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POZ n°74 Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Jeudi, 02 Février 2012 20:31
Février 2012 / Newsletter 74

 

 

Édito

Les nouvelles de l’OZ
- Assemblée générale de l’OZ : journal du nouveau président
- Conférence de l'OZ : Les médecines alternatives sont-elles une alternative ?
- Lazarus interviewe Florent Martin

Actualités
- La Scientologie condamnée en appel pour escroquerie
- Sophie Robert perd son procès

Dossiers
- Protocole expérimental : test d'un magnétiseur
- Le pouvoir de la suggestion... ou comment notre cerveau perçoit les images

Culture et Zététique
- En librairie  : Les sciences face aux créationnismes.

Agenda
- Réunion mensuelle de l'Observatoire zététique
- Les rencontres zététiques à Fontaine (38)
- Notre cerveau nous trompe

 

 

ÉDITO

 

« Le boustrophédon peut-il rouir ? » Titre de la rubrique « Pratique » du site web du journal Le Monde, début février 2012.

Tu as bien entendu noté, ami lecteur, que nous avons finement laissé passer le mois de janvier sans te causer le moindre. Les plus hautes instances de l'Observatoire zététique se sont en effet réunies à l'issue de l'Assemblée générale ordinaire de janvier 2012 et ont décidé, dans un but d'assainissement et de clarification, d'éviter la corvée des vœux de Nouvel An.

Je vois trois raisons à cela, dont chacune est suffisante seule.

Primo, ce serait particulièrement hypocrite et contre-productif de formuler des vœux, par tradition connotés positivement, au début d'une année de fin du monde. T'imagines, après la fin du monde, nos détracteurs auraient beau jeu de se gausser, ouah l'Observatoire zététique ils avaient rien vu venir du tout, la preuve ils ont fait des vœux comme si de rien, quelle bande de nazes, alors que tous les astrologues et voyants avaient vu le truc, et puis les Mayas avant tout le monde. On aura l'air fin. Du moins, s'il y a des survivants.

En outre, il ne faut pas gâcher notre ferveur par des vœux en début d'année si on risque d'en avoir besoin pour nos prières de fin d'année, des fois qu'on pourrait éviter la fin du monde, ou au moins faire en sorte qu'elle ne tombe que sur le voisin du dessus et seulement lorsqu'il met la musique trop fort.

La deuxième raison est que l'Observatoire zététique, dans un but de modernisation, a abandonné le découpage horaire actuel, anachronique, pour une année commençant le quinze fructidor à 8 h 88 min et 88 s, c'est beaucoup plus adapté au monde actuel et aux radio-réveils à affichage digital. Partant de là, on ne va pas présenter des vœux en janvier, non mais sans blague.

La troisième raison est plus personnelle et un peu délicate à formuler. Ne le prends pas mal, ami lecteur, si je ne te présente pas de vœux, mais... je crois bien que je ne t'aime pas. Tu me diras, point n'est besoin d'aimer quelqu'un pour lui vouloir du bien. Certes. Mais dire à quelqu'un qui ne l'a pas sollicité qu'on lui veut du bien, alors même qu'on ne l'aime pas, c'est pas mon truc. Je suis arrivé à cette triste conclusion après des années de lutte pour l'éviter, après des mois de retraite dans un monastère trappiste, après des semaines d'alcoolisation-pour-oublier, après des heures passées à éplucher des légumes (activité propice à l'introspection, surtout en hiver où on mange beaucoup de soupe).

En fait, la zetetic attitude telle que je la pratique implique finalement la misanthropie. Plus je cherche à traquer les raisonnements illogiques, les petites croyances paranormales, les abandons d'esprit critique, plus j'en vois et plus ça me désole sur l'ampleur de la tâche du zététicien évangélisateur et sur le genre humain.

Je ne t'en veux même pas, ami lecteur, ce n'est pas ta faute. Des fois, tu fais de ton mieux (mais d'autres, tu te laisses aller, avoue-le). Mais globalement, je ne te comprends pas. N'étant pas compris, tu m'es étranger, donc je ne peux pas t'aimer, et voilà. J'aimerais bien, hein. D'ailleurs le moindre effort visible de ta part, couronné d'un succès même médiocre, me comble de joie et me rend espoir te concernant. Assiégé de toutes parts que tu es, une brève réplique bien sentie, fût-elle grossière, t'attire la sympathie que j'ai pour tous les Cambronne et Cyrano de légende.

Tu sais ce qu'il te reste à faire. Cette dernière raison m'est personnelle et ne saurait engager l'Observatoire zététique, hein. La plupart des membres en sont plus des petits chevaux fringants que de vieux chameaux fatigués. Même pour moi, je ne sais pas trop quoi penser, je me demande si je suis sincère, ironique, si c'est un hyperchleuasme ou d'un degré encore plus élevé.

Pour finir, tu te demandes peut-être le rapport entre la citation en exergue et ce texte désabusé. Ben c'en est le déclencheur. Je baguenaudais sur les sites d'information, ne lisant que les titres qui la plupart du temps dispensent de lire l'article, et tombai en arrêt sur cette question étrange. Le boustrophédon peut-il rouir ? Ben pardi, non, ça n'a pas de sens, répondis-je dans ma Ford intérieure. Allai voir l'article en question : il s'agissait d'un test de vocabulaire et non d'un article sur le rouissage des boustrophédons.

Humilié de m'être fait avoir, vexé qu'on considère comme évident qu'un lecteur ne puisse à la fois savoir ce qu'est un boustrophédon et le rouissage, je lâchai la bride à mon émoi misanthropique et décidai de déverser mon fiel dans ton cerveau réceptif, petit veinard.

