitive.







Scientologie, témoignage d'une ex-adepte

Un nouveau livre-témoignage. Un nouveau coup dur pour la Scientologie. D’autant que l’auteure, Jenna Miscavige Hill, qui a passé près de 21 ans dans l’organisation, n’est autre que la nièce de David Miscavige, l’actuel  leader de la secte :

 

Rescapée de la scientologie
Broché
Éditeur : KERO
300 pages - 18,91 €
Date de parution : 6 février 2013

Jenna Miscavige Hill, la nièce du chef actuel de la Scientologie, dévoile, pour la première fois, comment elle a grandi dans la Scientologie et comment elle a réussi à en sortir. Le récent divorce de Tom Cruise et de Katie Holmes a attiré l’attention sur les conditions de vie des enfants dans la Scientologie. Dans son livre, Jenna révèle comment elle a été séparée de ses parents, et comment elle a intégré la Sea organisation qui chapeaute l'ensemble de la Scientologie dans le monde entier. Fondée en 1952 par L. Ron Hubbard, la Scientologie suscite dans le monde entier de nombreuses interrogations et controverses. Dans ce livre évènement Jenna Miscavige Hill met en lumière les aspects les plus troubles de l’organisation : des pratiques de récolte d’argent au travail des enfants. Jusqu’à révéler comment la Scientologie recrute des stars pour assurer la promotion de l’organisation.

 

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Cette newsletter a été préparée par Brigitte Axelrad, Cyrille Bareau, Éric Bévillard, Éric Déguillaume, Anthony Lantian, Florent Martin, Fabien Millioz, Goulven Péron, Nicolas Vivant et Franck Villard.

Mise à jour le Lundi, 13 Mai 2013 16:32
 
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