 

Stanislas Antczak
Éditorialiste de Chandeleur (et paf, vive le mois de février)

 

 

LES NOUVELLES DE L'OZ


Assemblée générale de l’OZ : À la conquête du pouvoir ou le journal d’un président

Lundi 9 janvier 2012. C’est le grand soir. Aujourd’hui, l’OZ élit son conseil d’administration pour l’année 2012, et je compte bien en être. Du CA, hein. N’allez pas imaginer des choses, non plus, et puis d’abord ça me regarde et je fais ce que je veux.

19 h 57 : j’arrive. On aurait dû faire ça au Parlement, mais c’était déjà réservé pour le loto annuel du CCAS de Trifouilly-les-Oyes. Du coup, c’est à l’étage d’un café que ça se passe. Tant pis, je devrais me passer de pompe pour mon accession au pouvoir. Il y a huit personnes, ce qui est un peu juste pour le quorum requis de l’élection à venir, et ça craint.

20 h 00 : Franck V., le trésorier sortant et patron de la newsletter, me demande un compte-rendu pour le prochain numéro. Comme je n’ai rien pour prendre des notes, il me prête une feuille et un stylo. Classe, d’ailleurs, le stylo. Je peux le garder ?

20 h 04 : Florent M. a déjà fini sa première bière. Je ne compterai pas les autres. Non que je me soucie de sa réputation, hein, puisque tout le monde me craindra quand je serai dictateur de l’OZ, mais quand même.

20 h 05 : youpi ! Nous sommes neuf. Il reste encore un espoir.

20 h 08 : Anthony L. me demande comment s’appelle le seul document qu’une association est tenue de conserver. Je ne sais absolument pas de quoi il parle. Et c’est bien ça le problème.

20 h 11 : Jean-Louis R., le président sortant, distribue autour de lui des copies du rapport d’activités et du bilan moral de l’année 2011, mais curieusement, il « m’oublie ». C’est louche. On me cache quelque chose.

20 h 12 : Richard M., ancien membre historique de l’association et célèbre pirate (il a notamment côtoyé le fameux Racca le Rouge), fait une apparition ectoplasmique et inattendue. Cette fois c’est sûr, le monde va disparaître en 2012. Du coup, quand le monde aura disparu, on se souviendra de moi comme le dernier président de l’OZ ! C’est trop la classe.

20 h 38 : Jean-Louis R. ouvre la séance, normalement prévue pour 21 heures, en présentant le rapport d’activités. C’est louche, on me cache quelque chose.

21 h 25 : de 13 membres présents, on passe à 12. Par pudeur, je tairai le nom du/de la fugitif/ve, qui de toute manière ne se reconnaîtra puisqu’il a été aussitôt purgé. Quoi qu’il en soit, cette réduction tombe à point nommé juste avant de manger.

21 h 35 : l’heure du repas approche. NB : ici le riz est carré, fourré au fromage, et s’appelle des « ravioles ».

21 h 40 : alors que Jean-Louis R. présente le bilan moral, il est conspué par une foule avinée et sauvage. C’est comme quand Papa me racontait les réunions du Politburo, à l’époque où il n’avait pas encore purgé tout le monde et n’en était pas le seul et unique membre. Quand je serai président, je changerai tout ça.

22 h 11 : le bilan moral est finalement voté. Avec les procurations, on arrive à 17 voix pour, 1 contre et 4 abstentions. J’ai connu des scores plus staliniens. Des têtes vont tomber.

22 h 28 : après que Franck V. nous ait présenté son quitus financier, celui-ci est voté par 20 voix pour et 1 abstention. J’aime mieux ça. Oh, et il paraît qu’il y aurait un trésor de guerre de l’OZ. Papa m’avait parlé de la caisse noire, mais pas de ça… On me cache quelque chose, mais ce n’est qu’un combat d’arrière-garde. CAR L’HEURE DE MON TRIOMPHE EST PROCHE !!! Hum, pardon, excusez-moi. Je m’emballe tout seul, parfois.

22 h 50 : après un scrutin délicieusement totalitaire, le conseil d’administration 2012 est élu. À savoir :

  • Eric Déguillaume, 22 voix
  • Eric Bevillard, 22 voix
  • Nicolas Vivant, 22 voix
  • Christophe Michel, 22 voix
  • Anthony Lantian, 22 voix
  • Virginie Bagneux, 21 voix
  • Frédéric Bachelier, 19 voix

Je me suis mis en premier sur la liste. À tout seigneur tout honneur, hein, vous m’en voudrez pas. Et puis maintenant j’ai le pouvoir, alors c’est comme ça.

N’empêche, 22 voix sur 22 suffrages exprimés, c’est trop la classe. Papa aurait été fier de moi.

Les membres nouvellement élus se réunissent alors pour se distribuer les postes. Je leur dis que puisqu’il faut un président, je veux bien me dévouer et faire don de ma personne à l’OZ, et puis de toute façon Papa avait dit que ce serait moi donc c’est comme ça.

Et c’est ainsi que je suis devenu président. Pour la forme, voici quand même l’attribution des postes, histoire de préserver les apparences, même si en vrai c’est moi qui décide :

  • Président : Eric Déguillaume
  • Vice-président : Eric Bevillard
  • Trésorier : Frédéric Bachelier
  • Secrétaire : Christophe Michel
  • Administratrice : Virginie Bagneux
  • Administrateur : Anthony Lantian
  • Administrateur et conseiller occulte du président : Nicolas Vivant

Enfin, Jean-Louis R. m’a formellement adoubé président de l’Observatoire zététique avec le Poireau Callipyge, que j’ai ensuite récupéré, et mangé sans cérémonie le surlendemain avec un pavé de saumon. C’était inutile de le garder, puisque la fin du monde est proche et qu’il n’y aura pas d’autre assemblée générale d’ici-là, donc pas d’autre président.

Mais rassurez-vous, chers lecteurs : je serai le président de tous les OZiens, vous pouvez dormir en paix.

 

Kim-Eric Jong-Un Déguillaume

 



Conférence de l'OZ à Fontaine (38) : Les médecines alternatives sont-elles une alternative ? Le cas de l'homéopathie

Le mardi 25 janvier 2012, Florent Martin donnait à la mairie de Fontaine (38) une conférence sur le thème : « Les médecines alternatives sont-elles une alternative ? Le cas de l'homéopathie ». L'enregistrement audio de la conférence est disponible ici.

 


 

Lazarus interviewe Florent MARTIN

La Raison, le scepticisme, la zététique, mais aussi le progrès, la justice. C’est une vision du monde. Un désir de lutter contre les manipulations, les arnaques à la croyance qu’elles soient superstitieuses, sociales ou commerciales. Car l’irrationnel domine : pseudo-sciences, médecines parallèles, miracles, fin du monde, mais aussi information trouée au service de dominants (...). Pour lutter, il va falloir douter de nos certitudes. Nous sommes des millions. Qu’importe qui je suis. Appelez-moi Lazarus.

Lazarus, projet sceptique, anonyme et médiatique, est né. Site web, blog, vidéos, Facebook, Twitter... ce pseudonyme a investi le web. Et puisqu'on en parle, deux vidéos viennent de paraître dans lesquelles Florent Martin, de l'observatoire zététique, est interrogé. Raison, science, sourciers et paranormal.... de nombreux sujets sont abordés.

Vous vous demandez si le père noël glisse plus vite dans la cheminée si on met de la vaseline ? La réponse est dans les deux vidéos ci-dessous.

 

Première partie (16 min 13)

Deuxième partie (20 min)

 

 

Pour être régulièrement tenu au courant des activités de l’Observatoire zététique (réunions, conférences, etc.), demandez votre inscription à notre liste d'informations en écrivant à contact@zetetique.fr.

 

 

 

ACTUALITÉS

 

La Scientologie condamnée en appel pour escroquerie

Les deux principales structures françaises scientologues, l'Association spirituelle de l'Église de Scientologie et la SARL Scientologie Espace Librairie (SEL), condamnées respectivement en première instance (en octobre 2009) à 400 000 et 200 000 euros d'amende pour « escroquerie en bande organisée »[1], ont vu leurs condamnations confirmées en appel le 2 février dernier. Les cinq scientologues dont le dirigeant de la branche parisienne qui avaient fait appel du premier jugement voient également leurs condamnations confirmées et pour certains leurs peines alourdies. La lecture du verdict s’est déroulée sans les prévenus et leur défenseurs qui avaient quitté l’audience deux semaines après l’ouverture du procès, en dénonçant un procès « faussé et inéquitable ».

La Scientologie parisienne a déjà fait part de son intention de se pourvoir en Cassation, et prévenu qu'elle se tournerait le cas échéant vers la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
L’intégralité de l’arrêt de la Cour d’appel est disponible ici.

 

Franck Villard

 

[1] lire à ce sujet « Un coup de pied au culte scientologue ! », POZ n°53, 13 avril 2009.

 


 

Sophie Robert perd son procès

Nous avions parlé dans une précédente newsletter [1] du documentaire « Le Mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ».

On sait que certains des psychanalystes interrogés avaient porté plainte contre la réalisatrice, Sophie Robert, officiellement au motif que leurs propos avaient été dénaturés (mais plus probablement parce qu’ils ne parvenaient pas à assumer cette mise à la disposition du grand public de la teneur de propos qu’ils réservent habituellement aux initiés).

Le 26 janvier dernier, une juge du tribunal de Lille a en partie accédé à leur demande et condamné Sophie Robert à 36000 euros d’amende.

De nombreuses voix se sont élevées contre ce verdict.

Certaines étaient attendues, comme celles d’associations de parents qui considèrent le travail de la réalisatrice comme particulièrement salutaire pour faire connaître les discours et les pratiques de prises en charge hexagonales de l’autisme. Des discours et des pratiques qu’elles condamnent au nom de l’avancée des connaissances scientifiques et de l’existence, surtout à l’étranger, d’autres thérapies.

Attendue également la réaction de l'AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique) qui a produit un communiqué s’étonnant qu’on ait pu considérer que les propos des psychanalystes avaient été « dénaturés » puisque « le documentaire de Sophie Robert ne fait que reproduire ce que des psychanalystes écrivent et déclarent depuis des dizaines d’années à propos de l’autisme. »

Mais les réactions défavorables ont largement dépassé les rangs habituels des sceptiques.

Ainsi, alors que cette organisation s’abstient généralement de commenter des décisions judiciaires françaises, Reporters Sans Frontières (RSF) a pourtant produit un communiqué s’étonnant de cette « condamnation disproportionnée ». On y lit notamment : « Le raisonnement du juge est extrêmement dangereux pour l’avenir du film documentaire. Le parti pris, la défense d’une thèse, consubstantiels à un sujet si polémique, ont été assimilés à de la dénaturation. Chaque personne interviewée pourra-t-elle désormais demander la saisie des rushes de ses déclarations et en exiger le retrait ? Ne va t-on tolérer que les documentaires aseptisés, édulcorés ? ».

Dans un article que ne renierait pas l’Observatoire zététique, le site de l’émission Arrêt sur Images (ASI) s’est aussi exprimé : « Y a-t-il eu manipulation ? A la lecture du jugement du tribunal de Lille, les reproches adressés à Sophie Robert semblent minces.
(…)
Concernant Alexandre Stevens, par exemple, le jugement reproche à Robert de « laisser faussement apparaître » que pour lui, les parents sont désignés comme responsables de l'autisme de leurs enfants. Qu'en est-il ? (...)
En réalité, selon les rushes retranscrits par le tribunal, il ajoutait : « (...) Mais ça n'est pas obligé ; je pense qu'une telle hypothèse causale implique qu'on va devoir dire - c'est une hypothèse de type statistique : parfois quand la mère est déprimée, enceinte, ou à la naissance, (...) l'enfant peut-être autiste et parfois pas. Et les enfants autistes parfois leur mère est déprimée et parfois pas. C'est un type de causalité qui vaut exactement ce que valent les statistiques. »

Un statisticien, même débutant, pourra se demander ce que veut dire le Pr. Stevens avec cette dernière phrase. Mais le pire (remarque que je dois au sens de l’observation particulièrement acéré de mon ami Jérôme Quirant, qui exerce d’habitude ses talents sceptiques dans d’autres domaines !) réside peut-être dans le fait que la phrase « Parfois quand la mère est déprimée, in utero enfin pendant qu'elle est enceinte ou à la naissance, parfois l'enfant peut être autiste »... figure dans le documentaire !

Oui, répétons-le, la juge souligne et reproche d’avoir coupé une phrase qui est dans le documentaire.

Comble de l’ironie, c’est un passage où le Pr. Stevens insiste lourdement sur le mot « parfois » (deux fois dans la même phrase). On peut le vérifier, vers la fin du 1er extrait disponible sur la page d’ASI qui s’ouvre en cliquant sur le lien donné ci-dessus).

Comment dès lors affirmer que la nuance de son discours n’est pas prise en compte par le montage ?

Sophie Robert a fait appel. Mais comme le rappelle RSF : « En vertu d’une décision assortie d’« exécution provisoire », les condamnations doivent être appliquées immédiatement » et, entre autres conséquences, pour le moment, « Le Mur » n’est plus disponible sur son « site officiel ».

 

Jean-Louis Racca

 

[1] Brigitte Axelrad, Documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » : les psychanalystes jettent le masque, POZ n°72, novembre 2011.

 

 

 

DOSSIER : test d'un magnétiseur

 

Introduction

Dans le cadre d'une émission pour la télévision française [1], il nous a été proposé de mettre en place un protocole expérimental autour du magnétisme. M. Matsima, professionnel exerçant à Grenoble, a bien voulu prêter son concours à la reproduction d'une expérience réalisée par l'Observatoire zététique en 2004(2). Une session s'est donc déroulée à son cabinet le 24 janvier 2012 et a permis de réaliser 100 essais, nombre sur lequel nous nous étions mis d'accord auparavant. L'équipe de tournage ne disposant que d'une caméra, il n'était pas possible de réaliser une expérience satisfaisante à la fois du point de vue journalistique (images des différentes équipes réalisant le protocole) et du point de vue de la rigueur scientifique (l'équipe circulant d'une pièce à l'autre aurait mis à mal le double aveugle). Il a donc été décidé de réaliser le protocole la veille du tournage, en l'absence des journalistes. Le lendemain, des essais ont été réalisés dans un but purement illustratif, à destination des journalistes. Ensuite, nous avons procédé, dans les conditions du direct, au dépouillement des résultats des 100 essais réalisés la veille. Ainsi, les journalistes ont pu bénéficier des réactions à chaud des participants, sans pour autant menacer la qualité de l'expérience. Cette disposition a aussi permis au magnétiseur de travailler dans un cadre moins stressant, hors de toute pression liée à la présence d'une caméra.

Dans le texte qui suit, nous nommerons le phénomène à observer « fluide », « signal », ou « phénomène », indifféremment. La personne placée derrière le paravent et dont le magnétiseur signale la présence ou l'absence sera nommée « patient » ou « cobaye ».

 

 

1. ÉLABORATION DU PROTOCOLE, PRÉPARATION



Information sur le protocole

Avant de débuter l'expérience, les détails du protocole sont communiqués aux participants. On se met également d'accord sur l'analyse statistique des résultats futurs (que considèrera-t-on comme un échec, une réussite ?), et sur la façon dont les conclusions seront formulées en fonction du résultat de l'expérience.

 

Sélection du cobaye

Dans sa pratique, M. Matsima commence par survoler de ses mains le patient qui le consulte et identifie une zone (chakra) pour laquelle il ressent une perturbation et qui lui donne une première indication sur la façon dont il devra traiter celui-ci. Selon lui, cette « anomalie » est stable dans le temps et dans l'espace, c'est-à-dire qu'elle demeure pendant plusieurs jours si aucun traitement « magnétique » n'est mis en place. Reste à sélectionner le « cobaye ». Les huit membres  présents de notre association sont alors à tour de rôle « testés » par le praticien. C’est finalement F. qui est choisi par le magnétiseur pour la qualité de son « signal ».

 

Double aveugle et tirage aléatoire : 3 équipes

L'équipe « tirage aléatoire » : composée de 3 personnes, cette équipe s'isole en début d'expérience et procède à 100 tirages à l'aide d'une pièce de monnaie. Pour chaque tirage, « pile » est noté « 1 » et « face » est noté « 0 ». Un des membres de l'équipe tire la pièce, les deux autres notent le résultat obtenu. On obtient une suite de 100 chiffres constituée de 0 et de 1, en 2 exemplaires. Un exemplaire est remis au magnétiseur pour vérification postérieure, l'autre est remis à l'assistant du cobaye.

L'équipe « magnétiseur » : elle est constituée du praticien et de deux assesseurs qui notent, chacun sur une feuille, ce que celui-ci leur indique. Dans le cadre de cette expérience, le pouce levé signifie « je ressens la présence du cobaye derrière le paravent », un zéro fait avec le pouce et l'index signifiant au contraire que le magnétiseur ne ressent aucun signal. Un des deux assesseurs dispose d'un dispositif permettant d'indiquer, par un signal sonore, que l'essai est terminé.

 

 

L'équipe « cobaye » : elle comprend le cobaye, un assistant qui lui indique s'il doit se placer derrière le paravent, et une personne chargée, après chaque placement, d'indiquer à l'équipe « magnétiseur », par un signal sonore, que tout est en place pour l'essai suivant.

Ces 3 équipes n'ont pas de contact pendant le déroulement de l'expérience. Un signal sonore normalisé (« bip » sonore de talkie-walkie) permet aux équipes de se synchroniser à chaque essai.

 

Normalisation des essais, contrôles

Le magnétiseur est équipé d'un casque antibruit. Cette précaution est utile pour s'assurer qu'il ne peut pas entendre le bruit (respiration, craquement du sol, etc.) potentiellement généré par le cobaye.  Le signal sonore, seul élément d'information échangé entre les équipes, permet de se synchroniser. Il est généré à partir de deux talkie-walkie qui disposent d'une fonction de signal sonore. Il est important que le signal soit toujours le même (même son et même durée). L'équipe « cobaye » chronomètre chacune de ses mises en place (10 secondes) pour qu'on ne puisse pas deviner la présence ou l'absence du cobaye en fonction du temps de mise en place des essais. Enfin, toutes les données produites sont notées en double. Toute erreur ou doute quant à la qualité d'un essai conduit à la non prise en compte de l'essai dans les résultats de l'expérience.

 

Test blanc

Chaque expérience réalisée par l'Observatoire zététique est précédée d'un test blanc : plusieurs essais sont réalisés, sans aveugle ; le magnétiseur sait si le cobaye se trouve derrière le paravent. Ce test préliminaire est très important : il permet de se familiariser avec le protocole et surtout de vérifier que les conditions expérimentales n'ont pas une influence négative sur la performance du praticien. Dans le cadre de ce protocole, il permet également de mesurer la distance à laquelle le cobaye doit se placer pour être bien perçu par le magnétiseur quand il se trouve derrière le paravent, et de quelle distance il doit s'éloigner pour que le magnétiseur ne ressente plus du tout de signal. Ces distances seront ensuite utilisées pendant le déroulement de l'expérience. Ce jour-là, le cobaye devait, à chaque essai où il ne devait pas être derrière le paravent, se placer à plus de 2 mètres du sujet.

Si, lors du test blanc, le sujet émet un doute sur les conditions expérimentales ou s'il considère que les conditions ne sont pas réunies pour que sa performance soit optimale, l'expérience est annulée.

 

 

2. DÉROULEMENT DE L’EXPÉRIENCE


 

L'équipe « tirage au sort » pose les deux enveloppes contenant les 100 tirages correspondant aux 100 essais dans une pièce et se retire pour la durée de l'expérience. Sa contribution au protocole est terminée. Une enveloppe indique « magnétiseur », l'autre « cobaye ».

Les équipes « magnétiseur » et « cobaye » se saisissent chacune d'une enveloppe et s'isolent dans deux pièces séparées par le paravent.

Dans l'équipe « magnétiseur », un assesseur indique, par un signal sonore, que tout est prêt de son côté. L'enchainement des essais peut commencer.

 

Étape 1

Dans l'équipe « cobaye », l'assistant indique au cobaye s'il doit se placer derrière le paravent. Le 3e membre de l'équipe chronomètre 10 secondes et fait savoir à l'équipe « magnétiseur », par un signal sonore, que le premier essai est en place.

 

Étape 2

L'équipe « magnétiseur » s'approche et le magnétiseur se place face au paravent. Il procède comme il a l'habitude de le faire, puis indique à ses assesseurs s'il a ressenti la présence du cobaye. Les 2 assesseurs notent, chacun sur leur feuille, ce qui leur a été indiqué, puis ils s'éloignent et communiquent à l'équipe « cobaye », par un signal sonore, que l'essai est terminé.

Les étapes 1 et 2 sont répétées jusqu'à l'obtention de 100 essais.

Quand le 100e essai est terminé, chacune des équipes place ses données dans des enveloppes scellées, puis indique à l'autre, par deux signaux sonores, que l'expérience est terminée pour ce qui la concerne. Quand toutes les données ont été scellées, les deux équipes se retrouvent et les placent dans une mallette sécurisée qui reste chez le magnétiseur et dont l'Observatoire zététique conserve les clés. Ainsi, personne ne peut accéder aux informations avant le dépouillement du lendemain.

 

 

3. DÉPOUILLEMENT DES RÉSULTATS



L'ouverture de la mallette, puis des enveloppes scellées qu'elle contient, a lieu en présence des participants et de l'équipe de tournage.

 

Vérification des données

On vérifie d’abord que le pré-tirage en possession de l'assistant du cobaye correspond bien à celui qui avait été laissé à l'équipe « magnétiseur »  (Voir annexe 1, feuilles 1 et 2). On vérifie ensuite que les comptages des deux assesseurs ne présentent pas de différence (Voir annexe 1, feuilles 3 et 4). Aucune erreur n'étant mise en évidence, nous passons à la vérification des résultats

 

Analyse des résultats

On compare les résultats du tirage aléatoire et les indications notées par les deux assesseurs. (feuilles 1-2 contre feuilles 3-4).

Nombre d'essais validés : 100.

On calcule le nouveau nombre minimum d’essais qui doivent être réussis pour que l’expérience soit considérée comme un succès (en langage scientifique, on parlera de résultat statistiquement significatif). Pour ce faire, l'Observatoire zététique utilise  l'outil informatique « prOZstat » disponible à l'adresse : http://zetetique.fr/stats et qui utilise la loi binomiale. Nous avons fait le choix d'un test bilatéral, cela nous permettant d'identifier (et de tenter d'analyser) une performance exceptionnelle, qu'elle soit positive ou négative.

Les statistiques nous indiquent que, si la personne obtient un score compris entre 37 et 63 succès, les résultats sont considérés comme normaux. Un résultat de 64 succès ou plus sera donc considéré comme extraordinairement bon, un résultat de 38 succès ou moins étant anormalement mauvais.

Vérification faite, le magnétiseur obtient un résultat de 44 succès et 56 échecs pour 100 essais. Cette performance s'inscrit dans la normalité, l'expérience est un échec.




CONCLUSION


 

Cette reproduction de notre expérience de 2004 n'a pas permis de mettre en évidence de capacité particulière permettant au magnétiseur, dans un environnement contrôlé, de déterminer si une personne qu'il a préalablement examinée est effectivement placée à proximité.

A l'issue de ce travail M. Matsima, que nous remercions vivement pour sa patience, sa gentillesse et la qualité de son accueil, pense qu'il pourrait améliorer sa performance avec de l'entrainement. Il aimerait aussi que l'Observatoire zététique puisse reproduire cette même expérience avec d'autres praticiens. Il va de soi que vous accueillerons favorablement une proposition de ce type.

 

Nicolas Vivant

 

Notes :

[1] Émission « E=M6 » diffusée sur M6 le 12 février 2012
[2] http://www.zetetique.fr/index.php/dossiers/83-experience-magnetisme

Nota
: la version PDF de ce dossier contient les données brutes de l'expérience



 

DOSSIER : Le pouvoir de la suggestion... ou comment notre cerveau perçoit les images.

 

Voir, c’est penser.
S. Dali

L’objet de cet article est parti d’une discussion en ligne sur les explications potentielles à l’origine du phénomène visuel ci-dessous.

 

 

Face à ce genre d’images, il est en effet possible de se faire un certain nombre de réflexions :
- Notre cerveau interprète l'information en fonction de ce qu'il voit et reconnaît.
- C'est fou combien l'absence d'information stimule l'imaginaire, les fantasmes. Cela montre à quel point notre culture et nos « envies » biaisent notre perception. Comme d’ordinaire les bandeaux noirs sont associés à un contenu «censuré », rien de très surprenant en effet à s’imaginer le caractère érotique de l’image.

Alors qu’en est-il vraiment ?

Par quels mécanismes culturel, social ou perceptif, nous en venons à l’hypothèse que c’est la nudité qui est cachée sur ces photos, alors qu’il n’en est rien…

 

 

Je vous propose de déterminer ensemble laquelle de ces explications est la bonne…

Commençons par analyser la façon dont le cerveau interprète ce qu’il perçoit dans l’environnement.

 

 

LA PERCEPTION


 

L’objectif de la perception est avant tout d’organiser de manière cohérente et stable le monde qui nous entoure. Et le genre d'illusion illustrée ici peut s’expliquer par les principes identifiés à partir de la célèbre théorie de la Gestalt (= forme structurée, unifiée et signifiante) ou théorie de l’émergence (Wertheimer, 1923).

Cette théorie psychologique et philosophique date du début 20ème siècle et fut une réponse de l’Allemagne face au champ behavioriste qui grandissait aux Etats-Unis à cette époque. Le courant behavioriste estime que les processus cognitifs (perception, mémoire, émotions, etc.) ne peuvent pas être observables donc pas étudiables (concept de la « boite noire ») et que le seul objet d’étude possible est le comportement (Skinner, 1938 ; Watson, 1913). A l’inverse, la théorie de la Gestalt propose que la perception saisit d'abord les ensembles indissociables structurés que l’on résume communément par la célèbre maxime « le tout est bien plus que la somme des parties ».

Le processus de perception est donc le premier processus à être compris par les principes identifiés par la théorie de la Gestalt (Köhler, 1929 ; Wertheimer, 1923). Cette théorie s’est ensuite étendue à l’analyse d’autres phénomènes psychologiques comme la formation d’impression par exemple (Asch, 1946).

 

 

LES PRINCIPES DE LA GESTALT



La perception se propose d’être décrite par les principes issus de la théorie de la Gestalt qui sont les suivants :

 

1. Le principe de prégnance

(probablement le plus important) autrement appelé « principe de bonne forme ». Il constitue dans la majorité des cas la recherche automatique d’une organisation de l’environnement la meilleure possible, simple et stable.

Le visage est un exemple frappant de bonne forme et peut être reconnu dans nombre d’images qui ne s’y prêtent pas au premier abord.

 

L'illusion du « visage de Mars » vue par Viking 1. Le principe de la bonne forme fait que seule
la décomposition de a. en e. est effectuée

 

2. Le principe de simplicité.

Lors de la perception, les éléments sont organisés de la manière la plus simple possible pour les rendre compréhensibles. Simple est à entendre en termes de nombre d’informations nécessaires pour encoder l’information. On décompose la figure A en formes les plus simples (B plutôt que C).

 

 

3. Le principe de destin commun ou de proximité.

Le regroupement des objets s’opère en fonction de leur proximité spatiale.

 

4. Le principe de continuité.

C’est la tendance naturelle à suivre la direction suggérée par un arrangement d’objets. En effet, des points rapprochés tendent à représenter des formes lorsqu’ils sont perçus, nous les percevons d’abord dans une continuité, comme des prolongements les uns par rapport aux autres. Le système perceptif va suivre une ligne virtuelle formée par la continuité de l’ellipse jusqu’au carré.

 

 

5. Le principe de fermeture.

Des formes ouvertes nous apparaissent incomplètes et on a tendance à les fermer. On est capable de fermer une figure connue avec seulement quelques indices.

 

 

De même lorsqu’on complète une part occultée, c’est toujours avec une forme simple (principe de simplificité).

 

 

Cela conduit dans certains cas à l’illusion de contour. Ce mécanisme de complétion n'est pas différent de celui qui opère dans l’illusion du célèbre triangle invisible de Kanisza.
Ce principe est probablement le plus important pour expliquer l’illusion visuelle qui fait l’objet de cet article. Elle est redoutablement efficace et peut se retrouver avec tout objet commun. Ce point a été très élégamment exploité notamment dans l’art:
Flash Memory exhibition (2011)

 

6. Le principe de similitude.

Le système perceptif a tendance à regrouper prioritairement les informations qui se ressemblent en termes de contenu ou de forme.

Les groupements peuvent s’opérer selon plusieurs attributs : les couleurs, la taille, l’orientation, la symétrie, la synchronicité, les formes, etc.

 

Pablo Picasso, Portrait de Daniel-Henry Kahnweiler (1910)

 

7. Le principe de différenciation figure-fond.

Ce processus est en lien avec la perception de profondeur. Pour être perçue, une figure doit se différencier de son environnement. L’exemple le plus célèbre reste certainement celui du vase de Rubin.

Dans certains cas, l’illusion est justement dans la difficulté à pouvoir saisir l’un de l’autre.

S. Dali, The Image Disappears (1938)

vase de Rubin

 

8. Le principe de symétrie, d’équilibre.

Un objet apparaît incomplet s’il n’est pas symétrique.

 

9. Le principe d’unité, d’harmonie.

Les éléments sont préférablement organisés comme résultant d’un arrangement logique que comme l’issue du hasard.

 

10. Le principe de correspondance isomorphique.

L’interprétation des images se fait généralement en fonction des expériences passées, de ce qui est familier.

 

 

EN CONCLUSION



si on en revient à notre question du début - quel est le phénomène perceptif ou social à l’origine du phénomène, on peut admettre que le système perceptif, par les mécanismes automatiques qui le régissent, est conduit à compléter l’information manquante (principe de fermeture). Il va le faire à partir de l’information disponible dans l’environnement (ici la nudité est le seul indice présenté) et donc conduire à la reconstruction de l’objet. La forme la plus simple étant ici celle conforme à ce qui est présenté (principe de simplicité).

L’hypothèse alternative davantage sociale car relative au caractère censuré associé préférablement avec les bandes noires dans nos sociétés occidentales, semble pouvoir être réfutée par la démonstration présente. L’effet visuel se retrouve être le même alors que les bandes noires ont été remplacées par de jolies bulles.

 

 

 

Quizzz


 

Pour terminer, je vous propose de regarder les images suivantes et de déterminer le principe perceptif principal qui en est à l’origine. Retournez votre écran pour voir les réponses ci-dessous :-)

 

Magritte. Principe de fermeture.
Voyez-vous un dalmatien ? Principe de fermeture. G. Arcimboldo, Autumn, 1573. Principe de prégnance.

OUI ! Pincipe de similitude.


Voyez-vous un M ? Principe de différenciation figure-fond.


 

˙puoɟ-ǝɹnƃıɟ uoıʇɐıɔuǝɹéɟɟıp ǝp ǝdıɔuıɹd ¿ ɯ un snoʌ-zǝʎoʌ -
˙ǝpnʇıןıɯıs ǝp ǝdıɔuıd ¡ ıno -
˙ǝɔuɐuƃéɹd ǝp ǝdıɔuıɹd ˙3751 'uɯnʇnɐ 'opןoqɯıɔɹɐ ˙ƃ -
˙ǝɹnʇǝɯɹǝɟ ǝp ǝdıɔuıɹd ¿ uǝıʇɐɯןɐp un snoʌ-zǝʎoʌ -
˙ǝɹnʇǝɯɹǝɟ ǝp ǝdıɔuıɹd ˙ǝʇʇıɹƃɐɯ -

Virginie Bagneux.

 

Références :

  • Asch, S. E. (1946) Forming impressions of personality, Journal of Abnormal and Social Psychology, 41, 258-290
  • Köhler, W. (1929). Gestalt psychology. New York: Liveright.
  • Skinner, B., F. (1938). The Behavior of Organisms: An Experimental Analysis. Cambridge, Massachusetts: B.F. Skinner Foundation.
  • Watson, J. B. (1913). Psychology as the behaviorist views it. Psychological Review, 20, 158-177.
  • Wertheimer, M. (1923). Laws of Organization in Perceptual Forms. Psycologische Forschung, 4, 301-350. Translation published in Ellis, W. (1938). A source book of Gestalt psychology (pp. 71-88).

 

 

 

CULTURE ET ZÉTÉTIQUE

 

En librairie

Les sciences face aux créationnismes : Ré-expliciter le contrat méthodologique des chercheur

Guillaume Lecointre
Editions Quæ
Collection : Sciences en questions

11,50 euros - 172 pages

 

Présentation de l'éditeur
Les théories scientifiques sont-elles une affaire d'opinion ? A-t-on vu des politiques donner leur avis sur la théorie atomique, la théorie de la dérive des continents, la théorie des cordes ? Alors, quel problème pose donc la théorie de l'évolution ?
Dans cet ouvrage, l'auteur examine les stratégies des discours pseudo-scientifiques de divers courants créationnistes qui sollicitent la communauté scientifique pour qu'elle participe à une « quête de sens ». Il met au cœur de ce problème la question des critères de scientificité et place l'enjeu sur l'enseignement des sciences. En effet, contrairement à ce que prétendent les créationnismes qui se présentent comme victimes du dogmatisme, le combat des scientifiques n'engage pas des théories ou des faits mais témoigne de leur attachement au respect des méthodes scientifiques. L'une des actions majeures des scientifiques revient alors à expliciter pour le public la nature de leur contrat méthodologique. Il en va, pour le futur, de ce qu'on enseignera comme « science » à l'école publique.

Biographie de l'auteur
Guillaume Lecointre est systématicien, chercheur et professeur au Muséum national d'histoire naturelle, où il dirige le département Systématique et évolution. Il a été directeur de l'École doctorale Sciences de la nature et de l'homme. Il s'est beaucoup investi dans la formation des enseignants dans les domaines de la systématique et de l'évolution. Il a co-dirigé huit livres dont plusieurs contre l'instrumentalisation des sciences. Durant dix ans, il a animé la chronique scientifique de l'hebdomadaire Charlie Hebdo. Guillaume Lecointre a reçu en 2009 le Prix national de la laïcité par le comité Laïcité-République.

 

 

 

AGENDA

 

Réunion mensuelle de l'Observatoire zététique

Les réunions mensuelles de l'OZ sont ouvertes à tous. Elles ont généralement lieu les premiers lundis de chaque mois, et se déroulent désormais à Grenoble, à l'étage de la brasserie La Table Ronde, 7 place Saint André (plan). On peut y dîner, mais il n'y a aucune obligation de consommer. La réunion de l'OZ se veut un moment convivial d'échanges et de discussions sur l'actualité du « paranormal ». Elle débute généralement par une présentation sceptique pour s'achever avec un temps consacré à la vie de l'association : projets en cours, prochaines conférences, etc. Alors, amateurs de paranormal, sceptiques, curieux… venez nombreux !

Prochaine réunion de l'OZ
Lundi 5 mars 2012 à partir de 20h
7 place Saint André
38000 Grenoble

www.zetetique.fr

 


 

Les rencontres zététiques à Fontaine (38)

Dans le cadre du cycle Remue-méninges (Rencontres-débats autour de questions de société) proposé par le service culturel de la municipalité de Fontaine, l’OZ animera une série de conférences zététiques.

La prochaine aura pour thème « La Manipulation mentale ».
Comment se prémunir contre la manipulation ? Comment se rendre compte que l’on se fait abuser ou que l’on s’abuse soi-même ? Parce qu’un choix n’est vraiment libre que lorsqu’il est éclairé.

Ce spectacle-conférence apportera quelques lumières à travers des expériences et démonstrations surprenantes. Des exemples concrets seront décortiqués de manière amusante et interactive afin de voir le monde tel qu’il est plutôt que tel qu’on nous le vend.

Mercredi 28 mars 2012  à 20h00 - Entrée libre
La Manipulation mentale
Hôtel de Ville de Fontaine
89, mail Marcel Cachin
38600 Fontaine

 


 

Notre cerveau nous trompe

L'édition 2012 de la Semaine du Cerveau aura lieu du 12 au 18 mars. Le thème de cette année est « Notre cerveau nous trompe ». Débats, ateliers, conférences, expositions et spectacles sont proposés dans plus de 23 villes de France dont Grenoble. Toutes ces manifestations sont gratuites.

Quelques rendez-vous à ne pas manquer dans notre région :

 

  • Des fantômes dans le cerveau : conscience de soi en neurosciences cognitives

Qu’est-ce que la conscience de soi ? D’où vient notre conception du « je » ? Si les chercheurs ne convergent pas encore sur un modèle neurobiologique de la conscience de soi, les théories actuelles s’accordent sur la notion de « conscience du soi corporel », autrement dit sur l’importance de la représentation mentale et du traitement par notre cerveau des informations liées à notre corps. Lors de cette conférence, le Professeur Olaf Blanke présentera des données neurologiques sur le phénomène d’« expérience extracorporelle » et ses mécanismes neuro-anatomiques. Il expliquera également comment les technologies de réalité virtuelle en combinaison avec l’imagerie cérébrale nous permettent de manipuler la conscience du soi corporel.

Lundi 12 Mars 2012 de 20 h à 23 h
CRDP
11 avenue du Général Champon
38000 Grenoble

 

  • Marketing, média, art : notre cerveau serait-il trompé ?

Les médias, la communication, le marketing s’ingénient à tromper notre cerveau. Même l’art le fait parfois… Chaque jour, notre cerveau lui-même nous trompe ? Se trompe ? Est-ce toujours pour notre bien ? Nous sommes tous conscients que nos sens peuvent nous tromper mais parfois la tromperie peut emprunter des formes plus subtiles. Ainsi, et alors que nous pensons disposer d’informations fiables car provenant de notre propre cerveau, nous sommes parfois le jouet d’un retraitement de ces informations réalisé « à l’insu de notre plein gré »… Peut-on expliquer les raisons de ce retraitement ? Peut-on le manipuler ? Venez discuter avec nos spécialistes de la façon dont notre cerveau est pris en défaut.

CAFÉ DES SCIENCES
Mardi 13 Mars de 18 h 30 à 20 h 30
Cafés des arts
36 rue Saint-Laurent
38000 Grenoble

 

  • Comment le cerveau « voit-il » la réalité ? le cerveau entre vision, illusions et manipulations

Quels sont les mécanismes de la vision, comment le cerveau « voit-il » la réalité ? Une partition à trois voix avec un spécialiste de la vision, un magicien et un psychologue pour comprendre la vision et les possibilités de manipulation de nos comportements.

SPECTACLE - DÉBAT
Jeudi 15 Mars de 20 h 30 à 23 h
Centre culturel L’Odyssée
89 avenue Jean Jaurès
38320 Eybens

 

  • Trompe ton cerveau

Tout au long de la semaine, l’association Les Petits Débrouillards organise avec des neuroscientifiques un atelier de découverte autour du cerveau et des illusions perceptives. À travers des jeux et des expériences, ils feront découvrir aux enfants et à leurs parents comment les scientifiques explorent le cerveau, ce que l'on en sait aujourd'hui et ce que l'on essaye encore de découvrir. Ces ateliers de deux heures accessibles sur inscription auront lieu dans le nouveau local des Petits Débrouillards.

ATELIER
Lundi 12 Mars
Association Petits Débrouillards (Antenne Isère)
84 avenue Rhin et Danube
38100 Grenoble


Téléchargez le programme complet et détaillé sur : www.semaineducerveau.fr/grenoble

 

 

Retrouvez les événements sceptiques dans l’Agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 

 

Appel à contributions

 

Si vous souhaitez contribuer à la diffusion de l'esprit critique, à la promotion des outils d'auto-défense intellectuelle de la zététique, à la vulgarisation de la méthodologie scientifique, vous pouvez nous soumettre article, dossier, fiche de lecture, enquête, etc. N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer vos idées puis à soumettre vos productions à l'OZ, en écrivant à contact@zetetique.fr

 


Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Virginie Bagneux, Éric Déguillaume, Florent Martin, Fabien Millioz, Jean-Louis Racca, Franck Villard et Nicolas Vivant.

Mise à jour le Dimanche, 26 Février 2012 23:40
 
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